« La Peau » de Curzio Malaparte

Bienvenue dans le premier volet d'une série intitulée : lire, comprendre, agir dans laquelle je partagerai les lectures qui m'ont marqué. Profitant de ce long week-end d'action de grâce au Québec, j'ai enfin pu terminer le livre de Curzio Malaparte, La peau. Une oeuvre majeure.

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Il y a longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi époustouflant. C’est un coup de boule littéraire du niveau des Racines du Ciel de Gary, de Trois contes de Flaubert ou de La femme qui fuit, d’Anaïs Barbeau-Lavalette.

Nous sommes en 1943 et les Américains débarquent à Naples, y séjournent de longs mois, incapables de solder le problème Montecassino puis font finalement sauter les verrous en direction du nord pour faire la jonction avec l’armée débarquée plus haut pour occuper Rome. Ensemble, ils achèveront la campagne d’Italie, autre boucherie. À leurs côtés, Curzio Malaparte, l’auteur, est agent de liaison. Ce livre est une apnée dans la vie quotidienne des personnes, militaires ou civiles, qui ont vécu cette période effroyable, loin des photos heureuses de libération en sépia.

Descriptions magistrales, rythme varié, phrasé superbe, originalité dans le ton, en même temps qu’un côté burlesque vient parfois attendrir l’enfer de cette période, c’est assurément un grand livre. Un livre charnel qui pue les tripes et la poudre, respire la fraîcheur de la mer et les cendres du Vésuve. Et puis toujours cette métaphore filée sur la peau, au cœur du roman, notre peau, qui en fin de compte, est notre seule patrie. À lire donc, il me semble.

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