Emmanuel Macron – Le fossoyeur de la Providence

Dans notre grand malheur, votre grande opportunité : la "loi d'urgence sanitaire" de ce dimanche 22 mars 2020 revient sur certains acquis sociaux : sans moratoire ! Bientôt, le nombre de morts quotidien sera l’étalon de cette indécence. Votre présidence est l’antithèse de l’Etat Providence.

Macron bas les masques Macron bas les masques

Vous ne ferez pas de Votre confinement, Nos vacances. Le confinement, c’est votre carence.

Vous nous croyez à l’arrêt, mais bien au contraire, nous sommes en plein bouillonnement. Nous nous immunisons collectivement contre votre monde, chacun dans son trou connecté dans lequel vous nous assignez. L’abus de votre monde tue. Nous résistons en fabricant du Nous. C’est la fin de notre flemme politique et intellectuelle. Nous avons enfin le temps d’incuber, de nous vacciner unis contre votre second empire. Le jour d'après sera le nôtre, coûte que coûte. Et dans notre véritable nouveau monde, on ne se lève pas, on ne se casse pas, nous vous virons, nous vous dégageons.

Les premiers de corvée seront les premiers de cordée. Mille balles la prime ? Mille balles dans la tête de votre monde à bout portant. Tous les soi-disant payés un pognon de dingue à rien foutre, tous ces fainéants réfractaires qu'on envoie à la mort, tous ces esclaves de premières lignes, tous ceux qui marchent au front dans les clous vont traverser la rue. Nous voulons tous récupérer notre job : le vôtre ! Toutes les victimes de vos humiliations, de votre arrogance, de vos certitudes, de votre mépris, de votre frime de classe, de votre hyper violence ; tous, nous voulons tous le job en partage.

Votre soudaine apologie de l'Etat Providence est une insulte à l'Etat Providence. Nous ne gobons pas. Car votre Etat n’est pas stratège, votre Etat est prédateur de nos vies au profit des vôtres. Vous êtes le président du démantèlement méthodique des biens communs, de la privatisation de ses services, de la liquidation de ses valeurs. Bientôt, le nombre de morts quotidien sera l’étalon de cette indécence. Cette crise sanitaire est une accélération de la faillite de votre vieux monde, et ce n’est pas « notre projet » fondateur de notre République sociale. Révélateur. Vous privatisez la solidarité intergénérationnelle et nos retraités vont mourir en masse de votre inconséquence affairiste. Éclaireur. Vous ruinez l’Assistance publique que vous livrez au secteur privé et les soignants abandonnés au front vont littéralement crever de votre impéritie. Profiteur. Vous offrez sur un plateau d’or nos équipements et nos infrastructures rentables aux spéculateurs et nous devenons un peuple spolié d’indigents sans masque en papier.

Bas les masques ! Maintenant c’est clair, dans nos carnets du sous-sol, nous écrivons : « Nos morts sont les vôtres ! »

De notre grand malheur, votre grande opportunité : la loi « d' Urgence sanitaire » de ce dimanche 22 mars 2020 revient sur certains acquis sociaux. Sans moratoire ! Quelle occasion inespérée de déréguler toujours plus, quel cynisme de faire sauter dans la joie les « 35 heures » sans limite ! De tenter d'autoriser les entreprises à transformer votre assignation en vacances (dans les 6 jours maximum, mais abandonné) et demain de nous imposer nos dates de congés payés. Votre monstruosité cupide était annoncée quand vous refusiez d’étendre les congés des parents endeuillés par la perte de leur enfant. Vous refuserez demain que l’on enterre nos parents morts de votre inconséquence systémique avec la même obscénité que vous enterrez aujourd’hui nos droits sociaux bien acquis.

Votre novlangue n’y suffira pas. Votre confinement non plus, nous nous mettons en grève générale de la faim. Nous n’avalerons plus ni vos mensonges ni vos éléments de langage. Nous nous alimenterons dorénavant de votre peur, de votre panique, de votre incurie devant le carnage qui vient. Nous nous désaltérerons de votre sueur en euros qui dégoulinera sur votre front coupable quand nous vous ferons bouffer le bilan criminel de vos bénéfices : 5, 10, 50 000 morts !

Nous nous immunisons collectivement contre votre monde, toutes les consciences réalisent que nous sommes tous égaux devant cette menace sanitaire. Et chacun assigné dans son trou connecté, enfin à égalité comme nous le sommes devant la mort, nous accélérons notre résurrection. Car face à cet impératif catégorique, malgré nos différences inconciliables, à la fin de nos romans chics de confinement ou de nos existences misérables, nous comprendrons que nous n’avons pas d’autre alternative que de nous dépasser et d’organiser notre destin en commun. Nous ne sommes même pas révolutionnaires, nous sommes la révolution. Celle de la République sociale, celle de l’héritage du CNR que vous exécrez avec mépris, celle pourtant du plus grand consensus démocratique « en même temps » de notre histoire, celle d’un véritable Etat Providence dont votre traite présidence est le bourreau et l’antithèse.

Quand nous sortirons de Votre confinement, nous enterrerons nos milliers de morts comme des fleurs de promesses aux générations futures. Il n’y aura pas de résilience sans providence.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.