Le nouveau monstre de Frankenstein de la politique

Dans le contexte actuel de crises politique et démocratique en France, où la gauche française semble comme un bateau ivre à la dérive – pour ne pas dire en perdition –, je souhaiterais humblement faire œuvre utile, en invitant à lire ou à relire ces réflexions publiées en février 2016 :

https://blogs.mediapart.fr/david-dahomay/blog/020216/lurgence-de-refonder-la-gauche-en-theorie-comme-en-pratique

 

Depuis, la « loi Travail » d’inspiration franchement néolibérale a été promulguée à coups de 49-3, et je ne sais si l’on a suffisamment mesuré l’importance autant symbolique que concrète de « l’inversion de la hiérarchie des normes » que cette loi contient implicitement. En clair, désormais la durée légale du travail définie par loi tendra à devenir l’exception, et celle imposée au travers des accords de branche et d’entreprise, la règle. Et c’est un gouvernement dit « socialiste » qui en aura été l’instigateur !

 

Plus que jamais, il y a « urgence à refonder la gauche, en théorie comme en pratique ». Et une telle refondation ne pourra réussir qu’en dehors du Parti socialiste et de la classe politique actuelle, largement convaincue qu’il n’y a pas d’autres alternatives à cette « raison-monde » qu’est le néolibéralisme, et à l’adaptation à marche forcée à ce capitalisme financier mondialisé, de plus en plus inhumain et désastreux sur le plan écologique. Pourtant, tout porte à croire que le néolibéralisme n’est qu’un dogmatisme de façade, servant presque exclusivement de prétexte à la préservation des intérêts d’une petite caste mondiale (les « 1% les plus riches »). Et dont une partie de l’élite politique française s’évertue – pour certains malgré eux et d’autres comme Emmanuel Macron en pleine connaissance de cause – à défendre les intérêts.

 

Pour que cette refondation salutaire de la gauche réussisse, il eut fallu dès cet été, dès à présent, lancer des initiatives fortes issues de la société civile, comme par exemple les Etats généraux de la gauche, qui elles-mêmes auraient pu déboucher sur la création d’un nouveau mouvement politique, et l’émergence de nouveaux leaders, intègres, désintéressés et visionnaires, tels des Thomas Piketty et bien d’autres, qui s’ignorent encore, mais qui par le hasard de l’Histoire pourraient se révéler à eux-mêmes et surtout à nous autres.

 

Mais, au vu de la multiplication ces derniers jours des candidatures à la présidentielle à gauche, et de l’absence de toute initiative en ce sens, et de toute volonté collective de faire « causes communes », il est clair que ces chances de refondation sont désormais quasi-nulles pour 2017, à moins d’une divine surprise (rendez-vous donc en 2022, voire même en 2027). Tout porte à croire que ces prochaines élections présidentielles ne se résumeront qu’à une bataille d’egos, à gauche comme à droite. Gare dans ce cas à la catastrophe, et aux résultats des urnes imprévisibles !

 

Une chose est claire en tout cas : il était déjà mal en point, mais avec Emmanuel Macron sur les starting-blocks, François Hollande ne passera vraisemblablement pas le premier tour en 2017 (la gauche comme la droite du PS font défection). Dans son cas, la meilleure chose à faire serait de ne pas se représenter pour ne pas perdre définitivement la face.

 

Triste fin de quinquennat, triste 5e République à bout de souffle : Qui aurait pu imaginer en 2012 que ce « golden boy » venu de la banque Rothschild et parachuté Secrétaire général adjoint de l’Elysée, deviendrait en 2016 le « nouveau monstre de Frankenstein » de la politique politicienne française (expression bien à propos suggérée récemment par un ami) ? Ainsi donc, François Hollande a enfanté une étrange créature politique, demandant toujours plus, qui aujourd’hui lui échappe, et qui finit par anéantir le père.

 

Un monstre de Frankenstein, qui le temps d’une élection présidentielle aura sans doute juste eu le temps de faire un tour de manège médiatique, et ensuite de faire « pschitt ! » (en ayant en tête l’image cette célèbre publicité vantant les mérites d’une boisson pétillante).

 

 

J’ose croire que les Français seront suffisamment lucides…Et puisqu’il est toujours revivifiant en ces temps de misère de ne pas perdre son humour : Les illettrés de Gad vous saluent bien bas monsieur Macron !

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