La compagnie Kinoshita-Kabuki donne une nouvelle jeunesse au théâtre kabuki, un ravissement !

La maison de la culture du Japon à Paris, chaque année, nous gâte et nous ravit, en invitant ses plus grands artistes internationaux. Cette fois-ci, c’est par l’audace de la jeune compagnie Kinoshita-Kabuki qu’elle nous étonne à nouveau. Ce spectacle a reçu le Grand Prix avec la pièce «  Kurozuka » et le prix du meilleur acteur décerné à Kimio Taketani, magique dans le rôle de l’ogresse.

 

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Une courte introduction de Yuichi Kinoshita, chercheur en kabuki et fondateur de la compagnie Kinoshita-Kabuki, nous donne le résultat de la version  d’une pièce écrite en 1939 « Kurozuka » inspirée du nô,  avec des codes contemporains pas si éloignés que ça du Kabuki classique ; art complet centré sur l’acteur, où l’on chante, danse et joue la comédie. Pour ce travail de recherche Yuichi Kinoshita, fait appel à chaque nouvelle création, à différents metteurs en scène. 

Dans un premier temps, la troupe répète la pièce à la manière du Kabuki classique, puis la recrée dans un univers contemporain.

La pièce « Kurozuka », est un conte de la région du Tôhoku : des moines, en voyage initiatique, demandent asile chez une vieille femme qui s’avère être une ogresse.

Sur une scénographie complexe, la jeune et talentueuse troupe interprète, avec des codes contemporains, un Kabuki vif et extravagant ; c’est cet adjectif qui donne son nom au Kabuki. Les acteurs apparaissent et disparaissent sous des trappes et virevoltent sur des escaliers, à travers un décor, avec plusieurs possibilités de plateaux, reliés par des passerelles. 

Avec ce conte cruel nous ne sommes ni classiques, ni contemporains, mais dans l’universelle humanité. 

Hélas ! Les démons se ressemblent. Nous pouvons imaginer, dans les monstruosités sanglantes de l’ogresse, les barbaries d’aujourd’hui. De la lande du moyen Âge, en passant par deux guerres mondiales, jusqu’aux ruines que laisse daech à travers le monde, nous pouvons deviner les similitudes meurtrières des nouveaux ogres en tenue kaki. Leur réincarnation est passée du rouet à la technique des ordinateurs et des robots ; et les sabres se sont mués en armes de destruction massive. 

La maison de la culture du Japon à Paris, nous gâte et nous ravit, chaque année, en invitant ses plus grands artistes internationaux. Cette fois-ci, c’est par l’audace de la jeune compagnie Kinoshita-Kabuki, qu’elle nous étonne à nouveau. Ce spectacle a reçu le Grand Prix avec «  Kurozuka et le prix du meilleur acteur décerné à Kimio Taketani magique dans le rôle de l’ogresse. Nous espérons que cette troupe nous revienne bien vite, nous la languissons déjà.

 

« Kurozuka »  Kinoshita-Kabuki

Du jeudi 28 au samedi 30 janvier 2016 à 20h

Spectacle surtitré en français

 

Maison de la culture du japon à Paris

101 bis quai Branly
75015 Paris
www.mcjp.fr

 

 

 

 

 

 

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