Un hommage a été rendu, au théâtre de l’Odéon, au grand écrivain israélien Amos Oz

Un bel hommage a été rendu, au théâtre de l’Odéon (le 17/06/2019), au grand écrivain israélien Amos Oz, décédé le 28 décembre 2018, à l’âge de 79 ans.

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Animée par Matthieu Garrigou-Lagrange, producteur de l’émission « La Compagnie des Auteurs » sur France Culture, l’évènement était organisé en partenariat avec le service culturel de l’ambassade d’Israël en France. L’ambassadrice d’Israël en France Aliza Bin-Noun, était présente dans la salle.

L’écrivaine et historienne Fania Oz-Salzberger la fille d’Amos Oz, l’écrivain éditeur Jean Mattern et le réalisateur Costa Gavras ont apporté leurs témoignages. Des textes ont été lus par Amira Casar et des ponctuations musicales ont été interprétées par la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton.

« J’écris, j’écris sans cesse, quand ce n’est pas avec un stylo, c’est dans ma tête »

Amos Oz, né Amos Klausner (1939-2018), est un écrivain, romancier et journaliste israélien, indissociable de sa rue Amos, et de son quartier de Kerem Avraham. Son œuvre puisse dans son enfance, sa famille. Jérusalem sert toile de fond dans un grand nombre de ses livres. Il est le fils unique de Yehuda Arieh Klausner et Fania Mussman, des immigrants sionistes d’Europe de l’Est fuyant l’antisémitisme grandissant. Sa mère se suicida alors qu'il avait douze ans

Amos et sa famille avaient une méfiance avec la religion trop irrationnelle pour eux. Tous ces points biographiques sont à l'origine de son livre Une histoire d'amour et de ténèbres

Considéré comme l’un des écrivains les plus accomplis de l’histoire de la littérature israélienne, Oz faisait aussi partie des plus fervents militants de gauche et défenseurs d’une solution à deux États. Oz a écrit de nombreux essais et prononcé de nombreux discours pressant les dirigeants du pays d’établir un État palestinien dans le cadre d’un accord de paix avec Israël. Il était l’un des fondateurs du mouvement La Paix Maintenant, une organisation opposée aux implantations israéliennes en Cisjordanie, et pour la création de deux états indépendants : l’un israélien, l’autre palestinien.

Le dernier ouvrage d’Amos Oz, Judas, paru en français en 2016, explore la figure du traître, qualificatif dont Amos Oz a été affublé pour ses positions politiques.  Le roman reprend plusieurs éléments chers à l’écrivain : des personnages énigmatiques, les alentours compliqués de Jérusalem et des questions sans fin sur l’État d’Israël.

En 2018 Gallimard édite « Chers fanatiques ». Soixante-dix ans après la proclamation de l’État d’Israël, ces trois textes nous interrogent sur les racines humaines du fanatisme et nous invitent à considérer, malgré tout, ce que des peuples qui se déchirent peuvent avoir en commun. Amos Oz qui se dit, de par son enfance, expert en fanatisme comparé revient sur les raisons de la résurgence de ce fanatisme qui enflamme le monde aujourd’hui et nous appelle à penser autrement. Sa carrière est jalonnée des prix et distinctions les plus prestigieux en Israël et dans le monde, dont le prestigieux prix Goethe de la ville de Francfort pour l'ensemble de son œuvre.

Lors de cette soirée, nous avons pu constater que cette belle âme qu’était Amos Oz est prolongée par sa fille Fania Oz-Salzberger qui fait écho, de par le monde, de sa parole et de son humaniste politique.

Odéon-Théâtre de l’Europe

https://www.theatre-odeon.eu

 

 

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