Faut-il partir à l’assaut des Agences Régionales de Santé ?

Les élus, députés et sénateurs, le gouvernement, fixent par la Loi le cadre de l’austérité imposée par les directives de l’Europe. Ils confient à des agences les basses besognes qui sont exécutées sans état d’âmes. Les agences Régionales de Santé sont devenues les nouveaux bourreaux des personnels de santé.

Trop souvent insensibles, autoritaires, arrogantes, suffisantes, etc. Existent-ils des mots assez durs pour qualifier, ou plutôt disqualifier ces nouveaux bourreaux des temps modernes ? Les élus, députés et sénateurs, le gouvernement, fixent par la Loi le cadre de l’austérité imposée par les directives de l’Europe. Ils confient à des agences les basses besognes qui  sont exécutées  sans état d’âmes. Lorsque les conséquences sont inavouables ces mêmes élus, qui votent l’austérité en haut, en dénoncent les effets en bas !

Dans le livre d'Alexandre Jardin, « Des gens très bien » l'on arrive à comprendre que « lorsque des gens très biens sont plongés dans un cadre maléfique, il n'est plus nécessaire d'être le diable pour le devenir ! »

En quelques sortes, les ARS sont les nouveaux diables des temps modernes pour les personnels hospitaliers.

Que ce soit en Région Rhones-Alpes-Auvergne à Montluçon ou dans la Normandie unifiée, à Aunay-Sur-Odon, et partout ailleurs, les personnels de santé peuvent mesurer au quotidien l'étendu des dégâts.

 

Pour ces serviteurs de l’innommable, le dialogue social est une insulte à leur bon sens !

La négociation une atteinte à leurs décisions ! La qualité du travail un luxe inutile. Les suicides de médecins, d'infirmières et autres personnels, des dégâts collatéraux. Les morts qui auraient pu être évités, des victimes du manque de chance !

Ils apparaissent comme insensibles à tout ceci car le cœur n'est pour eux qu'un organe fonctionnel. Les seules vibrations qui peuvent remonter au niveau de leur cortex est la douce sensation qu'ils ressentent lorsqu'ils enfoncent avec délectation les touches « - » et « / » de leur clavier numérique. Soustractions et divisions sont leurs opérations favorites! Les malades, les patients, les vieux, les personnels, les congés, les RTT, les repos, le droit, le code du travail, les statuts, la loi, les règlements, etc. , sont des coûts qu'il faut compresser quelles qu'en soient les conséquences.

Imposer sans discuter !

A Montluçon par exemple l'accord sur la restructuration de l'hôpital négocié et approuvé par la direction, les médecins et les syndicats est rejeté par l'ARS car il ne répond pas à l'objectif de 10 % de réduction de la masse salariale.

A Aunay-Sur-Odon en Normandie, l'ARS, après avoir fermé la maternité, le service des urgences, impose la fermeture du service de médecine le 3 août ! A moins de 3 mois de l'échéance les 40 agents ne savent toujours pas ce qu'ils vont devenir ! Les syndicats sont évités, les Comités Technique d’Etablissement et les Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail sont ignorés !

Dans toutes les régions de France les personnels peuvent rapporter des histoires identiques.

L'hôpital est laminé, pillé, disloqué ! La santé devient un produit financier comme le deviennent les risques psychosociaux, le « nouveau pétrole de l'industrie pharmaceutique » si l'on en croit la lecture du dernier livre d'Yves Clot « Le travail peut-il devenir supportable ? »

Les directeurs d’établissements ne décident plus de rien. Ils n’ont quasiment plus aucune marge de manœuvre. Que peut-on négocier avec ces exécutants si ce n’est les pertes d’emplois, le niveau de précarisation, ou la suppression de RTT ?

Alors faut-il partir à l’assaut des Agences Régionales de Santé ?

 

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