L’assistanat des riches nous coûte un « pognon de dingue » !

Une fois n’est pas coutume, j’emprunte ce titre à Jean Gadrey professeur honoraire d’économie. Prenons les choses sous un autre angle. Les riches coûtent à la nation un pognon de dingue de plus de 300 milliards par an, alors que l’ensemble des aides sociales est chiffré à 70 milliards. Les choix politiques de ces 40 dernières années sont à l’origine de cela. Il est temps de changer de cap.

Alors que l’aide sociale et les minima sociaux coûtent environ 70 milliards d’euros par an, l’assistance aux plus riches est de l’ordre de 150 milliards d’euros par an, hors fraude et évasion fiscale, et de l’ordre de 250 à 300 milliards d’euros en incluant ces fraudes.(article complet de Jean Gadrey)

Comme le souligne cet économiste en s’appuyant sur les études de l’observatoire des inégalités, les 500 top ultra-riches en France gagnent en moyenne 1670 fois plus que les plus pauvres.

Le tableau ci-dessous qu’il produit à l’appui de son article est édifiant pour exposer les écarts de rémunération des 51 millions d’adultes que compte le pays.

TableauPikett

Avec de nombreuses suppressions d’emplois au ministère des finances, les fraudeurs se libèrent.

Un rapport parlementaire de 2010 estimait que les « niches » accordées depuis 2000 représentaient un total de 100 à 120 milliards d’euros de pertes de recettes fiscales à la fin de cette décennie.

« Le premier des principaux postes de « coûts de l’assistance aux riches » est constitué des niches fiscales et des « niches sociales » (réductions ou exonérations de cotisations sociales). Certaines répondent à des objectifs d’intérêt général, comme les réductions d’impôt pour les dons aux associations ou pour des travaux d’isolation. D’autres bénéficient avant tout aux personnes plus riches et ne peuvent pas être considérées comme justes. D’autres vont aux entreprises, comme des crédits d’impôt ou des exonérations de cotisations sociales. Ces dernières sont le plus souvent défendues au nom de l’intérêt général (l’investissement, l’emploi, etc.) mais quand elles remplissent mal, ou pas du tout, ces missions, elles ne font que grossir les bénéfices non réinvestis et les dividendes et, in fine, c’est principalement dans la poche des riches qu’on les retrouve. »

Si on estime, en étant « modestes », que la moitié des quelque 200 milliards de niches fiscales et sociales relève de l’intérêt général, le reste est du cadeau sans contrepartie. On peut très bien évaluer l’impact de ces mesures en constatant, comme le Figaro, que la France est devenue championne du monde de la distribution de dividendes.

Donc il s’agit bien de résultats d’une politique orientée quasi exclusivement pour le bonheur des riches.

La crise des gilets jaunes porte cette rage contre cette politique qui conduit à capter les profits pour quelques-uns et à mutualiser les pertes sur tous les autres.

 

Donc oui, il faut renverser la table et changer de cap.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.