Mycélium : transformer la merde en terreaux

Nous vivons une époque formidable. La seule certitude c'est qu'il n'y en a aucune. Notre société est en déclin, ce que le covid-19 ne fait que révéler un peu brutalement. Le fait que ce constat soit enfin massif ouvre la porte à plus de résilience.

Oui, ça fait longtemps que je n'avais rien publié. Repli réflexif (et un enfant...). Je reviens avec une chanson.

Mycélium - chanson d'après Pauline Croze"T'es beau" © Paroles : Diane Vattolo, Chant : Sophie Gamblin, Images : Antonin Tanner, Son : Pierre Peyon

Nous vivons une époque formidable. Tellement de choses vont changer et absolument personne ne sait comment. Crise=opportunité, ça commence à être connu. Les constats m'ennuient profondément, ce n'est pas l'urgence, je laisse ça aux historiens. L'urgence, pour certains c'est le présent, pour les malades, pour les soignants et autres premiers de corvée, pour ceux qui sont déjà victimes économiques, de cet événement ou du monde d'avant.

L'urgence, c'est de sortir de l’angoisse et de la sidération. Accepter l'inéluctable : notre société décline et beaucoup vont morfler, surtout les plus pauvres, et tout le monde souffrira. Accepter l'incertitude : le changement est massif et brutal, chaotique, il va falloir s'adapter en permanence, rebâtir sans cesse. Vivre au présent autant que possible certes, mais nous sommes une espèce particulièrement performante par ses capacités et besoin d'anticipation. Et l'anxiété qui va avec, si elle nous protège, peut aussi nous paralyser. Pour en sortir, il nous faut des récits positifs, nous sommes aussi câblés pour la recherche du plaisir, c'est le plus puissant moteur. La colère ne peut être qu'un démarreur, qui peut aussi noyer le moteur.

Concilier chaos et récits appétissants, c'est l'urgence. Des millions de récits, car tous vont se tromper beaucoup.

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