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Billet de blog 15 févr. 2022

Bienvenue dans le monde d'après.

Nous en avons tous rêvé. Dans ses discours à la nation, Macron l'a conceptualisé avec un lyrisme à nous arracher une larme. Nous y sommes enfin! Un monde d'après pire pour les plus faibles. Un monde d'après où l'on désactive les gens. Désactivés? Ou comment grâce à la technologie on rend fun les concepts les plus abjects. Bienvenue donc dans le monde d'après, bienvenue à Gattaca!

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Extrait du discours de Macron le 13 avril 2020 (*) : 

"Il nous faudra nous rappeler aussi que notre pays, aujourd'hui, tient tout entier sur des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal. « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune ». Ces mots, les Français les ont écrits il y a plus de 200 ans. Nous devons aujourd'hui reprendre le flambeau et donner toute sa force à ce principe. "

Et effectivement le gouvernement a "très envie" d'une hausse des salaires, comme dirait l' hypocrite en chef.

Mais curieusement il ne donne pas de coup de pouce au Smic. Rien d'obligatoire donc, comme d'habitude, comme pour les dividendes "déconseillés" mais tout de même versés en pleine pandémie.  Et une incitation à verser des primes pour calmer la colère, et dont le but est justement d'éviter l'augmentation des salaires. Des primes non pérennes et défiscalisées qui assécheront encore les cotisations sociales et qui donc affaibliront en particulier l'hôpital.

Plus révélateur encore sur l'honnêteté de cette "envie", l'Etat employeur ne dégèle toujours pas le point d'indice de ses fonctionnaires, qui voient leur pouvoir d'achat rogné par l'inflation, encore plus rapidement que par le passé. Idem pour les retraités dont le point d'indice a été relevé à 1%, soit 2% en dessous de l'inflation. Une paupérisation en marche donc pour la première, la seconde et la troisième ligne. Mais pas pour les plus aisés dont la richesse n'a jamais augmenté aussi vite que pendant la pandémie.


Contre les libertés publiques, nous avons subi lors de ce quinquennat une avalanche de lois : loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, loi secret des affaires, loi asile-immigration, loi anti-casseur, loi sécurité globale, loi séparatisme, loi Asap, loi Avia, loi sur le renseignement, loi drone 2, pass sanitaire etc... J'en oublie forcément, sans compter celles qui ont été retoquées, repoussées ou réintroduites dans d'autres paquets législatifs volontairement indigestes.

Toujours est-il que ce matin des millions de français vont être désactivés. Ce vocable digne des films d'anticipation les plus effrayants tel que "Bienvenue à Gattaca" donne à réfléchir. Chacun doit prendre conscience que s'il possède un pass lui permettant de faire tout ce qu'il pouvait faire avant sans, c'est évidemment que d'autres ne le peuvent pas. Peut-être que si, partout en France, on placardait sur les bars, restaurants, salles de sports etc.. "Interdit aux non vaccinés et aux désactivés" nous percevrions la nature réelle de ce monde d'après dans lequel nous avons basculé.


Un monde au doux parfum des années 30 et que masque mal, avec ses petits QR codes ludiques, la divine technologie. Un monde qui ne sera plus jamais comme avant. Car même si demain matin le pass vaccinal était abandonné, la fracture créé dans la société par l'emmerdeur (le même qui continue à fermer des lits) ne se résorbera pas. Car ceux qui ont été montrés du doigt et exclus de la vie sociale dans l'indifférence générale n'oublieront pas...


Cet extrait du 12 mars 2020 n'est pas mal non plus en terme d'hypocrisie :

"Ce que révèle d'ores et déjà cette pandémie, c'est que la santé gratuite sans condition de revenu, de parcours ou de profession, notre Etat-providence ne sont pas des coûts ou des charges mais des biens précieux, des atouts indispensables quand le destin frappe. Ce que révèle cette pandémie, c'est qu'il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d'autres est une folie."

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