« Pourvu qu’il pleuve », Sonia Ristic s'accoude au comptoir philosophique de la vie

Le service d’une journée commence, entre la salle et la cuisine, et va s’écouler jusqu’à la fermeture tard dans la nuit : «  ce sentiment jouissif d’être en place » , comme on dit dans le métier. «  c’est bon, on est en place ». Sonia Ristic a le talent de raconter ce qui se cache derrière une histoire, et par là nous montre le vrai visage des destins contemporains.

Sonia Ristic DR Sonia Ristic DR
Un matin, comme un autre matin, le rideau de fer d'un café parisien se lève. C’est un moment parfait : « on met un temps à s'en rendre compte, à comprendre que ça en est un, à le reconnaître. Une fois qu’on l’a reconnu, après, tous les jours, on le guette ».

Le service d’une journée commence, entre la salle et la cuisine, et va s’écouler jusqu’à la fermeture tard dans la nuit : « ce sentiment jouissif d’être en place », comme on dit dans le métier, « c’est bon, on est en place ».

Un service de restauration qui rêve, du 10 sur 10, comme Nadia Comaneci médaille d'or des jeux olympiques, à Montréal en 1976.

Ce café parisien laisse entrer le monde qui bouscule, gueule, cogne deux équipes : une à la cuisine et l'autre en salle. Car très vite, voilà brouhaha des clients, qui évidemment arrivent tous en même temps, ce qui fait dire à l’une des trois serveuses : « pourvu qu’il pleuve (…) les après-midi pluvieux dans ce bar, c’est comme un monde meilleur possible ».

Sonia Ristic, dans sa quête d'un meilleur monde possible, ne laisse pas de nous pincer profondément la chair pour nous tenir en éveil ; et nous sortir d'une vie illusoire, en papier glacé. Entre chien et loup, les personnages de "Pourvu qu'il pleuve" vivent comme dans un film, où il y aurait une terroriste ratée, un Kurde raté, une mère de famille ratée, une grande artiste cosmopolite ratée, et un couple raté. Des paumés qui voudraient être quelqu'un de bien, mais qui ne seraient plus ce qu'ils ont été, ou ce qu'ils ont cru être. Pour l'heure, ils sont en rade dans un café parisien. Le rideau de fer est baissé. Dehors les sirènes, les hélicoptères, juste à côté…

« Pourvu qu’il pleuve » est une pièce que l'on se prend en pleine gueule, dans un lieu clos, où les uns et les autres s'accoudent au comptoir philosophique de la vie et se retrouvent, fort étroitement liés, d'existence en existence, de question en question.

 

Pourvu qu'il pleuve de Sonia Ristic

Lansman éditeur

Place de La Hestre , 19 - B-7170 Manage 

http://www.lansman.org/editions/index.php?session=

A conseiller à la lecture à partir de 13/14 ans.

Inédit à la scène.

Publié en 2018
60 pages - 12.00 €

À lire aussi de Sonia Ristic « Yalla ! » , sur Les dits du théâtre :

https://blogs.mediapart.fr/dashiell-donello/blog/070417/yalla-de-sonia-ristic-chez-lansman-editeur-un-sujet-delicat-et-douloureux

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.