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Billet de blog 18 janvier 2015

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Des assassins respectables ?

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Au japon, Le ministère du travail a précisé que, durant la période 2005-2006, 32 000 employés (tous secteurs confondus) s'étaient suicidés. Un bilan (et un record mondial) inférieur à 2004 (33000 suicidés) mais, pour la huitième année consécutive, supérieur à 30 000 morts (trois fois le nombre de tués sur la route au Japon).[2]

Au Bangladesh, en 2013, un immeuble s'effondre à Dacca, la capitale, emportant la vie de 1135 ouvriers et faisant plus de 2 000 blessés. Dans ces ateliers installés sur huit étages, les petites mains du textile fabriquaient des jupes, des tee-shirts et des jeans bon marché pour une trentaine de marques occidentales comme Camaïeu, Primark ou encore Benetton.

En France, Au fur et à mesure de la progression des enquêtes - journalistiques mais aussi judiciaires dans certains cas -, le travail apparaît au centre du désespoir ayant poussé de nombreux salariés à mettre fin à leurs jours. Le décès par suicide est multiplié par deux pour les chômeurs.

Des cadences japonaises en passant par les esclavagistes du Bangladesh qui travaillent pour des revendeurs occidentaux, aux employeurs français qui intensifient le travail pour dégager toujours davantage de bénéfices, aux élus du peuple qui imposent davantage d’austérité, ils sont tous responsables de cette insuportable spéculation assassine. Les armes ne sont pas les mêmes mais les résultats sont identiques. La vie d’un homme, d’une femme ou d’un enfant n’a donc que peu de valeur ?

Amalgame insupportable ? Oui certainement pour ces bourreaux en cravates ! Mais si le travail tue, qui est le coupable ?

Y a-t-il des assassins plus respectables que d’autres ?

La kalachnikov est bien plus impressionnante que le burnout ! Le porteur de kalachnikov est rapidement identifiable. Mais qui est aujourd’hui le véritable commanditaire du burnout, des suicides au travail ? Peut-être pas directement les patrons d’entreprises qui sont devenus progressivement des collecteurs de dividendes qui imposent des cadences toujours plus importantes. L’appétit des spéculateurs en tout genre est devenu tout à fait insatiable ! C’est le monde de la finance que défend notre gouvernement ? « Cette spoliation de notre économie réelle par des banques qui spéculent avec nos revenus conduit au monde qui vient de se réveiller dans la stupeur de la barbarie sanguinaire. Mais lorsque l’homme n’a plus rien à perdre que représente la vie ? »[3]

L'inégalité explose tous les records et de plus en plus de personnes n'ont plus le sens de la vie.

Les 1 % les plus fortunés posséderont bientôt la moitié de la richesse mondiale

Oui ce monde absurde est une construction machiavélique qui ne cherche qu’à générer des profits pour quelques uns au détriment de tous les autres. Les autres ? C’est nous, les salariés, les chômeurs, les retraités, les artisans, les professions libérales tous ceux qui ne vivent pas de rentes mais de leur travail. La classe des travailleurs.

Machiavélique ? Car à leurs pieds, pour quelques miettes, se couchent la racaille, les traites, les rampants, ceux qui chaque jour divisent l’esprit collectif du travail pour que triomphe l’individualisme du capital.

Ils sont collègues triomphant dans les entretiens d’évaluation, cadres lobotomisés aux pratiques d’objectifs, directeurs mercenaires bourreaux d’exécutifs, parlementaires godillots déconnectés de l’humanité nécessaire pour faire société.

Oui vous l’avez compris vivre debout ce n’est pas user de sa « hauteur » pour écraser le plus faible, ce n’est pas accompagner la barbarie et l’infamie des assassins du monde. C’est prendre conscience de notre condition, de notre identique condition pour se lever et combattre aujourd’hui tous ceux qui veulent briser l’œuvre collective.

Allons enfants de la liberté ! Debout !


[1] Le Japon ne veut pas voir ses «karoshi» . Libération

[2] Le peuple debout devant des gouvernants à plat ventre ! blog médiapart Denis Garnier 11 janvier 2015

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