« Les histoires de la baraque » de Thierry Lefèvre chez Lansman Editeur

Thierry Lefèvre qui entre Nice, son lieu de naissance, son enfance à Alger, son adolescence en France, et son arrivée à Bruxelles pour se former au théâtre, pense-t-il ne pas avoir de pays ? La citation au début du livre « celui qui n’a pas de pays doit l’inventer » d’Amédée Laminoir, pourrait le faire croire.

Dessin de couverture Nicolas Gasiorowsky Dessin de couverture Nicolas Gasiorowsky
Thierry Lefèvre qui entre Nice, son lieu de naissance, son enfance à Alger, son adolescence en France, et son arrivée à Bruxelles pour se former au théâtre, pense-t-il ne pas avoir de pays ? La citation au début du livre «  celui qui n’a pas de pays doit l’inventer » d’Amédée Laminoir, pourrait le faire croire. Mais, les huit tableaux qui nourrissent «  Les histoires de la baraque » ne viennent que du pays d’un auteur à  l’exceptionnelle imagination. Cela se caractérise par une écriture pittoresque qui fait ressortir la part poétique d’une œuvre originale.

C’était une construction d’avant d’avant l’avant

Les histoires de la baraque semblent venir d’une encre sympathique qui se lirait dans un autre monde, pour mieux raconter ici-bas. C’était une construction d’avant d’avant l’avant. Imaginez un chemin en virgule qui au rond-point de l’exclamation s’interroge : «  l’histoire de Paco tu la connais ? C’était une langue de chant avec des bouts d’ici ». Imaginez que l’on vous accompagne, avec des mots qui dansent, pour adoucir un conte qui se fane et renaît. L’euphonie de la langue de Thierry Lefèvre, de l’écrit à l’oral, fait vibrer tous nos sens. La chaleur nous vient d’une main gauche (celle du cœur) qui se glisse dans une blessure. Imaginez la phrase qui garde des bêtes à : « l’a-pic du bout de la crête ». Verlaine aurait aimé : « j’entends que ça flute sur le caillou là-haut ».

Pour inventer son pays Thierry Lefèvre se fait : « pourvoyeur de bazar, filateur de nulle part ». Peu importe qu’il soit un peu fou et qu’il lui manque un bout : « j’étais l’âne Elle la belle. On m’appelait l’âne à Belle »

Les histoires de la baraque savent nous conter l’impossible, en costumes de chimère. À la fin de la lecture, notre lucidité vient de l’éclosion de huit nouveaux pays chantés, à la vie à la mort. Pour tous les amateurs de théâtre et de poésie, c’est une lecture qui vaut que nous chantions avec Verlaine : « et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux ».

Les histoires de la baraque de Thierry Lefèvre

Lansman Editeur

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