«En Algérie, le système Bouteflika fait peur à ceux qui tiennent l’exécutif»

En Algérie, le mouvement de protestation du Hirak maintenait une intensité inédite, mais le COVID-19 a forcé l'arrêt temporaire de cette vague citoyenne. Djilali Hadjadj, journaliste d’investigation, auteur et porte-parole de l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) livre une analyse affutée sur ce que traverse son pays depuis vingt ans.

Djilali Hadjadj, à la fin d'une manifestation du Hirak au début de l'année 2020 Djilali Hadjadj, à la fin d'une manifestation du Hirak au début de l'année 2020

Est-ce que le COVID-19 a fait mal à la contestation en Algérie ?
Globalement, le COVID-19 a mis un arrêt aux manifestations bihebdomadaires dès que le pouvoir a instauré le confinement. Pour la majorité de ceux qui se sont inscrits dans ce mouvement, l’arrêt était justifié, et la recrudescence de l’épidémie ces trois dernières semaines leur a donné raison. La dynamique du Hirak continue d’exister dans tous les départements du pays, mais le moteur de cette dynamique est un peu en panne.  Mais le plus grave, c'est que ce confinement a été une aubaine pour le pouvoir en place qui en a profité. Ce qui a été ignoble de sa part, et qui constitue à mon avis une erreur stratégique, c’est qu’il a intensifié la répression de manière ciblée, département par département. En Algérie, y a plusieurs polices politiques : celle qui appartient à l’appareil sécuritaire civil, et l’autre qui appartient à l’appareil militaire, qui est ultra majoritaire et dominant dans le fonctionnement du pouvoir. Cette répression a pris une terrible dimension, à telle enseigne que la minorité qui avait contesté l’arrêt des manifestations commençait à reprendre le dessus et à lancer un appel à retourner dans les rues. Heureusement, cette reprise ne s’est pas généralisée, parce qu’avec la recrudescence de l’épidémie, cela aurait été une catastrophe sanitaire.

Pensez-vous que ce n’est que partie remise ?
Totalement ! Il y a des signes avant-coureurs et des liens se sont tissés entre les différentes dynamiques de contestations, à l’intérieur des départements et entre eux. Il y a un optimisme qui est assez extraordinaire. Le pouvoir, depuis quelques jours, a révisé sa copie et appelle à l’apaisement en libérant des dizaines et des dizaines d’hirakistes - emprisonnés parfois depuis plus d’un an -, que ce soit des militants politiques ou associatifs ou qui s’inscrivaient pour la première fois de leur vie dans cette dynamique citoyenne. Le pouvoir s’est aperçu que cette machine répressive qui avait pris une dimension énorme était contre-productive pour lui-même et son existence. Cela contribue, de part et d’autre, à entrouvrir quelques portes de dialogue. Le mouvement du Hirak n’a d’ailleurs jamais été contre le dialogue, du moment qu’il a lieu sur des bases claires : des convictions, des valeurs de démocratie, de liberté et de respect des droits de l’homme.

En tant que militant et journaliste, portez-vous un regard optimiste sur la situation sociale à venir ?
Sur un plan social et économique, la situation est explosive. La vingtaine d’années du règne d’Abdelaziz Bouteflika a constitué une période extrêmement sombre sur ces aspects, même s’il y a eu quelques redistributions démagogiques de la manne pétrolière. La machine économique a été complètement paralysée et l’occasion n’a pas été saisie pour introduire des réformes positives pour faire redémarrer les systèmes de protection sociale, de santé, etc. Nous le payons très cher aujourd’hui. L’épidémie de COVID-19 a été le coup de grâce. Les trois ou quatre mois de paralysie dû au confinement, plus la chute des prix du pétrole, ont fait que le pays s’est retrouvé en quasi faillite financière, étant tributaire de la manne pétrolière. Si la remontée des prix lui donne aujourd’hui un sursis, je pense que nous avons intérêt à aller vers le dialogue afin de trouver un consensus sur une période transitoire, et remettre enfin à moyen terme le pays sur les rails.

Quels indicateurs attendez-vous pour poursuivre cette négociation ?
Le pouvoir a introduit depuis quelques mois un projet de réforme de la Constitution et je fais partie des Algériens qui disent que ce n’est pas tant son contenu qui pose problème, mais son effectivité sur le terrain. L’arsenal législatif existe, le contenu de l’actuelle Constitution est globalement positif, sauf que le pouvoir s’inscrit en violation des lois du pays. Si j’avais à faire partie d’une équipe qui pourrait dialoguer avec le pouvoir, la priorité serait de l’inscrire dans le respect des lois en vigueur et de leur mise en application. Nous en revenons toujours à la fameuse séparation des pouvoirs, sujet qui n’est pas propre à notre pays, ne nous faisons pas d’illusion. L’indépendance de la justice restera toujours un slogan, mais en Algérie, l’appareil de la justice est inféodé au pouvoir et a été un appareil répressif scandaleux. Même pendant les vingt ans de Bouteflika, il n’y avait pas une répression d’une telle nature.

En quoi consiste cette répression ?
Nous parlons d’arrestations et d’emprisonnements arbitraires, de violences physiques avec même parfois des accusations de torture qui reprennent, alors qu’elle avait à une période presque complètement disparue. Nous parlons aussi d’une police politique, qui se présente à votre domicile pour vous ramasser, et pendant les trois ou quatre premiers jours personne ne sait où vous êtes. En même temps il y a les représailles contre les représentants de l’opposition, les militants associatifs ou du Hirak. Parmi ces représailles, pour peu que vous soyez salarié d’une administration publique, c’est le licenciement. Voilà à quoi ressemble cette répression. Elle est horrible, notamment dans les départements qui sont un peu loin de la capitale, dans le pays profond, où il n’y a pas encore une réactivité de la société civile assez rapide.

Y-a-t-il une disparité géographique au niveau de la contestation ?
Avant février 2019 et la dynamique du Hirak, ce qui existait comme société civile indépendante, militants associatifs, journalistes libres et militant politique se situait principalement dans les grandes villes et les régions de Kabylie, régions connues comme très avancées en termes de lutte sociale ou citoyenne. Dans les wilayas (départements ndlr) à l’intérieur du pays, que ce soit la région des Hauts-plateaux, ou vers les départements du sud et de l’extrême sud, la dynamique citoyenne était timide et subissait des répressions terribles. Il y a eu des mouvements de jeunes pour l’accès à l’emploi ou contre l’exploitation du gaz de schiste que l’appareil répressif a maté sans aucune commune mesure avec ce qui se passait dans le nord du pays. Depuis qu’a été déclenchée la dynamique du Hirak, les choses ont changé dans ces wilayas qui sont sorties de leur isolement. Il s’est établi une liaison avec les départements du nord. Le pays étant extrêmement vaste pour une population d’à peine 40 millions d’habitants, les distances ne facilitaient pas les choses.

Est-ce qu’internet a facilité ce processus d’unification ?
L’explosion des réseaux sociaux a indubitablement facilité les choses, même si l’Algérie est un des derniers pays au monde en terme d’accès à Internet. Le pouvoir s’en sert pour réprimer. Vous avez beau payer rubis sur l’ongle des factures énormes, le pouvoir use de l’accès à Internet comme d’un robinet d’eau. Parfois c’est du goutte-à-goutte, parfois ça disparait pendant trois quatre jours, parfois le débit est normal. En même temps, ne pouvant totalement remettre en cause l’existence d’internet et des réseaux sociaux, il a modernisé sa répression, par le biais de moyens technologiques mis en place par des entreprises européennes et américaines reconnues. Les échanges sur les réseaux sociaux sont étroitement surveillés et l’intrusion du pouvoir vers les ordinateurs et boites mail avéré, même si le pouvoir politique ne le reconnait évidemment pas. Moralité, les gens craignent cette répression et s’autocensurent, puisque si vous tenez des propos disconvenant à l’endroit du pouvoir, on peut venir frapper à votre porte.

Pouvez-vous dresser un portrait-robot du Hirak ?
Aux premiers temps, il était constitué de militants associatifs et des partis d’opposition qui avaient une certaine expérience. Au Printemps 2019, la dynamique étudiante a pris le dessus. Elle s’est distinguée par les manifestations des mardis avec un très fort contenu qualitatif. La composante a donc évolué vers une participation de jeunes et d’étudiants ayant par moment une démarche radicale et un enthousiasme extraordinaire. L’ensemble de cette dynamique n’est pas homogène, mais le dénominateur commun est celui d’une opposition face au pouvoir en place qui est anti démocratique, répressif, autoritaire, policier et qui s’oppose à l’indépendance de la justice. La mouvance islamiste pendant les premiers mois a été absente, prise de cours, alors qu’elle était précurseur dans le domaine. Pour s’inscrire dans cette dynamique, elle développe aujourd’hui un discours beaucoup moins radical et plus consensuel, discours qui continue à être rejeté parce qu’on peut appeler, pour résumer, la "mouvance démocratique".

Comment se porte l’islamisme politique en Algérie ? Quid du terrorisme ?
La particularité de ce mouvement islamiste, même si ce n’est pas propre à l’Algérie, est d’être tout à la fois au sein du pouvoir, dans l’opposition parlementaire et dans les maquis. Aujourd’hui, une partie des islamistes, dits modérés, sont proches du pouvoir et sont manipulés par lui. Il y a aussi un islamisme d’opposition et la mouvance violente dans les maquis a pratiquement disparu pour s’exiler vers les pays du Sahel. Globalement, cette mouvance islamiste a perdu énormément de terrain, et les jeunes et les étudiants qui n’étaient pas nés dans les années 90 la rejettent systématiquement. Au sein de cette mouvance, les divergences se sont accentuées, et c’est une mosaïque qui a totalement explosé même si elle survit dans le pays profond. La fermeture des mosquées, à cause du Coronavirus, n’a pas arrangé ses affaires.

Pourquoi l’ancien président Bouteflika est-il intouchable ? Sait-il trop de choses ?
C’est paradoxal aussi pour un grand nombre d’Algériens. Le système Bouteflika, c’est d’abord un clan, entre lui et son frère, emprisonné pour d’autres affaires. Ce clan est-il protégé ? Je pense que oui. Abdelaziz Bouteflika est une image du système. Malgré son état de santé catastrophique, le système derrière lui est vivace et fait peur à ceux qui tiennent l’exécutif actuel. Ils ont beau se chamailler, ils mettent eux-mêmes une ligne rouge à ne pas franchir au risque de s’autodétruire. Pendant 20 ans, le système Bouteflika a tissé une toile enracinée dans les différentes sphères du pouvoir civil et militaire, tant sur le plan central que régional. Voilà pourquoi ce système, dans sa structuration et sa ligne politique, demeure en place. Si le pouvoir brandit dans ses discours la lutte contre la corruption, en réalité, il s’agit d’une modeste dynamique de répression de quelques corrompus oligarques. Bouteflika a assis son système, au-delà de sa personne et il est possible qu’il sache encore trop de choses. Et puis ceux qui sont dans l’exécutif gouvernemental actuel sont des personnes qui étaient dans le système de Bouteflika, ils ont baigné dans un culte de l’obéissance. La population demande que les membres de ce clan, dont certains ont fui à l’étranger et y sont mêmes protégés, soient traduits en justice. Il est possible que, dans les mois à venir, le pouvoir prenne cette décision, même si cette décision ne lui appartient pas uniquement.

Que voulez-vous dire ?
S'il ouvre cette boite de Pandore, le gouvernement algérien devra assumer des conséquences qui détérioreront les relations économiques, politiques et commerciales avec ses pays partenaires, occidentaux ou chinois. Car, ne nous y trompons pas, la crise actuelle en Algérie, n’est pas qu’une crise algéro-algérienne.

Quelle est la responsabilité de l’Occident et de la Chine dans les constats que vous venez de dresser ?
Est-ce que Bouteflika a été aidé à rester au pouvoir par d’autres puissances que la sienne ? C’est probable. Lui qui a toujours été un libéral économique, n’a jamais voulu s’inscrire dans une économie sociale de marché. En arrivant au pouvoir, il ne pouvait faire qu’avec la corruption systémique et la manne pétrolière qui n’a jamais été aussi élevée que pendant la période de sa présidence. On estime cette manne à plus de mille milliards de dollars et dont 600 à 700 ont servi aux relations économiques et commerciales avec des pays occidentaux et la Chine qui lui ont donné leur protection en échange. Tout cela faisait leurs affaires sur un plan de politique régionale, euro-méditerranéenne et commerciale. De grandes entreprises françaises ont par exemple été sauvées de la faillite grâce à des marchés attribués par le système Bouteflika. Au niveau régional, par rapport à ce qu’il se passe dans les pays du Sahel, il offrait enfin une belle garantie de lutte contre le terrorisme.

Pourriez-vous revenir sur le scandale de l’entreprise d’ingénierie canadienne SNC-Lavalin ?
C’est une vieille histoire. Au début des années 80, SNC Lavalin s’était lancé sur le marché que pouvait offrir les pays du nord de l’Afrique. Cette multinationale avait commencé par nommer à des postes assez élevés des personnes d’origine maghrébine ou égyptienne, qui n’avaient pas forcément le profil ni la compétence, mais qui sont devenues les liens entre les pontes de SNC-Lavalin et les pouvoirs politiques en place en Afrique-du-Nord. Un des plus gros marchés de SNC-Lavalin fut par exemple l’érection – au tout début des années 80-, d’un grand monument sur les hauteurs d’Alger attribué au gré à gré avec des commissions et des pots de vins importants. Le pouvoir politique canadien de l’époque en était le vecteur, notamment Pierre-Eliott Trudeau qui faisait les déplacements pour vendre ses entreprises canadiennes. Le 3ème choc pétrolier en 2000 qui a vu les prix du pétrole multipliés par deux ou trois en 6 mois, a permis à SNC-Lavalin de se relancer. Sur une période de sept années, cette entreprise a arraché pour 10 milliards de dollars de contrats. Il s’agissait de marchés d’Ingénierie (construction d’une centrale électrique, usine de dessalement d’eau de mer, etc.), obtenus de gré à gré à des coûts représentant le double de ce qui se faisait sur le marché international. Les dizaines de millions de dollars supplémentaires servaient à la redistribution et aux rétrocommissions. D’autres part, SNC-Lavalin avait pour rôle de s’introduire dans certains gros marchés en tant que sous-traitant comme celui de la construction de l’autoroute est-ouest qui relie la frontière marocaine à la frontière tunisienne en passant par la périphérie de toutes les villes côtières. Les grands dirigeants de SNC-Lavalin se sont enrichis à titre personnel, comme Riad Ben Aïssa, ou l’ancien vice-président de SNC-Lavalin, Sami Bebawi. Le drame dans tout cela, c’est que les victimes que sont les pays-clients de cette multinationale, n’ont pas vu les responsables traduits en justice, puisqu’ils y ont échappé. Justin Trudeau - l’actuel Premier ministre canadien -,  a d’ailleurs joué un rôle significatif dans le fait qu’il n’y aura jamais de procès pour SNC-Lavalin au Canada.

Pensez-vous que le plaider-coupable puisse être un bon moyen de récupérer une part de ces pertes ?
De manière absolue, je suis contre la procédure du plaider-coupable dans les procédures judiciaires pour corruption. Cette procédure, qui prend de l’ampleur ces dernières années, permet aux multinationales reconnaissant des faits de corruption d’éviter des procès en contrepartie de très fortes amendes. Les Américains l’ont développé et leur Trésor s’est enrichi de plusieurs dizaines de milliards de dollars d’amende, la France a également récupéré une partie de l’argent qui lui revenait par ce biais. Mais, concernant les grandes affaires internationales de corruption, la procédure du plaider-coupable exclut le pays-victime. Si rien n’empêche que, dans ces affaires de corruption, l’Algérie s’engouffre dans les brèches du plaider-coupable, son système de justice mal en point n’est pas en mesure d’user efficacement  de ce moyen. Par ailleurs, il existe déjà une convention internationale mise en place depuis quelques années qui porte sur l’échange automatique des informations concernant les comptes bancaires des ressortissants étrangers. Or, l’Algérie n’a jamais voulu s’inscrire comme membre de cette convention contraignante, puisque les gouvernements de pays à fort déficit démocratique qui auraient pu la signer se seraient tirés une balle dans le pied. L’Algérie ne s’inscrit pas au niveau international dans cette politique de transparence fiscale, j’en veux pour preuve la liste des dignitaires algériens qui figurent dans l’affaire des Panama Papers.

Que préconisez-vous ?
Le gel des avoirs et leur recouvrement, pour moi, ne sont plus des urgences. Je m’inscris dans une dynamique à moyen terme qui voudrait qu’on commence à mettre fin à ce pillage en mettant en place des instruments nationaux inspirés des instruments internationaux. Et qu’on applique les lois qui existent, d’abord et avant tout ! Les procès qui impliquent d’anciens ministres et des oligarques, sont toujours bon à prendre s’ils peuvent nous permettre de récupérer une partie de l’argent, mais les avoirs étrangers dans les pays européens sont gigantesques et facilement identifiables. Il est temps d’ouvrir des enquêtes ! Par exemple, il y a une corruption énorme entre l’Algérie et l’Espagne depuis plus de vingt ans, et aucune enquête n’a été diligentée… qu’attendent ces gouvernements ?

Compte tenu de tout ce que vous venez d’exposer, pourquoi restez-vous en Algérie ?
C’est une question qu’on me pose souvent et j’y réponds toujours avec beaucoup d’émotion. Mes parents étaient des immigrés en France où je suis né. J’avais neuf ans lorsque j’ai découvert l’Algérie. Un an avant l’Indépendance, mes parents avaient décidé de s’y réinstaller de manière définitive. Je ne connaissais pas un mot d’algérien et j’ai découvert ce pays par la région des Aurès, une région de montagnes, de résistance et de rébellion, qui a payé un très lourd tribut pendant la guerre d’Indépendance. Grâce à des bourses du gouvernement algérien, j’ai pu suivre une scolarité complète, des études secondaires et universitaires. Mon pays m’a donc beaucoup donné, que pouvais-je lui rendre ? Ayant pu acquérir ces connaissances, ce savoir et cette expérience, et reçu une éducation d’humanisme, de solidarité et de partage,  je me devais de les lui redonner. J’ai pour ce pays un attachement viscéral et je ne pourrais jamais imaginer aller m’installer ailleurs. J’aurais l’impression de vivre une nouvelle déchirure.

Comment imaginez-vous l’Algérie dans 20 ans ?
Avant l’avènement du Hirak, j’avoue que je me demandais quand les Algériens allaient se réveiller. A titre personnel, toute ma vie a été un océan de risques, de répressions que mes proches et moi avons subis, et je désespérais de ce qu’il allait falloir encore endurer pour qu’une réaction se fasse sentir. La réponse est venue du côté tunisien : le Printemps arabe a été un révélateur et m’a redonné espoir. Quand le Hirak est né, je ne m’y attendais pas en termes de calendrier, mais je n’ai pas été surpris ; et ce que j’ai observé me fait croire et dire que nous allons vers un changement. Ce sera un changement profond, mais que je ne souhaite pas rapide, sinon cela voudrait dire qu’il pourrait être violent. Dans 20 ans, je ne serai probablement plus de ce monde, mais si les choses avancent positivement dans la région - même si la situation en Libye et en Égypte m’inquiète beaucoup -, je pense qu’un changement va s’installer de façon durable et définitive.

Matthieu Delaunay est sur Twitter

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