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Billet de blog 12 novembre 2014

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Un maudit des lettres belges. À propos de Jean-Philippe Duchesne.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les excellents travaux de Pascal Brissette[1] ont, au cours de ces dernières années, contribué à objectiver les mécanismes sociologiques et rhétoriques de constitution d’une véritable mythologie de la malédiction littéraire. Supportée par des discours allant du témoignage au récit fictif et fondés sur les trajectoires amères d’écrivaillons mort-nés ou d’étoiles filées aussitôt aperçues, celle-ci développe ses figures en quelque zone où la littérature trouve à se développer. De cette façon, au rang des vrais maudits des lettres francophones de Belgique, le Liégeois Jean-Philippe Duchesne occupe une place de choix : né le 15 février 1954 – soit le même jour que Matt Groening, le génial créateur des Simpsons et de Futurama –, Duchesne est l’auteur d’une œuvre fragmentaire, en partie perdue et totalement inédite (à notre connaissance), laissée inachevée par son suicide le 26 mai 1985.

Fils d’ouvriers (son père, d’abord mineur, sera employé à partir de 1960 par la société sidérurgique Cockerill, tandis que sa mère travaille à la FN), Duchesne passe son enfance dans la banlieue liégeoise d’Herstal. Comme son frère aîné, Jacques (né en 1952 et décédé en 2001), il effectue son cursus primaire à l’école communale d’Hayeneux, aujourd’hui disparue. Si les registres d’inscription de l’établissement ont été conservés et sont consultables sur demande à l’hôtel de ville[2], il n’en va pas de même des bulletins délivrés par l’institution : il est donc impossible d’évaluer qualitativement cette expérience fondamentale, sauf à remarquer, sur la base des différents registres dépouillés, que l’aîné a été contraint de recommencer sa troisième année, tandis que le parcours du cadet s’est effectué sans encombre. Nous disposons de plus d’informations au sujet du cursus secondaire de Duchesne, qui se déroula au Collège Saint-Lambert de la même cité suburbaine[3] : à en croire ses carnets de notes, le jeune homme, inscrit au programme de lettres classiques qu’il mènera péniblement à bien[4], est un élève travailleur et attentif à défaut d’être brillant. Son professeur de mathématiques, à la fin de la troisième année, loue de cette façon une « abnégation qui a permis de redresser la barre » (la moyenne de l’intéressé dans cette discipline passe de 9, pour le premier carnet, délivré à la mi-octobre, à 13/20 aux examens de juin).

Ce sont sans doute ses résultats honorables dans le cadre du cours de français et les encouragements de son professeur de rhétorique, M. Desonay — qui, comme commentaire global de l’examen final, souligne les « nombreux efforts fournis » par l’élève Duchesne et son « intérêt pour la littérature, qu’il convient d’entretenir » —, qui conduisent Jean-Philippe Duchesne à s’inscrire en section de Philologie romane à l’Université de Liège, en septembre 1972. Le jeune homme n’y fera qu’un passage de courte durée, mais entame dès son inscription un journal intime : celui-ci constitue à la fois un précieux document concernant la trajectoire de l’individu et un témoignage souvent touchant d’une expérience de décalage social[5]. Durant son année en candidature, Duchesne lit et apprend beaucoup, multipliant les manifestations d’enthousiasme et de surprise : « Apprendre une nouvelle langue, quel défi exaltant ! » (jeudi 28 septembre 1972) ; « Découvert aujourd’hui le “Cantique de Saint-Jean” de Mallarmé. Difficile mais tellement beau » (mercredi 20 décembre 1972) ; « Achevé L’Assommoir de Zola ; quel grand livre ! » (mardi 6 février 1973) ; « Premier cours dédié à L’Assommoir : le roman me plaît davantage encore » (mardi 13 février 1973) ; « Dans le bus : échangé quelques mots d’italien avec une inconnue durant le trajet retour vers Herstal. Je n’aurais jamais pensé en être capable si rapidement » (vendredi 23 mars 1973). Inévitablement, la découverte de ce nouveau milieu recèle également son lot d’inquiétudes et d’incompréhensions : « Mes condisciples m’impressionnent. Crainte de ne pas être à la hauteur » (mercredi 20 septembre 1972) ; « J’ai bien perçu le sourire mauvais de F.S. à mon égard. Pimbêche » (lundi 20 novembre 1972) ; « Incapable de comprendre ces exercices de linguistique diachronique. Personne pour m’y aider » (vendredi 2 mars 1973) ; « Les examens approchent et je ne sais comment les aborder. Je ne sais pas non plus à qui m’adresser pour obtenir des conseils » (jeudi 3 mai 1973). À la date du 1er juin 1973, ces craintes sont confirmées à l’occasion d’un examen d’Analyse textuelle vécu comme une humiliation, et dont Duchesne fait état de façon presque pathétique :

D. m’a interrogé sur Spleen de Baudelaire. Je croyais être parvenu à restituer ce qu’il nous avait expliqué lors de sa leçon sur le poème, mais il m’a cuisiné [sic] sur le mot “chauve-souris”, en me demandant de lui en exposer la valeur. Je suis presque sûr qu’il n’en avait pas dit un mot en classe. Il s’est moqué de moi quand j’ai eu le malheur de parler de Dracula, et m’a dit que j’aurais été plus inspiré de compulser les publications scientifiques relatives aux textes étudiés durant l’année, et en particulier les siennes. J’ignorais qu’il avait écrit sur le sujet[[6]]. Je m’en veux de ne pas m’être renseigné. Quel imbécile je fais.    

Duchesne ne réussit que les examens liés au cours d’italien professé par Albert Maquet et d’Histoire de la littérature française d’André Vandegans, et ne se présente pas à plusieurs épreuves. Celui dont les professeurs de secondaire louaient l’« abnégation », déçu de ses résultats et de lui-même, ne s’inscrit pas en seconde session. Dans son journal, on ne trouve, au mois d’août 1973, qu’une note minimaliste et terrible à la fois : « Dégoût. Repos. »

Ce rendez-vous manqué avec les études littéraires n’incite pas Jean-Philippe Duchesne à s’inscrire dans un autre cursus, et, dès le mois d’octobre 1973, le jeune homme se résout à vivre de petits métiers, qui lui permettent de financer son départ du foyer familial et de s’adonner, durant son temps libre, à une passion pour la lecture qui s’est affermie au cours de l’année qui vient de s’écouler. Il sera garçon de café dans plusieurs établissements liégeois, livreur de journaux, veilleur de nuit et même, sporadiquement, membre du personnel d’entretien de différentes résidences d’Outremeuse. Sur le côté, il se passionne rapidement pour les auteurs dits « fin de siècle », dans lesquels il reconnaît certains de ses propres traits. Muni d’une carte de lecteur à la bibliothèque publique des Chiroux, il dévore, en plus des grands noms de l’époque (Mallarmé, Huysmans et Laforgue en particulier), les œuvres de Jean Lorrain, Ephraïm Mikhaël, Marcel Schwob, Édouard Dubus, Jean de Tinan et celles du Liégeois Albert Mockel. Ses journaux sont remplis de brèves remarques concernant ses lectures, qu’il évalue volontiers dans un style directement hérité de la tendance du carnet de notes[7].

En décembre 1973, Duchesne découvre Le Pays où tout est permis de Sophie Podolski, dont la deuxième partie vient alors d’être publiée dans le numéro 55 de la revue Tel Quel. Troublé, il écrit une lettre brève à sa compatriote, dans le but d’engager un dialogue :

Chère Sophie, Je vous ai lue dans la revue de Philippe Sollers et j’ai été très impressionné par votre prose. Nous devons avoir presque le même âge et je pense que nous aurions des choses à nous dire. Connaissez-vous Liège ? Il y a des endroits formidables, où l’on serait très heureux de vous accueillir. Moi-même je serais très heureux que vous me répondiez, que nous échangions. Vous voulez bien ? Jean-Philippe Duchesne[8]

Nous ne sommes pas en mesure de communiquer la réponse de Sophie Podolski, mais une seconde lettre de Duchesne, en janvier 1974, indique que la poétesse a répondu favorablement – et de façon énigmatique – à sa demande :

Chère Sophie, Mille mercis pour votre réponse. Je ne suis pas certain d’avoir saisi tout ce que vous exprimez dans votre lettre, mais je choisis de considérer que vous acceptez que nous échangions. C’est formidable ! Je vous enverrai bientôt quelques ébauches de poèmes : si vous le souhaitez, vous me donnerez votre avis. Joyeuse année à vous, chère Sophie, Jean-Philippe  

L’envoi de ladite missive est pour le moins malheureux, puisqu’on sait que Sophie Podolski se donnera la mort à la fin de l’année 1974. Il faut relever ici la mention de ces « ébauches de poèmes » que promet Duchesne et au sujet desquels on ne sait que peu de choses : à la même époque, en effet, le jeune homme indique dans son journal qu’il « travaille à des petits textes en vers et en prose » (dimanche 23 décembre 1973), dont les résultats sont d’après lui « souvent désespérants » (mardi 22 janvier 1974), mais il n’annonce que certains titres de ces expérimentations réalisées en d’autres lieux[9] et qui sont de toute façon perdues. En janvier 1975, informé du suicide de sa correspondante le mois précédent, Duchesne note : « Appris aujourd’hui le décès de S. Podolski. Tristesse de ne pas l’avoir rencontrée » (samedi 25 janvier 1975).  

Des carnets conservés de Jean-Philippe Duchesne, le plus intéressant s’amorce en réalité à partir de 1975 : non content de retracer quotidiennement l’avancement d’un projet poétique qui continue à se développer dans la déception, Duchesne commence, en mars 1975, à coucher dans son journal de petits textes en vers, notules parapoétiques qui disent autant l’état d’esprit maussade de leur auteur que son obsession d’une pratique poétique censée intervenir en tout lieu. Une étude plus systématique des formes et logiques de ces micro-poèmes nous paraîtrait intéressante, qui, en incluant une dimension comparatrice, permettrait d’affiner le portrait de l’auteur et de mieux le situer, notamment par rapport à (et en marge de) ses influences. Citons, sans développer ici l’analyse, quelques extraits : « Je n’aspire à rien / Sinon à m’extraire / Le plus rapidement / De cette tourbière » (mardi 26 mars 1975) ; « Pourquoi faut-il / Toujours / Que tu me dises / Jamais ? » (samedi 1er novembre 1975) ; « Vespéral et électrique / Le train de mes désirs / Déraille au nadir / De ton non hypnotique » (samedi 7 février 1976) ; « Le Vernis du Japon a fleuri dans tes yeux, / À trop heurter nos sens et délier nos airs, / Il oriente nos pas, accompagne nos vers : / Et nous craignons le sort de nous y noyer à deux » (lundi 1er mars 1976). Des quatrains du même genre apparaissent jusqu’en décembre 1982. Il faut bien le dire, ceux-ci laissent également un goût de trop peu, à plus forte raison en comparaison des réalisations que Duchesne, de façon un peu grandiloquente, annonce parfois au détour d’une page : « Achevé les deux cent premiers vers de mon “Cri du damné”. Pas encore satisfait, mais cela prend forme » (samedi 1er novembre 1975, sous le deuxième quatrain susmentionné, séparé de cette note par une succession de cinq petites croix) ou « Projet de geste wallonne en alexandrins » (dimanche 4 avril 1976).

Outre ces petits textes et ces entreprises embryonnaires, Duchesne se révèle, sans en prendre conscience, un chroniqueur original de certaine vie culturelle liégeoise de son époque. Curieux et passionné, il veut goûter au dynamisme des espaces quasi-magiques dont il entend parler par la bande, au gré de ses petits boulots. Il se mêle, en spectateur, au Cirque divers (créé en janvier 1977 dans le quartier dit « Roture »), au CCC (le Centre Communautaire du Cadran) ou au café Le Pot-au-lait, excroissance du Trou Perette ouverte en 1979. Toujours très brièvement, il livre le récit des soirées qui se donnent en ces différents lieux : « Lecture de jeunes poètes au CD. Pas très bons mais très sûrs d’eux » (samedi 22 octobre 1977) ; « Vu Pain et chocolat au Parc. Assise à ma hauteur, une dame seule, d’une cinquantaine d’années, pleurait » (vendredi 7 décembre 1979) ; « Beaucoup de gens (saouls) au Pot pour l’anniversaire d’une Christine. Pas osé dire que c’était aussi le mien, hier » (samedi 16 février 1980). Au fil de ces fragments d’une histoire de la ville, ce sont aussi, naturellement, de petits portraits qui se dessinent : Michel Antaki, monsieur loyal du Cirque divers, est décrit comme un « petit bonhomme pince-sans-rire et très affairé » (dimanche 13 mars 1977) ; l’éditrice Françoise Favretto est une « belle dame » à laquelle « il faudrait […] faire lire [ses] poèmes » (vendredi 5 octobre 1979) ; le musicien expérimental Jean-Marie Mathoul « un génie et un fou » (lundi 8 octobre 1979) ; le poète François Jacqmin un « moineau sobre, trop sobre pour être vraiment poète » (jeudi 9 avril 1981). On le voit avec ces seuls extraits, les journaux de Duchesne sont ceux d’un individu à la recherche d’une position, d’un ancrage dans un monde qu’il a parfois l’impression de traverser sans avoir l’occasion d’y jouer un véritable rôle. Un passage du journal, entre tous, est significatif à cet égard, qui dit toute la déréliction de Duchesne et sa terrible lucidité. Le samedi 17 mai 1980, de retour de soirée, ce dernier note laconiquement : « Fatigue de ces festivités où je n’existe pas. Tout le monde me salue, mais personne ne me parle. »

Devenu, par la force des choses, un habitué des lieux de sociabilité culturels liégeois, Duchesne n’en est qu’un passant fort peu considérable, lecteur boulimique et admirateur conscient de sa propre insignifiance. Si, comme en témoignent plusieurs extraits susmentionnés, il fait souvent montre d’une timidité certaine, le jeune homme semble avoir quelquefois osé : il mentionne dans son journal plusieurs envois de textes (non titrés) à différentes revues littéraires, culturelles et alternatives, de tous bords et de toutes envergures (d’Odradek, fondée par Jacques Izoard, à La Cigale sous acide, organe éphémère du groupuscule potache FurOncle). S’il a reçu quelque réponse – ce qui paraît peu probable –, Duchesne ne l’a jamais indiqué dans ses carnets.

Ignoré par ses congénères, lui-même était avant tout porté par l’intérêt créatif qu’il trouvait en chacun. Lassé sans doute de n’être rien aux yeux de ceux qu’il admirait, Duchesne cesse, en plus de ses notes de lecture, toute mention d’activité culturelle à partir de 1983. En observateur attentif des autres, il lui arrive alors de transformer malgré lui son journal en potinière. Ce n’est de cette façon pas sans un certain amusement rétrospectif, qu’on lit, à la date du 11 janvier 1984 : « Au Delft, au moment où je dépose sa bière à l’inconnu assis face à J[acques] I[zoard], ce dernier soupire qu’“il commence à en avoir sa claque de ce Hervé”[10] ». De 1983 à la date de son suicide, les notes de Duchesne sont plus éparses et l’économie de moyens qui caractérise son style est portée à son comble. Du mois de juin 1984 à février 1985, on ne trouve presque rien dans son journal, hormis des rappels professionnels et autres listes de courses. Le 26 mai 1985, à la date où Jean-Philippe Duchesne choisit de se donner la mort, suivant en cela l’exemple de celle qui fut peut-être sa seule correspondante littéraire, le journal comporte une note édifiante : « La vie que je refuse est le plus terrible argument contre moi-même. » Il s’agit d’une citation approximative de René Crevel, qui, à l’occasion de l’enquête sur le suicide parue dans le deuxième numéro de La Révolution surréaliste (daté du 15 janvier 1925) avait en réalité écrit : « La vie que j’accepte est le plus terrible argument contre moi-même. » C’est, dès lors, sur une erreur de copiste que Duchesne quitte une scène à l’avant de laquelle il n’a jamais été, achevant en cela sa propre malédiction sur un dernier ratage.     


[1] Voir notamment La malédiction littéraire. Du poète crotté au génie malheureux, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, « Socius », 2005 et « Poète malheureux, poète maudit, malédiction littéraire », dans COnTEXTES, Varia, mai 2008, URL : http://contextes.revues.org/1392.

[2] Service des archives, section enseignement. 

[3] Notons que, plus que par des raisons idéologiques, le transfert des fils Duchesne du réseau scolaire dit « officiel » vers le réseau « libre » est probablement motivé par une dimension pratique, la maison familiale de la rue Marexhe se trouvant littéralement à un jet de pierre du collège catholique, contrairement à l’athénée de la ville, plus éloigné.

[4] Bons durant les deux premières années, ses résultats sont satisfaisants jusqu’en sixième (sa moyenne en latin est de 13/20, en grec de 12/20), où il éprouve des difficultés à maintenir le cap, obtenant parfois des notes insuffisantes dans les deux branches, pour parvenir péniblement à un 11/20 à l’examen final de grec et à un 10/20 à celui de latin.

[5] Tous nos remerciements vont ici à François Duchesne, fils de Jacques Duchesne, qui a conservé plusieurs documents relatifs à son oncle et nous a autorisé à les consulter et à les citer partiellement.

[6] Dans la 13e livraison des Cahiers d’Analyse textuelle (Les Lettres Belges, Liège, 1971), Paul Delbouille, agrégé de faculté, était en effet revenu, à l’occasion d’une contribution intitulée « De l’interprétation des poèmes », sur une lecture du poème Spleen (« Quand le ciel bas et lourd… ») proposée par Michael Riffaterre et qu’il réfutait. 

[7] Certains de ces commentaires sont plutôt amusants : « Huysmans : À rebours – 16/20 ; la neurasthénie de Des Esseintes m’est familière : s’il avait vécu à Herstal, le malheureux se serait suicidé après vingt pages » (mardi 14 mai 1974) ; « Jean de Tinan : Penses-tu réussir ! – 15/20 : ce titre est fait pour moi. Quel ironisme [sic] ! (samedi 3 août 1974) » ; « Jules Laforgues [sic] : Moralités légendaires – 17/20 : quel curieux mélange d’humour, de beauté et de cruauté dans l’histoire d’Hamlet. Il faudrait maintenant comparer avec la version de Shakespeare » (dimanche 4 janvier 1976) ; « Marcel Schwob – Vies imaginaires : 13/20. Cela commence bien avec Empédocle et Erostrate, mais fréquent ennui. Ne vaut pas le Hamlet de Laforgue ni même celui de Shakespeare. Se renseigner sur Nicolas Loyseleur » (vendredi 17 septembre 1976). 

[8] Cette lettre et la suivante sont les deux seules conservées dans le dossier Sophie Podolski contenant le manuscrit du Pays où tout est permis, aux Archives et Musée de la Littérature (AML) de la Bibliothèque Royale de Bruxelles. Nous les avons découvertes tout à fait par hasard, à un moment où nous travaillions sur Sophie Podolski ; c’est de ce hasard qu’est née la présente notule. Nous nous permettons de renvoyer à notre article « Sophie Podolski, maudite petite belge », dans @nalyses. Revue de critique et de théorie littéraire, vol. 8, n° 1, « Les éclats de la violence », dirigé par Marie-Hélène Larochelle, hiver 2013, p. 35-54.

URL : <https://uottawa.scholarsportal.info/ojs/index.php/revue-analyses/article/view/835>  

[9] « J’ai réécrit “Rêve d’améthyste” et ne suis pas mécontent » (mercredi 23 janvier 1974) ; « Je n’arrive toujours pas à finir “Obsession toscane”, j’ai passé deux heures à le travailler en vain » (jeudi 7 mars 1974) ; « Je renonce à achever “Ronronnement”, ça ne mène à rien… » (lundi 11 mars 1974). 

[10] Au moment où nous consultions les carnets de Jean-Philippe Duchesne, la correspondance d’Hervé Guibert et Eugène Savitzkaya sortait des presses. Dans sa lettre du 10 janvier 1984, Savitzkaya écrit « J’ai été terriblement ébranlé après ton coup de téléphone, annoncé par Jacques avec une moue bizarre, d’avoir entendu ta voix mal assurée, presque geignarde. » (Lettres à Eugène, Paris, Gallimard, 2013, p. 58, nous soulignons.)

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