Les mots des bien-pensants

Choqué. Choqué par la dérive des mots, la manipulation, à tous les niveaux.

On entend et on lit de plus en plus ces termes : "populisme", "populiste"... Des insultes dans la bouche de ceux qui les prononcent, dans la plume de ceux qui les écrivent.
Et pourtant, à la racine du mot, il y a "populus" : le peuple, en latin. Et sa signification n'a rien de négatif, ni de péjoratif :
"Idéologie ou discours politiques s'adressant aux classes populaires, notamment fondés sur la critique du système et de ses représentants, quand ces derniers sont jugés déconnectés des réalités de ceux qu'ils gouvernent. Tendance artistique et en particulier littéraire qui s'attache à l'expression réaliste de la vie et des sentiments des milieux populaires".

Comment dans une démocratie, "demos" "kratos" : le peuple gouvernant, peut-on remettre en question, et même conspuer, le populisme ?
Tous les dirigeants politiques devraient être populistes ! Car ils ne sont, sauf erreur, que les représentants du Peuple, c'est leur unique pouvoir au sein de la République.

Nos grands auteurs, Zola, Balzac, Hugo, Flaubert, Maupassant..., étaient tous, à leur manière, des populistes.

Seulement voilà, aujourd'hui tout ce qui a trait au "populaire" est sali : mauvais peuple, méchant peuple, qui râle, s'oppose au système, se plaint, manifeste, lance des pavés et arrache jusqu'à des chemises parfois...
C'est vrai que ceux qui nous dirigent, abusant de NOTRE pouvoir, n'ont plus rien de populiste, on est plutôt dans l'élitisme outrancier, décomplexé comme ils disent.

Quand ces détournements de mots seront acquis, acceptés, quand l'iniquité sera devenue ce qui est juste, l'idée même de résistance sera impossible.

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