«Ne nous fâchons pas, ne parlons surtout pas politique!»

Avec « La Gouache », R.wan, fondateur du groupe Java et cofondateur du Soviet Suprem revient avec un album égal aux autres : brillant, rare et beau qui vous laisse heureux et avec le sentiment d’avoir été augmenté. Conversation autour du panache, de l’art, de la politique du Mali et de l’environnement.

Le chanteur R.wan, fondateur du groupe Java et cofondateur du Soviet Suprem. © Nicolas Baghir Le chanteur R.wan, fondateur du groupe Java et cofondateur du Soviet Suprem. © Nicolas Baghir

Le titre "La Gouache" est une profession de foi, style ego trip pimpé à l’accordéon. Vous y-fustigez le conformisme, les cadres à respecter pour devenir un musicien célèbre. Est-ce que le fait d’être modestement médiatisé a "sauvé" votre art ?

« Modestement médiatisé » c’est le terme sympa pour dire que je suis pas du tout connu ! (rires). Oui, c’est une chance d'arriver à faire ce métier et de pouvoir en vivre sans être tributaire de la médiatisation. Mais la seule chose qui pourrait "sauver mon art", comme vous dites, c’est de pouvoir lui consacrer du temps. Or, je ne vous cache pas que ça devient de plus en plus compliqué en ce moment et si on continue à nous empêcher d’exercer notre métier, trouver un autre job deviendra une nécessité. La médiatisation n’est pas une chance où une malchance, c’est quelque chose qui doit se gérer si vous ne voulez pas que ça vous échappe. Si je sors des disques, c’est pour qu’ils soient écoutés par le plus de monde possible, donc si on me le propose, j’en parle avec grand plaisir dans les médias qui me le demandent. La musique est mon gagne-pain. J’ai besoin de la plus large diffusion possible, mais c’est aux médias d’être au service de la création et surement pas l’inverse. Quand j’ai commencé, il y a 20 ans à faire de la musique, mon métier, j'aurais pu être plus médiatisé et j'ai très mal géré. Parce que je ne savais pas comment faire, parce que j'étais trop jeune et peut être aussi parce que je n’avais pas assez faim. Je suis arrivé comme un branleur avec trois chansons et on nous a signés avec Java dans une major. J'ai été un enfant gâté de la musique et j’ai eu en fait le parcours inverse des musiciens qui galèrent 10 ans avant d'avoir une maison de disque.

J'aime la réponse de Léo Ferré à un gars qui lui demandait : « Ça ne te gêne pas de gagner de l'argent avec tes idées ? », il lui avait répondu : « Ça ne me gênait pas de ne pas en gagner avec les mêmes ». L’important pour moi,  est de ne pas dévier de ce à quoi l'on croit. Il y a deux écueils dans la musique en particulier et dans la vie en général : soit se prostituer, soit devenir aigri. J'essaie de ne faire ni trop l'un, ni trop l’autre. Avoir « la gouache », ce n’est pas « Ni pute ni soumis », c'est « Ni pute, ni aigri » (rires) !

Pourquoi êtes-vous reparti en solo ?

Parce que ça ne m'épanouit pas assez de faire uniquement des groupes, comme ça ne m'épanouit pas assez de rester en solo définitivement. La musique permet de « remettre son titre en jeu », comme un match de boxe. C’est à chaque fois une aventure, une nouvelle traversée. À chaque projet, un nouvel équipage arrive, et c’est avec lui qu’on vit une aventure intense pendant un ou deux ans, trois ou quatre si ça marche bien. Après, on change d'équipe, pour retrouver celle d'avant ou recommencer autre chose. Pour moi c’est important de garder à l’esprit qu’il ne faut pas que ça ronronne. Il faut se surprendre pour suspendre les gens.

D’un point de vue composition et fabrication, quelles différences y a-t-il entre un album solo et en groupe ?

En groupe, l’ennui peut venir vite, passé l’euphorie qui caractérise le début d’une histoire. Surtout si tu te reposes sur l'autre, ce que j'ai sans doute trop fait par le passé. À force de lâcher du lest, l’autre remplit le vide qui existe. Or il y un équilibre à maintenir. C’est comme la vie de couple. En solo, surtout pour cet album où je suis auto-producteur, si quelque chose ne marche pas, je ne peux m'en prendre qu’à moi-même. Maintenant que j'ai connu la production de A à Z, je serai aussi exigeant mais aussi plus cool avec ceux avec qui je travaille pour les prochains projets. J’ai encore plus conscience de la difficulté à sortir un album : faire un disque est un sport de combat. Beaucoup de choses, autres que la création pure, entrent dans ce processus. On ne sait jamais si ce sera suffisamment abouti, on n'est pas sûr d'y arriver, c’est une remise en question permanente.

Est-ce que tout mener seul de front a été un exercice intéressant ?

Je n'avais pas le choix, puisque personne ne voulait de moi (rires) ! Donc je l'ai fait. Je suis un contemplatif contrarié, un trainard de nature, je ne réagis que dos au mur. En revanche dès que je me sens en danger, je trime 24/24 pour tenter de sauvegarder ma petite dignité qui consiste à nourrir ma famille tout en restant le plus indépendant possible. Ce que je cherche, c’est toujours de garder « la Gouache », synonyme du panache, de Cyrano de Bergerac. Ce disque est aussi un hommage à la scène, où on est tout nu et ne peut s'en remettre qu'à soi-même. J’aime cette idée-là : « Ne pas monter bien haut peut-être, mais seul », de Cyrano dans la tirade : « Non, merci? » qui est un peu mon mantra. Je ne suis évidemment pas seul, parce que je m'entoure d’amis. L'idée est de trouver une alchimie avec des gens. Jean Lamoot est un réalisateur qui avait mixé des albums de Java, un sorcier du son qui a réalisé « Des visages, des figures » de Noir désir, « L’imprudence » et « Fantaisie militaire » d’Alain Bashung, et pour moi les deux meilleurs disques de Salif Keïta. Ça faisait longtemps que je voulais faire un album avec lui. Je suis arrivé dans son studio avec mes maquettes et nous avons convié différents musiciens. J’ai monté mon label « Poupaprod », j’ai mis mes billes et obtenu quelques subventions qui m’ont permis de produire le disque et de payer tous les intervenants, musiciens, attachés de presse, réalisateur, clip etc… Je n’en vendrai pas des millions, ça, c’est sûr, mais j’ai pu me prouver que j’étais capable de le faire. Et si j’arrive à retomber sur mes pattes, j’aurais gagné mon pari.

Est-ce que vous donnez à votre musique une dimension politique ?

Je ne cherche pas à transmettre une forme d’idéal politique, déjà parce que je n’en ai pas, mais aussi car je pense qu'un chanteur ne doit pas imposer ses idées, mais poser des questions et permettre aux gens de s'évader pour ne pas les ramener à la merde ambiante. Je me considère plus comme un clown : le coq dans le Robin des bois de Disney, le singe dans Le livre de la jungle. J'essaie de divertir les gens, même si j’ai évidemment une conscience politique. Elle me vient de mon père qui était journaliste et m’a permis de baigner dedans et de m'y intéresser beaucoup. J’aurais pu en faire mon métier, j’ai choisi une autre voie. Si la phrase « tout est politique » veut dire quelque chose, je ne me pose pas la question de l’engagement, parce que je me suis jamais senti dégagé ! L'engagement du musicien est intellectuel et physique, il est total. À partir du moment où il s’encarte, le musicien est mort. Le métier de politicien est l'exact opposé de celui de musicien. Un musicien doit montrer ses faiblesses, il est dans l’émotion. Le politicien doit être en retenue, réfléchi et avoir le sens de l'Histoire. C'est d'ailleurs ce qui manque cruellement à notre époque, en France comme ailleurs, me semble-t-il. Notre "personnel" (c’est nous qui les payons, c’est important de le rappeler) politique est composé en majorité de girouettes qui infantilisent et qui sont eux-mêmes des enfants puisqu'ils n'ont pas le sens des réalités. Pour en revenir à la musique, mes idées politiques transparaissent, bien sûr, parce que j'aborde des sujets auxquels nous sommes confrontés, mais j'espère avoir une forme de recul et de ne pas dire aux gens ce qu'ils doivent penser.

Même si vous parlez d’amour, de sexe, d’amitié et de musique, dans cet album, il est aussi question des violences policières, du désastre écologique, de la crise migratoire... On est quand même loin du divertissement produit par Netflix !

Si Netflix veut produire mon prochain disque, je suis preneur (rires) ! Les chansons parlent toujours des mêmes sujets : l’amour, la mort, seules les modalités pour en parler changent. J’essaie d'être clair, ce qui n’est pas toujours le cas, hélas ou tant mieux. Il est possible que divertir, pris dans le sens « empêcher d’aller au but », n’est pas le bon terme. C'est plutôt enivrer les gens, les faire rêver qui m’intéresse. Je cherche à leur proposer une forme d’échappatoire. J’ai écrit le titre « Asticot », qui parle de la mort, parce que j'aime la représentation de la mort des Mexicains, cette imagerie reprise par Tim Burton. J’aime aussi cette continuité incarnée par l’asticot, cette idée joyeuse de parler de notre fin. J’aime traiter de façon légère des sujets graves et inversement. C’est peut-être cliché de dire ça mais j’essaie de garder une spontanéité « enfantine » dans mon processus de création.

« #Ta gueule », c’est votre « Où c'est que j'ai mis mon flingue » ?

« Où c'est que j'ai mis mon flingue », pour moi, c'est une des meilleures chansons de Renaud. J’aurais aimé l’écrire, mais je n’ai écrit que « #Ta gueule » (rires). Ceci dit, je préfère « Le CRS Mélomane » à « J’ai embrassé un flic » (rires). Comme je suis indépendant et que je gère moi-même les réseaux sociaux, j'y passe beaucoup de temps et c'est vrai que c’est chronophage et surtout que ça rend complètement débile et aigri (on y revient). Beaucoup de sujets abordés sont intéressants sur les réseaux, mais finalement l’algorithme, qui est un entonnoir, fait que les gens qui publient des manifestes touchent des gens qui pensent exactement la même chose qu’eux, où ce sont de membres de leur famille et c’est le clash assuré !

Surtout, cette hystérie sur l’actualité est insupportable… De là, nait un sentiment d’impuissance qui génère de la frustration. Je crois que toute personne qui perd autant de temps aux cafés du commerce que sont Facebook et Instagram et consort a envie de crier « Ta Gueule ! » très souvent. C’est une chanson « défouloire ». N’importe quelle connerie est étalée et reprise de façon épidermique. Les réseaux sont une invention machiavélique. S’ils ont été un espace de liberté au début et ont permis d’être un contre-pouvoir, l’époque est révolue. Et je dis ça, j'en suis entièrement dépendant, parce qu'un musicien n'existe plus sans eux et que l’une des clefs du succès du Soviet Suprem c'est que justement, on a réussi à créer presque un média via ces réseaux.

Puisqu’on parle du Soviet Suprem, quel est l’historique du clip « Confinés » ?

C'est très simple : on venait d'être confiné et on avait besoin de s'activer. Thomas Feterman, alias John Lénine, est un stakhanoviste, il ne s’arrête jamais de travailler. On a demandé aux gens de nous envoyer leurs vidéos de confinement et on a tourné ça en s’amusant en plein confinement. Avec le recul il s’est passé quelque chose de surprenant : pendant le premier confinement, les gens étaient un peu plus joyeux. Le deuxième, c’est la dépression totale (rires).

Comment avez-vous vécu ça, en tant qu’artiste dépendant de la scène ?

Il y a d'autres façons de créer, on peut faire autre chose que des concerts. Ça faisait vingt ans que je tournais presque sans interruption et au départ j'étais content de m'arrêter. Au bout de trois mois, je tournais comme un lion en cage dans mon appartement car la scène est plus qu’un travail, c'est un équilibre, une drogue aussi. Aujourd’hui, je prépare d’autres choses. Je vais par exemple monter un lieu de résidence dans le sud-ouest pour y inviter des artistes. J'essaie de trouver des systèmes D parce que je ne sais pas ce qui va se passer. Ce virus a montré qu’en Occident on ne supportait plus la présence de la mort. On a eu une réaction que je trouve excessive par rapport à la gravité de l’épidémie. Et, sans mauvais jeu de mot, ce n’est pas signe d’une bonne santé ! Ajoutez le fait qu’un tas de nouvelles lois liberticides, sont aussi en train de passer... Je pense qu'il va falloir s'habituer à agir de façon un peu plus clandestine si on veut continuer à faire de la musique. Je n’imagine pas le monde qu'on va retrouver après, mais je ne suis pas du tout optimiste. Là, je suis en résidence et on tourne en duo avec un accordéoniste parce qu'on ne peut plus tourner en groupe dans des salles, et par la force des choses, j'ai pu créer un spectacle plus intimiste et c’est pas plus mal. Un handicap peut se transformer en chose bénéfique. Il faut sans cesse s'adapter.

Au Mali vous avez tourné le clip « Des humains » avec Salif Keïta. Comment est-ce que ça s’est passé et que pensent les Maliens de notre façon de gérer collectivement la pandémie.

C’est déjà un miracle que l’on ait pu s’y rendre. Au départ, ce que m’a dit Salif, c’est que les gens ont eu très peur du virus. Et après ils ont vu que ça ne prenait pas chez eux, ils avaient bien d’autres problèmes plus graves à gérer. C’est notre façon de gérer, où plutôt « d’ingérer » en Afrique qui les intéresse plus que notre façon de gérer l’épidémie.

Les seuls gens masqués que j’ai vu sur place, ce sont les motards pour éviter la poussière ! Il y a là-bas une urgence de vie. C’est la première fois que j'allais en Afrique Subsaharienne et j’ai pris une claque. J'ai adoré l’énergie, le rapport au temps. Mais les gens galèrent énormément aujourd’hui. Et pour les musiciens, c’est catastrophique. Chez nous, il y a le statut d’intermittent ; là-bas, ils ne gagnent leur vie que quand ils tournent à l'étranger. Pourtant, les gens se plaignent peu. Ils se battent, geignent moins.

Le clip a été tourné à Paris et à Bamako et ce qui me m’a le plus marqué à Paris, ce n'est pas que les gens soient masqués, c’est qu’ils regardent par terre. À Bamako, les gens regardent dans les yeux et regardent la caméra. Le tournage était d’ailleurs un peu chaud, parce que les Bamakois n’aiment pas du tout être filmés. Et comme, on n’avait pas de moyens, on devait tout faire à l’arrache. Et puis, du fait de la présence militaire française dans le Nord du pays, la haine des Français est de plus en plus forte. En plein coup d’état, le climat était tendu. Mais j’ai eu le privilège d’être reçu par Salif Keita qui est une légende vivante, chacune de ses sorties publiques provoque un attroupement. Je pense qu’il est difficile de se rendre compte de ce que Salif Keita représente, pour la Mali et l’Afrique en général, si on n’a pas été sur place. Il est comme Maradona, le second avait un pied en or, le premier a une voix en or. Donc, ça facilite les entrées, quand on dit qu’on vient tourner un clip avec lui !

Est-ce que les Maliens ont plus de Panache que nous ?

Ah oui, c’est sur et ils n’ont pas le choix ! Attention, je ne veux pas tomber dans le cliché sur l’Afrique du genre « ces gens ont tout compris de la vie, man », etc. Je ne supporte pas les gens qui s’approprient la musique en Afrique avec leurs bons sentiments et qui reviennent en disant qu’ils ont saisi le sens de la vie. Pour moi, ce n’est qu’une version flasque de la pensée postcoloniale. Je ne donnerai pas d’exemple, je suis déjà trop grillé dans le show biz ! Je suis allé là-bas parce que c’était un accident, parce qu'on cherchait un duo à faire sur un morceau et que Jean Lamoot m'a proposé de tester avec la voix de Salif Keïta avec qui il venait de faire deux albums, et que la magie a opéré. Ensuite on lui a proposé de faire réellement le titre avec nous, mais on ne pensait pas qu’il allait accepter. On lui a envoyé le morceau, il a dit « OK, mais vous venez tourner un clip ! » C’est ça, l’origine de ce tournage au Mali. J’aurais été en Colombie ou en Norvège, c’était la même démarche : celle de rencontrer d’autres humains, et ça tombait bien, vu que c’était le titre de la chanson !

« Coule cool » parle de la crise environnementale. Est-ce devenue une cause pour vous ?

C’est une cause pour tout le monde. A part les fans de Donald Trump et de Bolsonaro, dont les QI mis en commun doivent avoisiner péniblement le 22, il y a quand même une majorité de gens que ça préoccupe ! Mais j’avoue, je le vois avec ma fille de 20 ans, je suis déjà dépassé sur le sujet par rapport à elle. Ceci dit, je reste persuadé que la cause environnementale ne peut se détacher de la cause sociale. Trier ses ordures et acheter du quinoa en circuit court, c’est très sympa mais ça n'a pas grand sens quand on envoie nos ordinateurs, et le portable avec lequel je vous parle, au fin fond d'un pays pauvre pour que des mecs recyclent les matières toxiques qu’on a produite. Ou quand on passe la semaine à manger sainement Bio et qu’on s’envoie 2 grammes de coke dans le pif, le week-end. L’écologie n'a aucune valeur à petite échelle. Il faut un circuit court en coke bio ! (rires). Pour autant, j’essaie de me comporter plus comme le petit colibri de Pierre Rabhi, que comme un gros porc ! Ce que je trouve aussi intéressant et inédit c’est que les idées de gauche étaient traditionnellement productivistes. L’écologie a changé la donne, tout est à repenser.

Vous ne croyez pas en la défense de l'environnement simplement pour la préservation de la beauté du monde ?

« Préserver la beauté du monde », ça veut dire qu’on a encore un rôle de domination sur le monde. Je ne crois pas que le monde était moins grandiose à l’époque des dinosaures et qu’il le sera moins après notre disparition. Je crois que le monde se débarrassera vite de nous si nous ne prenons pas soin de nous ; et prendre soin de nous, ça veut dire prendre soin de ceux et de ce qui nous entourent.  Nous sommes qu’un épiphénomène dans l’histoire de la Terre. C’est pour ça que le concept de « sauver la planète » me parait complètement stupide.

On doit surtout changer notre façon de penser et d’agir si on veut se préserver nous même ! Pareil pour « la défense de l’environnement », j’ai du mal avec le terme. On pourrait plus parler d’harmonie comme en musique, de retrouver la magie. Alors, oui, ça passe par la création, la poésie.

Mais hélas, pour la majorité des humains, chaque journée est guidée par les moyens à trouver pour survivre, pour ne pas être encore plus dans la m... que la veille. Je suis pour le revenu universel, tout le monde devrait avoir le temps de penser. Ah bah, voilà, je suis sorti de mon rôle de musicien et j’ai fait une proposition politique ! (Rires).

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