La Dame aux allumettes

Andersen avait refroidi l’atmosphère pour un conte célèbre; le PS à réchauffé sa planète sans réchauffer les cœurs.Ainsi une Dame s’impose ; on l’attendait par la sacristie… elle rentre par la grande nef.Il faut se rappeler d’une après-midi à la Mutualité, jour de gloire, où sa sortie, par une porte dérobée, en voiture – avec une gerbe blanche sur la «plage» arrière – ouvrait à la mariée le chemin du populisme.Car il s’agit bien de populisme, même chez les socialistes ! La Dame a mis le feu à la «vieille maison»…peut-être avant d’en faire table rase.

Andersen avait refroidi l’atmosphère pour un conte célèbre; le PS à réchauffé sa planète sans réchauffer les cœurs.
Ainsi une Dame s’impose ; on l’attendait par la sacristie… elle rentre par la grande nef.

Il faut se rappeler d’une après-midi à la Mutualité, jour de gloire, où sa sortie, par une porte dérobée, en voiture – avec une gerbe blanche sur la «plage» arrière – ouvrait à la mariée le chemin du populisme.

Car il s’agit bien de populisme, même chez les socialistes ! La Dame a mis le feu à la «vieille maison»…

peut-être avant d’en faire table rase.


Les villes en « R » ne réussissent donc pas au parti socialiste. Que personne ne choisisse, à l’avenir, Rouen, Roanne, Roubaix…et La Rochelle suffit, chaque été, pour ausculter le malade.
Trop d’allumettes se sont enflammées depuis 2006 et l’incendiaire consume le parti de Jaurès, de Blum et de Mitterrand comme brûle l’encens : lentement mais sûrement ; l’incendiaire hume le parfum ensorcelant et euphorisant qui plonge les survivants dans le coma dépassé. Histoire d’un crime ou… « scène de crime » sans armes.
Pour la première fois dans l’histoire des socialistes français, un congrès a emprunté le chemin de la haine et pour la seconde fois, mais en pire, s’est conclu sans majorité ou synthèse.
Ne pas avoir de majorité à Reims, comme à Rennes, n’est pas, en soi, d’une importance capitale ; lamentable, certes, d’autant que rien ne permettait de dire qu’une motion se distinguait davantage d’une autre. Mais relève de l’absurdité totale le fait que, contre la Dame du Zénith, deux hommes et une femme ne sont pas arrivés à se mettre d’accord.
Ceci prouve à quel point, ce ne sont plus les idées, les projets de réforme, le rôle de l’opposition qui préoccupent les socialistes…mais seulement le contrôle personnel du pouvoir, de tout le pouvoir, sans partage, sans amendements, sans concession. Ce triste constat pour le futur et le renouvellement des générations au PS, l’est encore plus pour l’avenir du pays. Comment faire confiance, demain, à un homme ou une femme, à l’occasion des « présidentielles » qui refuse, d’avance, l’esprit d’équipe ! Inquiétant parti socialiste qui n’agit et ne réagit qu’en termes d’ambition personnelle.
A défaut d’être populaire, la Dame a placé son discours dans le populisme. Deux hommes l’ont aidé dès 2002 ; le premier a rejoint son équipe de campagne en 2007 ; le second a joué, avec elle, à la « balle au prisonnier ». Jean-Pierre Chevènement, promis à un succès certain, selon les sondages et la presse - on connaît son mauvais résultat à l’arrivée - posait avec pertinence des questions que personne ne lui demandait mais ne donnait pas de réponse ; François Bayrou, donnait des réponses à des questions que personne ne lui posait. Dialogue de sourd qui constituait néanmoins un potentiel électoral. En 2006 et 2007, la Dame socialiste réunit les deux discours (questions inutiles sans réponse et réponses à d’autres questions tout autant décalées) pour en ériger une plateforme entièrement formatée qui permet quelle que soit la question posée d’avoir une réponse de proximité. Astucieux procédé qui permet de donner corps à la fameuse « démocratie participative ». ; le meilleur exemple est d’écouter les questions – et, donc, les réponses - des auditeurs ou des journalistes dans les confrontations radiophoniques matinales ou les débats télévisés avec la Dame. Le peuple aime et il en redemande.
Si cela « passe » au niveau d’un peuple…pourquoi cela ne passerait-il pas au niveau d’un parti ? Le PS a servi de champ de tir et la Dame a invité, au lancement, Lamennais, alors que les socialistes attendaient Proudhon.
Les hommes et femmes se détestent si fort rue de Solférino ou dans les deux groupes parlementaires qu’ils préfèrent entretenir leurs écuries de haine, avec de l’avoine génétiquement modifiée, que fournir à la doctrine et au programme des substances riches en oméga.
La Dame qui assoit sa légitimité sur les militants sait qu’elle va gagner ; le fort potentiel d’abstentions (45% équivalent à100 000 inscrits) lors du vote sur les motions lui laisse une marge confortable de récupération, d’autant que c’est dans ce vivier d’inscrits « fantômes » - comme on se plait à dire dans les sections - que se trouvent les adhérents à 20 €, même si ces derniers doivent payer, jeudi 20 novembre, deux années de retard de cotisation, pour plébisciter la Dame.
Les portraits changeront rue de Solférino ; la doctrine sociale de l’Eglise, comme l’a justement dit Roland Cayrol, conduira le bal et il ne restera plus, pour les archaïques ou de jeunes loups, qu’à se réfugier au vieux siège de la SPS (société protectrice du socialisme !), cité Malesherbes.

Denys Pouillard
Directeur de l’observatoire de la vie politique et parlementaire
Site : www.vlvp.fr

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