«Muzungu», souvenirs d’un homme blanc d'Afrique

À Stavelot, il y a un trésor. Il dort, bien caché, dans la cave de la maison familiale. Est-ce un amoncellement d’or ou de bijoux ? Non. Seulement douze bobines de films tournés entre 1963 et 1975. L’histoire d'un Muzungu, homme blanc d’Afrique.

muzungu
Vincent Marganne, né au Burundi où il a passé les 7 premières années de sa vie,  écrit l’histoire de « Muzungu ! » à partir de pellicules photographiques. Les images racontent, dans le surgissement de ses souvenirs d’enfance en Afrique, la capitale Bujumbura, les bananiers, papayers, barza, potopot, Ruzizi et le lac Tanganyika son nom, Etanga'ya'nia en bembé (ou kibembe), signifie « lieu de mélange ». 

Quand le Boeing, avec lequel Vincent Marganne, atterrit sur une piste dérisoire, il ne sait pas encore que le Burundi est un pays qui va de couvre-feu, en coup d’Etat, mais à une certaine époque de sa vie, il avait compris : « (...) la désastreuse influence du colonialisme sur l’histoire du continent africain et du monde ». Il sut que Léopold II avait généré l’horreur et le chaos et que certaines grandes fortunes belges s’étaient constituées grâce aux richesses du sol congolais ».

Vincent Marganne est un Muzungu, homme blanc d’Afrique. Il s’interroge sur ses racines et son héritage : «  ça peut paraître étrange mais j’ai mis très longtemps à m’interroger à propos de l’histoire du colonialisme. Cette histoire ne me concerne pas : mes parents ne sont pas des coloniaux mais des coopérants ». 

Les souvenirs de Vincent Marganne viennent de l’année 1972.  Les téléphones sont encore tous raccordés à une petite prise murale, les télévisions ne se sont pas encore invitées dans toutes les maisons, on appelle encore la pub des « réclames », la notion même d’Internet c’est de la science-fiction pure, etc. C’est donc un monde passé qui raconte par l’image, les contradictions d’un Muzungu qui aurait rêvé d’adapter les aspects les plus intéressants de sa civilisation. Mais c’est une phrase qui aujourd’hui encore le laisse curieux : «  quand on était enfant il y avait des boys à la maison ». Boy c'est un mot qui veut dire domestique en Afrique, et ce mot c'est déjà toute une histoire pour Vincent Marganne.

Voilà une prise d'écriture, par l’image, qui ne laissera pas insensible les jeunes pour la connaissance d’une histoire africaine, et les adultes pour comparer ce que dit Vincent Marganne de la Belgique, terre des vacances, et son pays le Burundi où il est né. Merci à Lansman Editeur et au Rideau de Bruxelles pour ce texte au thème ressenti et vécu.

Formé au Conservatoire royal de Bruxelles, Vincent Marganne joue, touche à la mise en scène et s'oriente rapidement vers l'écriture théâtrale. Muzungu ! est sa première pièce publiée.

Muzungu de Vincent Marganne 

Lansman éditeur • 63‑65, rue Royale • B‑7141 

Carnières / Morlanwelz Belgique

Tél. 00 32 (0) 64 23 78 40

 

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