Quand l’État s’est pris une baffe à l’Onu

En 2010, Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères, annonça à l’Assemblée nationale que la France allait demander à l’Onu d’enregistrer le Traité d’annexion de la Savoie. En 2013, Laurent Fabius, son successeur, avoua l’échec de cette démarche, ajoutant qu’elle n’était pas nécessaire. Pourtant ce Traité international constitue l’unique légitimité des institutions françaises en Savoie !

En 2010, alors que la France voulait fêter les 150 ans de l’annexion de la Savoie, je rendis publiques des correspondances onusiennes et internationales qui exposaient mes découvertes historico-juridiques. Mes révélations motivèrent une question posée à l’Assemblée nationale qui contraignit le Gouvernement à solliciter l’enregistrement du Traité d’annexion auprès de l’Onu.

Je fis alors parvenir à l’Onu un mémoire exposant les causes de la caducité du Traité d’annexion et de son abrogation. Je sollicitai également l’intervention des Puissances signataires du Traité de paix du 10 février 1947 qui imposait l’enregistrement de ce Traité auprès de l’Onu.

En 2012, l’Onu refusa cet enregistrement et je l’annonçai sur les réseaux sociaux le 25 décembre.

Le 8 janvier 2013 le Gouvernement avoua l’échec de sa démarche devant l’Assemblée nationale, avançant qu’elle n’était finalement pas nécessaire... mais alors, pourquoi l’avoir effectuée? C’était juste pour le fun?

Les pays qui ont été annexés veulent se désannexer. Cette évolution va continuer, aussi bien dans les pays baltes qu’en Asie centrale soviétique. Déclara François Mitterrand en 1990.

Cette évolution continuera en Europe centrale.

L’État a perdu son unique légitimité en Savoie: un Traité international non reconnu par les instances internationales.

La question se pose : la Savoie, vieux pays d’Europe centrale au passé millénaire, pays annexé à l’aube du vingtième siècle, a-t-elle encore vocation à demeurer une colonie française ?

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