« Au-dehors » d’Alain Ubaldi au théâtre de Belleville

Le monde est tel qu’il est, et nous n’y pouvons rien. Alors faut-il s’y accrocher ou l’accepter tel qu’il est, quitte à franchir nos limites. Qu’est-ce que la normalité ? Travailler toute la sainte journée ou avoir dix minutes de retard ? Où est la nécessité, l’improbable sécurité d’un travail ? La fatalité serait-elle la seule certitude qu’il nous reste ? Être licencié pour un retard, n’est-ce pas être plus malade que le commun des mortels ? Le virus du monde n’est-il pas de vivre ? 

Le monde est tel qu’il est, et nous n’y pouvons rien. Alors faut-il s’y accrocher ou l’accepter tel qu’il est, quitte à franchir nos limites. Qu’est-ce que la normalité ? Travailler toute la sainte journée ou avoir dix minutes de retard ? Où est la nécessité, l’improbable sécurité d’un travail ? La fatalité serait-elle la seule certitude qu’il nous reste ? Être licencié pour un retard, n’est-ce pas être plus malade que le commun des mortels ? Le virus du monde n’est-il pas de vivre ? 

« Comment en sommes-nous arrivés là ? Je vais vous le dire. Le monde nous contamine, oui. Et pourquoi il nous contamine ? Parce que le monde est un virus. Il s’insinue partout... partout. Profondément ». A.Ubaldi

Si le monde ment, si tout est faux, c’est peut-être parce que nous avons baissé la garde. La vigilance ne nous évite pas les trous noirs, les absences. L’expérience ne nous épargne pas de l’erreur. Nous sommes donc malades de ce que nous avons appris, de ce que nous avons vu et entendu. Il ne nous reste que notre intériorité pour soliloquer, notre tragédie d’être venu au monde, et rien d’autre. 

La mise en scène d’Alain Ubaldi commence dans le feutré ombré des lumières de Thomas Falinower, sur un tulle taché de vidéos abstraites de Jean-Pierre Lenoir. La voix du comédien Stéphane Schoukroun chuchote sur l’air soufflé d’un corps abandonné sur sa chaise.  Ce début-là nous le prenons pour argent comptant. Mais la surprise se fait grimaçante quand nous comprenons que c’est une voix off qui parle ; et cela dure, à notre goût, un tantinet trop longtemps. 

L’entente public/comédien revient, quand la voix résonne enfin au présent et incarne les émotions en direct. Alors nous acceptons même, le magnétophone complice du dédoublement du personnage, façon la Dernière bande de Samuel Beckett. Le jeu devient limpide, leste, prenant, et le texte vient à nous sans ambages. Tout cela pour dire qu’Au-dehors, vu de l’extérieur, n’est pas à bouder même si la frontière, avec le quatrième mur, est rompue au dénouement de la pièce, sans nécessité évidente.

 

Au-dehors

Ecriture et mise en scène : Alain Ubaldi 

Comédien : Stéphane Schoukroun 

Scénographie : Wilfrid Roche
Lumières : Thomas Falinower

Bande son : Lionel Garcin
Vidéo : Jean-Pierre Lenoir

Collaboration artistique : Estelle Gapp

Théâtre de Belleville 

JUSQU’AU 6 OCTOBRE

LUN. À 21H15
MAR. À 19H30

L'entrée du théâtre se trouve dans le Passage Piver,

(au 94 rue du faubourg du temple 75011 Paris)

Tél :  48 06 72 34

http://www.theatredebelleville.com/prochainement/item/259-au-dehors

 

 

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