République LAÏQUE

Toutes mes excuses par avance aux amoureux de l’héritage ecclésiastique (tiens, une info en passant qui pourrait vous intéresser : le pape refuse la démission de l’archevêque de Lyon qui a été condamné le 7 mars dernier par la Justice Française pour non dénonciation d’abus sexuels perpétrés par l’un de ses prêtres dans les années 80 et 90…).

Les excuses préliminaires ayant été prononcées, voilà le propos : comment dans une République LAÏQUE, et laïque depuis bien longtemps quand même, et où donc les pouvoirs religieux et étatiques sont censés être vachement séparés, peut-on avoir un chef de l’Etat qui balance avec conviction que oui, l’incendie du toit d’UNE SEULE église – elle ne s’est pas effondrée totalement cette église ! Elle est encore là, arborant fièrement ses deux tours sur le parvis ! – est plus important que le sort réservé à des millions de concitoyens (ou peut-être faut-il dire des millions de gueux, on ne sait plus) dans l’attente ? Les millions qui sombrent en silence dans la pauvreté, les centaines de milliers qui se mobilisent depuis des mois, ceux qui se sont sacrifiés, quelle importance après tout ? Le cœur de Paris brûle (un peu) : l’Univers entier doit se figer et verser une larme de pure compassion.

« Demain, la politique et ses tumultes reprendront leur droit, nous le savons tous, mais le moment n'est pas encore venu. » a déclaré le Président.

Pour les grands de ce monde, la souffrance de toute une classe, de tout un Peuple, tout ce qui s’est passé, notre lutte, c’est ça, ce n’est que ça : de « la politique et ses tumultes ». Accessoire en fait, tout le reste a tellement plus d’importance…

Oh si, il est venu le moment.

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