Quel pied mes Ami-es j'ai pris hier au soir !
L'irruption politique des non-professionnels du pouvoir donne des couleurs à la démocratie, plus que l'iode marin. Poutou, Lassale, Artaud, Cheminade, Asselineau, Dupont-Aignan ne courent pas la gagne et pour cela, se donnent le pouvoir de faire bouger le cadre même où les professionnels de la profession enferment le débat politique.
Leur présence hier a mis à mal quelques Bastille :
- Celle du débat technocratique entre économistes du système rivalisant de techniques de serrage de la ceinture de l'inéluctable. Remplacé par l'optimisme quotidien de Français de bonne volonté.
- Celle de l'aristocratie bousculée dans ses costards offerts par nos sans-culottes et la juste colère des réalités quotidiennes.
- Celle du nationalisme lacrymal et de son récit d'effroi, contré par l'optimisme souverainiste et la revendication du rapatriement au peuple de France des outils de décision volés après le référendum.
J'y ajouterais bien volontiers le réveil tardif en forme de coup de gueule de Benoit pour les services publics contre la destruction planifiée par les représentants des lobbys libéraux.
J'aurais bien pris en plus une bonne remise en place venue d'une parole non-blanche, métisse, ultra-marine, des quartiers...
M'a manqué surtout la présence et la parole d'une jeune femme qui parlerait d'avenir c'est à dire d'écologie. Les filles debout, il y a une place à prendre !
Si François Fillon apparaît comme le candidat martyr de la soirée, c'est qu'au final l'absence de Hollande et de Valls, le laisse en seul représentant du passé. C'est à dire de l'échec (tandis que Macron semblait en pause-pipi perpétuelle, absent des débats comme des échanges d'idées, trop habitué à failloter sa place auprès des vieux banquiers, pour s'inscrire dans un échange citoyen ).
Merci donc aux "pitchouns puncheurs" de nous avoir représenté grâce à leurs imperfections mêmes, d'avoir rappelé la vie réelle des gens du pays, en dessous du mur des costumes cravattes, auquel ils ont retiré quelques pierres (parfois pour les leur jetter a la tête comme Poutou).
Ils ont un instant changé le cadre de cette élection, soudain plus humaine et insoumise, plus française au fond. Ce que Méluche, patelin, et sans doute un peu fatigué attendait et a su gérer avec de simples mimiques. Car ces petits ruisseaux alimentent au final la position de super-petit venu troubler le jeu écrit d'avance ailleurs des gros.
Langlois-Mallet