«Il y aura la jeunesse d’aimer» les mots lumière d’Elsa Triolet et de Louis Aragon

La jeunesse d’aimer est dans ce couple que forment Louis et Elsa ; par les voix virtuoses d’Ariane Ascaride et de Didier Bezace. Un duo magnifique dans l’excellence de la simplicité. Cela se joue au Lucernaire.

©Nathalie Hervieux ©Nathalie Hervieux
Un duo magnifique dans l’excellence de la simplicité

Ariane Ascaride entre, bien mise, bien coiffée, en longue robe noire, comme une diva. C’est la classe : «  Il ne faut pas cacher sous un mouchoir sa face ». Didier Bezace la suit. En costume du dimanche, déjà enamouré : « Et le tendre infini dont m'entourent tes bras ». Voilà le commencement.

Quand le théâtre est au pupitre, que la lecture est transcendée par le timbre des voix et le jeu des interprètes, il n’y a qu’à rêver : « Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire J’ai vu tous les soleils y venir se mirer ».

Le jeu virtuose des deux complices, nous ravit par les notes fines d’Ariane Ascaride et les trémolos espiègles de Didier Bezace. Ils sont au diapason des deux amants lettrés : Elsa Triolet première femme Prix Goncourt et Louis Aragon le poète. Parfois cernés d’amour, parfois exaspérés.

Par l’événement du poème la rime milite, résiste et combat vers le futur d’aimer. Par l’érotisme et l’humour, les correspondances d’Elsa et Louis nous enchantent. Leurs lettres pourraient être les nôtres, tant leurs mots récitent le verbe aimer. Des mots lumière : « ils nous éclairent », nous dit Didier Bezace qui, avec Bernard Vasseur, a fait le choix des textes et des musiques.

La jeunesse d’aimer est dans ce couple que forment Louis et Elsa ; par les voix virtuoses d’Ariane et de Didier. Un duo magnifique dans l’excellence de la simplicité. 

Une lecture dans la brise du poème, sur l’intime de l’écrit. Où nous spectateur venons boire, au plus profond des yeux d’Elsa : « Il advint qu’un beau soir l’univers se brisa
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent 

Moi je voyais briller au-dessus de la mer
Les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa
 »

Elsa et Louis, sont un couple de théâtre, réincarnés en  personnages d’une humanité de l’avenir. Avec des répliques culte : « il n’y a pas d’amour heureux », « l’avenir de l'homme est la femme etc. ».

À l’épilogue de cette prégnante lecture, il y a un rappel Les yeux et la mémoire en hommage à Jack Ralite* ; et Ariane et Didier de nous dire  à l’unisson : «  Je dirai malgré tout que cette vie fut belle ». Nous pouvons témoigner que le théâtre devient essentiel, quand il s’affranchit de la prétention. Alors que viennent les vivats et les bravos !

*C’est sur une idée de Jack Ralite, que Didier Bezace avait pris la direction du Théâtre de la Commune d'Aubervilliers de 1971 à 2013. 

IL Y AURA LA JEUNESSE D’AIMER

Auteur Louis Aragon et Elsa Triolet
Ariane Ascaride et Didier Bezace lisent Aragon
montage de textes et mise en espace Didier Bezace
avec la collaboration de Dyssia Loubatière
à partir d’une proposition de Bernard Vasseur sur l’amour et le couple dans l’oeuvre d’Aragon et d’Elsa Triolet
lumière et régie générale Léo Thévenon
réalisation de la bande son et du visuel Dyssia Loubatière
L’Entêtement Amoureux – Compagnie Didier Bezace
administration de production Karinne Méraud

Production L’Entêtement Amoureux – Compagnie Didier Bezace


Lucernaire

53, rue Notre Dame des Champs

75006 Paris

du mercredi 31 octobre 2018
au dimanche 2 décembre 2018
A 21h du mardi au samedi et le dimanche à 15h

http://www.lucernaire.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

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