Mélenchon est l'eau, la terre et le vent de Marseille.

Erratum : Jean-Luc Mélenchon est l'eau, la terre et le vent de France. Il est partout, il peut tout, il sait tout et n'a pas besoin d'un vulgaire parachute en dentelle pour atterrir à Marseille. Seuls les médiacrates et les oligarques contestent sa légitimité locale, cet accessoire des pleutres.

Mélenchon pourfendant le dragon in « L’avenir en commun ? » par Malka, Reno, d'après un script de Méla Ka, Reno Pixellu et Olivier Tonneau. © Malka & Reno Mélenchon pourfendant le dragon in « L’avenir en commun ? » par Malka, Reno, d'après un script de Méla Ka, Reno Pixellu et Olivier Tonneau. © Malka & Reno
Seuls les médiacrates et les oligarques osent toujours commenter l’atterrissage surnaturel de l’homme providentiel dans la 4ème circonscription de Marseille. Une révélation subite : l’insoumis désire la rebelle.

Ils ne comprennent rien à la splendeur d’incarner un mouvement d'inspiration citoyenne en imposant sa candidature comme un grand Seigneur politique d'un autre siècle. Lui qui voulait prétendument être le dernier monarque républicain. Quelle blague ! De toute sa hauteur du parisien jacobin centralisateur vertical, il regarde ses provinces lointaines comme autant de gourmandises promises pour inspirer une politique soucieuse du local. L’horizontalité citoyenne n’est plus que la ligne droite de sa silhouette dans le décor bouché du Vieux Port.

On ne doute pas que la consultation en ligne formulerait un plébiscite dans la ferveur l'obligeant à cette faveur. Mais au-delà de cet outil rusé qui permet de ne pas donner de consigne autant que de n’y soumettre aucune stratégie politicienne collective, peut-on interroger également le sort en interne du petit pourcentage de ceux qui oseraient contrarier le privilège du fier Chevalier lointain.

Mais pourquoi ces questions ridicules et chronophages ? Quand on est Mélenchon, on propose sa candidature à distance pour disposer de l’investiture sans instance. Comme à la présidentielle. Il est comme ça notre Mélenchon épris de conscience des gens. C’est le dernier trésor national d’un esprit ancien qu’il feint de contester pour mieux se servir sur la bête d’une Gauche à l’agonie. C’est un vieux monde qui a la modernité de ce que l’on avait oublié. Elu depuis 1983 ! 34 ans qu’il est dans la place. La méthode  consiste à réinventer une posture à la dernière mode ‘citoyenne’ pour y affronter Patrick Mennucci, élu depuis 1983 ! 34 ans qu’il est dans la place.

Le Renouvellement est assuré dans la constance et l’élan collectif local en prend pour perpétuité. Il faut se souvenir ou ne jamais oublier ces  «ateliers citoyens » enthousiasmants à Marseille de juin 2015, qui du NPA au PG, d’Ensemble à EELV aboutirent à un dépassement des chapelles au service d’une candidature commune aux Régionales sous la conduite partagée de Sophie Camard (EELV) et de Jean-Marc Coppola (PCF / FdG).

Ce sont peut-être aussi ces images d'une mosaique des gauches unies qu'il faut remplacer par celles de liesse d’une foule en délire implorant sa candidature par acclamation. Mélenchon joue les modestes effarouchés : "Qui n'hésiterait pas? Cela fait beaucoup de fatigue (…) mais je suis convaincu » offrant sa candidature sacrificielle qui relèverai du don de soi...

Normal, le corps de Mélenchon est l'eau, la terre et le vent de Marseille. Mélenchon est le feu, la lumière et le grand tout-ou-rien de la Gauche. Mélenchon est un absolu. Et sa limite précisément, c'est qu'il est indépassable. Et tout ce qui dépasse  dans son estime n’est pas assimilable et ne peut faire alliance sans corrompre la pureté ; non pas d’un collectif émancipateur, mais de son ambition égotique.

Contact Danyel Gill

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