La guerre des vaccins: un enjeu démocratique

Au pouvoir bancaire explosant à la face du monde en 2007/2008, aux accords de « libre-échange » supprimant les réglementations nationales et le pouvoir des États, s'ajoute en 2020, la tutelle de l'industrie pharmaceutique sur la santé des populations. Toutes ces conquêtes du néolibéralisme installent progressivement l’autoritarisme, voire le totalitarisme. La démocratie est en danger.

Avertissement : La première partie de cet article est largement extrait de la revue « Alternatives Économiques » : « Covid-19 – AstraZeneca-Oxford, un vaccin miracle pour les pays en développement ? » par Thomas Abgrall 13/01/2021

__________

Nous ne saurons probablement jamais ce qui se cache derrière la guerre des vaccins qui oppose, ou complète, les différents laboratoires pharmaceutiques dans le monde, le coût se situant entre 3 à 4 dollars et 37 dollars par dose !

L’agence britannique du médicament (MHRA) a donné le feu vert à l’utilisation du vaccin d’Oxford-AstraZeneca. Un aboutissement pour l’équipe du centre de recherche de l’université d’Oxford fondé en 2005, qui a conçu le produit. Les chercheurs se sont mis à l’ouvrage dès la mi-janvier 2020.

Le groupe britannique est aujourd’hui en mesure de fournir près de 3,5 milliards de doses du vaccin AZ1222. Il s’agit de la plus grande capacité annoncée à ce jour parmi les quinze vaccins les plus avancés. Le modèle économique d’AstraZeneca consiste à vendre des vaccins moins coûteux, mais à une très large échelle, alors que ses autres concurrents directs, Pfizer et Moderna, ont choisi de produire moins de doses à un prix élevé.

Les deux vaccins mis au point par Pfizer et Moderna s’appuient sur la technologie innovante de l’ARN messager, et nécessitent sur le long terme une conservation à très basse température (- 70 °C pour le premier, – 20 °C pour le second). Celui d’Oxford, qui utilise une technologie plus traditionnelle, peut être conservé à une température située entre 2 et 8 °C.

Le coût de chaque dose du vaccin d’Oxford-AstraZeneca se situera autour de 3 à 4 dollars (deux doses étant nécessaires), tandis que pour Pfizer et de Moderna, il est estimé respectivement à 19,50 et entre 25 et 37 dollars par dose.

En outre, même si, en théorie, le vaccin sera sur le long terme accessible au prix coûtant aux pays à revenu faible et intermédiaire, il est peu probable que les plus pauvres d’entre eux en bénéficient en 2021. « Les accords de partenariats conclus jusqu’à présent par AstraZeneca concernent surtout de gros pays émergents, qui pourraient être à leur tour faire preuve de nationalisme vaccinal de la même manière que les pays développés. Les pays les plus pauvres risquent finir en queue de peloton »

__________

Commentaire :

La crise économique des « subprimes » a démontré, que la faillite d’une seule banque américaine pouvait entraîner une crise économique mondiale. Cela signifie que les banques constituent un réseau en dehors du contrôle des États. Depuis, il est apparu que ce sont les banquiers qui contrôlent les États, à l’image de la France de Bercy en France. En effet, le ministère des Finances est devenu un berceau du pantouflage des inspecteurs qui passent alternativement d’une banque privée au ministère public. (« LA CASTE », Enquête sur cette haute Fonction publique qui a pris le pouvoir » – Laurent Mauduit – Editions « La découverte »-Paris 2018).

La crise sanitaire de la COVID-19, démontre combien l’industrie pharmaceutique à mis la main sur la santé publique (« Une mine d’or pour les laboratoires »– Le monde diplomatique-avril 2020). En effet, « L’industrie pharmaceutique décide, les gouvernements abdiquent ! » (30 octobre 2020).

Ce rapprochement de faits, entre les banques et l’industrie pharmaceutique, démontre la puissance du monde de la finance sur celui des États. Si l’on ajoute à cela, les accords de libre-échange de ces dernières années, supprimant les réglementations nationales susceptibles de gêner l’importation des biens, des services, de la main-d’œuvre et des capitaux étrangers, nous pouvons nous demander si nous sommes encore en démocratie ! Le néolibéralisme est aussi dangereux pour la démocratie que le totalitarisme, ou bien encore l‘autoritarisme.

En France, contrairement à tous les autres pays d’Europe,

c’est un Comité de défense, dont les membres sont tenus au secret, qui préside tous les choix politiques sur la pandémie, écartant de fait le Parlement. Nous sommes passés sous la coupe d’un régime autoritaire, qui défend le néolibéralisme.

La démocratie est en danger !

__________

notice: Si vous avez la curiosité de cliquer sur tous les liens et de lire les articles qui s’y rapportent, vous serez plus riche de savoirs et donc plus libre. Le néo-libéralisme, comme le fascisme, sont des atteintes graves à la liberté des peuples de décider par eux-mêmes. Ils doivent se combattre.

__________

COVID-19, démocratie, néolibéralisme, vaccin

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.