Nicolas Sarkozy – Fuite en avant

Quelle précipitation poignante à mimer de ses petites mains le tuyau imaginaire d’une reconquête séditieuse...A le voir devant son auditoire caritatif, on n’ose imaginer ce qu’il singe en privé. Faire feu d’une fuite d’eau ! Bruler de rires 1800 noyés, assoiffer les survivants de la moindre humanité. N’est-il pas funeste d’inonder la foule d’un humour incendiaire ?

Quelle précipitation poignante à mimer de ses petites mains le tuyau imaginaire d’une reconquête séditieuse...A le voir devant son auditoire caritatif, on n’ose imaginer ce qu’il singe en privé. Faire feu d’une fuite d’eau ! Bruler de rires 1800 noyés, assoiffer les survivants de la moindre humanité. N’est-il pas funeste d’inonder la foule d’un humour incendiaire ?

Nicolas Sarkozy - Fuite en avant © Danyel Gill Nicolas Sarkozy - Fuite en avant © Danyel Gill

Passé le flamboiement, la politique crépusculaire est un métier manuel. L’âme est morte, seul le corps bouge encore. Alors ce corps, leurs mains ont le geste de ceux qui n’ont plus rien à dire. Ce corps étriqué sans idée. Ce  corps présidentiel, devenu minuscule aux mains grillées, s’offre en dépouille à l’histoire. Non pas, de n’y être point inscrit dans ses registres prestigieux mais d’en avoir par l’esprit, bientôt brûlé la page.

Et il va tout cramer !

Droite, gauche, nous devons tenir deux ans ! Puis combien à survivre dans ce champ de terres brulées ? Deux ans encore, hors science politique, hors déontologie ? Deux ans hors consensus démocratique ? Deux années torrides à coup de Karcher farceur à démolir ces biens communs immatériels des plus précieux. Deux ans à pressuriser ce que nous avons reçu en héritage et qui fait ce que nous sommes ensemble, au-delà de toutes nos différences : une nation. Une belle nation ! Soucieuse certes, en doute, mais encore capable de mobiliser dans la tempête quatre millions de citoyens et autant d’avis contradictoires.

Vous avez peu gouté la question identitaire ? Regardez bien ses mains, la taille du tuyau, vous allez déguster la question nationale. Rebondir d’un rire sur la mort de Noirs ou d’Arabes, se faire applaudir sur le malheur d’Africains, c’est nous signifier que la turbidité et le diamètre sont dangereusement augmentés. Alors, de bains de boues publiques mêlés de sangs impurs : abreuvez les sillons de la haine ! Par les moutons à la chocolatine qu’égorgent des indigènes : choquez les civilisations ! Par les youyous de gazelles d’une cinquième colonne : bouffez du porc ! A volonté !...

Oui, cette campagne ; j’ai mes tuyaux, sera très …nationale.

Primaires ou « Je suis no primaire » fleurissant, qualifié ou éliminé il sera ; par on ne sait quelle botte magique, candidat. Rien ne l’arrêtera dans sa fuite en avant, il va tout cramer ! Son camp, nos champs. Droite, gauche, nous devons tenir deux ans !

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