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Billet de blog 25 avr. 2014

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La philanthropie d'un artisan charpentier

Un ami, Yann Gallic, artisan charpentier, souhaite faire part de ses réflexions, que je trouve très pertinentes, sur son métier et bien au-delà, sur nos rapports au travail, à l'idée de métier, aux statuts d'entrepreneur et finalement à notre société. Voici son texte intégral.Je suis charpentier, artisan charpentier, et aimerais vous apporter mon regard sur l’artisanat du bâtiment afin d’envisager les pistes de sortie de crise de ce secteur. Et ça n'est que collectivement que nous pourrons les finaliser. Je refuse les manifestations (ex : bonnets rouges) qui se résument à de simples expressions de mécontentement car je préfèrerais qu’elles se fassent l’écho de nos réflexions sur ces pistes de sortie. En l’état, le risque encouru réside dans l’interprétation par les pouvoirs publics d’une nième démarche à leur encontre alors que je suis convaincu qu’il nous faut composer avec eux pour construire l’artisanat de demain. J’ai identifié au moins trois points sur lesquels nous pourrions réfléchir au sujet de l’artisanat : Le travail, Le métier et Le statut.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Un ami, Yann Gallic, artisan charpentier, souhaite faire part de ses réflexions, que je trouve très pertinentes, sur son métier et bien au-delà, sur nos rapports au travail, à l'idée de métier, aux statuts d'entrepreneur et finalement à notre société. Voici son texte intégral.

Je suis charpentier, artisan charpentier, et aimerais vous apporter mon regard sur l’artisanat du bâtiment afin d’envisager les pistes de sortie de crise de ce secteur. Et ça n'est que collectivement que nous pourrons les finaliser.
Je refuse les manifestations (ex : bonnets rouges) qui se résument à de simples expressions de mécontentement car je préfèrerais qu’elles se fassent l’écho de nos réflexions sur ces pistes de sortie. En l’état, le risque encouru réside dans l’interprétation par les pouvoirs publics d’une nième démarche à leur encontre alors que je suis convaincu qu’il nous faut composer avec eux pour construire l’artisanat de demain.
J’ai identifié au moins trois points sur lesquels nous pourrions réfléchir au sujet de l’artisanat :

Le travail, Le métier et Le statut.


Il est essentiel que notre réflexion porte avant tout sur la sémantique afin de désintoxiquer notre langage trop empreint de langue de bois.
Qu’est-ce que le travail ? Comment s’épanouir au travail ? Quel temps de travail ? Quel prix économique, social, environnemental ?
Doit-t-on continuer à encourager la séparation des tâches d’exécution de celles de conception ?
L’humain avec toutes ses dimensions doit être remis au cœur du travail si l’on veut qu’il y trouve du sens.
Qu’est-ce qu’un métier ? Comment sa maîtrise est-elle nécessaire pour exercer un travail face aux compétences exigées aujourd’hui pour être employé à exécuter une tâche ? L’artisan doit pouvoir se définir et affirmer qu’être artisan c’est avant tout maîtriser un savoir-faire. Ce savoir-faire s’acquiert au travers d’une formation qualifiante et au travers de l’expérience.
Comment devra-t-il se battre pour ne pas se faire spolier par l’industrie ? Comment doit-il mettre à bas le concept de compétitivité pour travailler de concert avec ses pairs ?
Qu’est-ce que le statut d’artisan ? Comment exercer une activité artisanale qui lève le doute auprès des clients sur le coût du savoir-faire.
Nous avons galvaudé le mot Artisan pour n’en garder que le statut. L’artisan n’est plus qu’un chef d’entreprise qui gère, qui commercialise et qui se forme en permanence aux nouvelles compétences exigées par l’entreprise ou le marché.
Si l’on fait le choix de rendre ses lettres de noblesse à l’artisan que sont le savoir-faire et le travail de qualité, il faut promouvoir et faciliter les partenariats entre les divers acteurs du bâtiment.
Comme Edgar Morin et la méthode de la complexité, je suis convaincu que c’est en interrogeant l’artisanat avec l’ensemble de ses acteurs que nous pourrons envisager des pistes intelligentes.
Une idée serait des « assises de l’Artisanat du Bâtiment ».
Cet événement permettrait à tous les acteurs de l’artisanat de se rencontrer pour faire un état des lieux et émettre des propositions pour consolider nos fondations qui s’écroulent.
Pourraient être invités à y participer CMA, CCI, DIRECTE, les auto-entrepreneurs, les syndicats interprofessionnels, le Trésor Public et les artisans... Et aussi des chercheurs, des sociologues du travail, des psychologues du travail, des associations de consommateurs, des juristes spécialisés en droit des entreprises, des syndicats de salariés, des fournisseurs, des comptables, des gestionnaires, des professionnels de la formation, des professionnels de la sécurité, des banquiers…
Bref, il est temps que nous soyons une véritable force de proposition pour moderniser le statut d’artisan et ses conditions de travail. Il faut nous émanciper.

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