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Billet de blog 20 juil. 2015

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Une taxe de 0,038% sur la spéculation et c'est le plein emploi sur la planète !

Le volume des transactions sur le marché des changes a bondi de plus de 30 % depuis 2010, pour atteindre 5.300 milliards de dollars par jour en avril 2013. Il faut avoir du courage de placer l'économie au service de l'homme et non de laisser la place aux joueurs de casino qui s'enrichissent sur le dos ce ceux qui travaillent. Quel candidat va oser s'attaquer au monde de la finance en 2017 ?

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Cet article est extrait de mon article de fond:  "Le chômage, la dette, la Grèce, des affaires bien rentables !"

La révolution numérique est un formidable accélérateur pour la spéculation

« De la même façon que la machine à vapeur puis l’électricité ont rendu possible l’apparition de l’usine, puis de la firme géante, entraînant la concentration des emplois dans les villes et les banlieues, l’Internet et la révolution numérique déterminent peu à peu la base organisationnelle d’une « nouvelle économie » fondée sur le réseau.» [1]

Le marché financier est réellement devenu planétaire grâce à la création de systèmes de communication qui relient les places financières entre elles 24h sur 24h. Des placements sont effectués à la nanoseconde pour parier à la baisse ou la hausse sur des valeurs d’entreprises ou des matières premières avec des paiements différés qui permettent d’encaisser des plus values sans avoir besoin d’avancer le moindre centime. Avec cette révolution numérique les outils spéculatifs se sont développés pour atteindre des sommets qui dépassent de très loin l’économie réelle, c'est-à-dire celle qui est faite de salaires , de dépenses, d’investissement, d’impôts, etc.

Selon la Banque des règlements internationaux (BRI), le volume des transactions sur le marché des changes a bondi de plus de 30 % depuis 2010, pour atteindre 5.300 milliards de dollars par jour en avril 2013.

5.300 milliards de dollars par jour, c’est presque 2 millions de milliards par an, soit 25 fois le PIB mondial nominal en 2013 (73.000 milliards), rien que pour les échanges de devises ! [2]

graphique n°2 : volume des échanges de devises sources FOReign EXchange market

Cela revient à dire que les simples échanges de devises représentent 25 fois l’économie réelle ! Si l’on ajoute à cela l’ensemble des transactions qui ne sont pas directement rattachées à l’économie réelle des ménages et des entreprises, c'est-à-dire à l’activé économique traditionnelle, nous atteignons des sommes qui dépassent l’entendement.

La même Banque des Règlements Internationaux (BRI) vient de publier une étude statistique sur le montant des produits dérivés dans le monde à la fin 2013, et ceux-ci atteignent le montant incroyable de 710.000 milliards de dollars (710.000.000.000.000 dollars). (Les produits dérivés sont des outils spéculatifs dont la valeur fluctue en fonction de l'évolution du taux ou du prix d'un autre produit et qui ne requierent aucun placement net initial ou peu significatif et dont le paiement s'effectue à une date future. pour plus d'information cliquer ici)

Pour prendre un élément de comparaison, le PIB des Etats-Unis en 2013 se monte à 16.000 milliards de dollars, soit 44 fois moins, celui de la France à 2000 milliards soit 355 fois moins ! Les 300 milliards de la dette Grecque représentent 0,042% des produits dérivés!

Un autre élément de comparaison ; en clair une simple taxe de 0,038% par an sur les produits dérivés permettrait d’éliminer la faim dans le monde d’ici à 2030. [3]

Ceci ne serait pas grave si la crise de 2007 n’avait pas plongé tous les Etats dans une crise financière assimilée à celle de 1929. Les conséquences de la faillite de la banque Lehman Brothers sur la France sont terribles :

  • « Le nombre de chômeurs au sens du Bureau International du Travail (BIT) est ainsi passe de moins de 2 millions à près de 2,8 millions, une hausse de 40% entre mi 2008 et mi 2014. Le taux de chômage est ainsi passé de 7,3% à 10,2% de la population active
  • Mi 2008, la dette publique brute de la France s'établissait à 1,294 milliards d'euros (65,2% du PIB). La barre des 2 milliards d'euros et les 95% du PIB ont été passés allégrement. Les niveaux de déficits prévus pour l'avenir ne permettent aucunement de maîtriser cette dette.
  • Les prélèvements obligatoires ont notamment fortement augmenté sous les gouvernements Fillon et Ayrault ». Plus 140 milliards par an et 1,7% de PIB. » [4]

A partir le la faillite de la plus grosse banque américaine, transformée en casino pour quelques uns, ce sont les peuples et les Etats qui doivent éponger les pertes par les impôts, les taxes nouvelles, le chômage et la précarité ou par la privatisation des services publics ou la vente à perte des éléments de son patrimoine (autoroutes et aéroport de Toulouse par exemple)

Ce système est le résultat de le servilité de tous nos élus qui chacun, à leur niveau, se couche devant le compromis au lieu de se lever contre l'infamie. Que l'on ne s'y trompe pas. La gauche reprend naissance dans les pays d'Europe qui ont connu l'extrême droite et son indéfectible soutien au capitalisme financier. En France ce ne doit pas être un passage obligé. Mais pour cela il faut avoir du courage de placer l'économie au service de l'homme et non de laisser la place aux joueurs de casino qui s'enrichissent sur le dos ce ceux qui travaillent.

Ma  chère Députée, mon cher Sénateur regardez le résultat de vos successives décisions !

(ce graphique est extrait d'un rapport parlementaire : http://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r1939.asp)

Pour vous mettre encore plus en colère : "La taxation des dividendes abandonnée par le gouvernement"

La France doit provoquer la nouvelle révolution qui sera celle d'une meilleure répartition des richesses et une séparation totale entre l'économie réelle et les joueurs de casino qui imposent aux Etats d'éponger leurs pertes tout en conservant les bénéfices.

Je voterais pour ce candidat s'il explique sa méthode et son échéancier dans le cadre d'une Europe réformée.


[1] « Impacts économique de la révolution numérique » Pierre-Alain Muet - Président de l’Association Française de science économique - 54ème congrès -2005

[2] Alternatives Economiques Jean Gadrey « La finance pèse-t-elle 100 fois plus que l’économie réelle ? 10 fois plus ? Bien moins ? » sept 2014

[3] Le Monde - 11 juillet 2015 - « Au prix d’un investissement de 267 milliards de dollars (239 milliards d’euros) par an pendant les quinze prochaines années, il est possible d’éliminer la faim dans le monde d’ici à 2030, estime l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans un rapport présenté vendredi 10 juillet. »

[4] « Les huit conséquences désastreuses de la crise de 2008 sur la France » La Tribune- 15 septembre 2014

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