«  Le 20 novembre » de Lars Norén, traverse un 5ème mur trop central

Élodie Chanut veut créer les conditions d'une réflexion collective via les mécanismes de la violence et ne veut pas prendre en otage le public. Est-ce le cas ?

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Avant de se donner la mort, Sébastien Bosse, un jeune garçon, fait feu dans les classes de son de lycée situé à Emsdetten en Allemagne.  Ce même lycée où Sébastien perd ses repères et se radicalise violemment. Lui l'exclut, le perdant, le raté.

Élodie Chanut veut créer les conditions d'une réflexion collective via les mécanismes de la violence et ne veut pas prendre en otage le public. Est-ce le cas ?

Le texte de Lars Norén trouve sa source dans le journal intime du jeune garçon et de ses enregistrements en vidéo. Cela donne une écriture à deux mains, et les mots de Sébastien ne peuvent être totalement retravaillé par l'auteur de la pièce ; il ne peut éviter les banalités d'un jeune en rupture avec une société qu'il déteste. 

Nous aurions aimé un traitement plus en profondeur et en savoir un peu plus sur ce qui motive une écriture qui vient de l'actualité (très en vogue au théâtre aujourd'hui). Car nous ne sortons pas du fait divers et restons éloignés de la transcendance d'une fiction qui témoignerait de la réalité d'un homme dans son histoire. 

Pour la mise en scène, Élodie Chanut ne tient pas sa promesse d'une distanciation poétique de la pièce. Elle reste en surface d’un présent psychologique entretenu par sa direction d'acteur (on fait dans l'expression faciale surchargée, on joue le bad boy etc. ) et cela ne rend pas service à la dramaturgie. Pas de souci par contre pour une scénographie complice avec l'intériorité du personnage. Même si nous n'avons pas entendu le temps suspendu, ni où il se trouve. Car Nathan Gabily, comédien accessoiriste, (il manipule lui-même les effets) perd en densité en se mettant en scène dans une mise en scène pas assez libre d'une improvisation qui impulserait le rythme dramatique. L'effet miroir de ce qui est filmé fait fondre, comme peau de chagrin, le trouble qu'aurait pu donner ce fameux "5ème mur" dont nous parle la metteuse en scène. Peut-être que la méprise vient de l'aspect central de la caméra ; son rôle ne devrait-il pas être comme l'eau où se mire Narcisse, sans trop prendre de place ?

 

Jusqu'au 10 février

À la Maison des métallos

94, rue Jean-Pierre Timbaud

75011 Paris

Réservation : 01 47 00 25 20

Reste le jeudi à 19h, le vendredi à 14h et 20h, et le samedi à 19h.

 

 

 

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