Bulletin d'information scientifique de l'IHU - les MST

Une nouvelle vidéo de l'IHU Méditerranée Infection, à Marseille. Le Pr Didier Raoult, directeur de l'IHU et Sophie Baron, assistante hospitalo-universitaire, sont interrogés sur le sujets des MST.

Gonococcie et autres MST : nous avons le droit d'être intelligents © Ihu Méditerranée Infection

https://www.youtube.com/watch?v=xW-cWSoB6Lk

De plus en plus de MST en France 

Au début de l'interview, Yanis Roussel interroge : y a t-il vraiment de plus en plus de maladies infectieuses sexuellement transmissibles qui se propagent en France ? Sophie Baron répond que en effet, depuis 2012, on note une augmentation du nombre d'infections transmises sexuellement. Cela concerne la syphilis, les infections VIH, les infection à chlamydia... 

À l'IHU Méditerranée de Marseille est réalisé un kit IST. Celui-ci teste tous ces pathogènes chez des patients qui présentent des facteurs de risques aux Infections sexuellement transmissibles. Sophie Baron confirme que le corps médical et scientifique note une augmentation de ces pathogènes en France.

Une augmentation du papillomavirus

Le professeur Didier Raoult ajoute que ce qui les a surpris est la fréquence du virus du papillomavirus chez les hommes hétérosexuels - en particulier sur les prélèvements d'anus. Il avance que cette découverte devrait pousser à une réflexion sur la vaccination généralisée entre les hommes et les femmes. Aujourd'hui, la vaccination contre ce virus se fait uniquement pour les femmes. Aux yeux de Didier Raoult, lorsque cela concerne une maladie sexuellement transmissible, ce n'est pas raisonnable.

Le directeur de l'IHU Méditerranée insiste sur l'importance de cette réflexion générale : l'avenir et la diffusion du virus est aujourd'hui très inquiétant.

Le gonocoque

Il s'agit d'un virus très fragile, qui se transmet essentiellement par contact rapproché. C'est-à-dire, par voie sexuelle. Ce virus est responsable d'une maladie sexuellement transmissible, la gonococcie. Chez l'homme, ce virus est principalement symptomatique. Chez la femme, dans la plupart des cas, il est asymptomatique. Il est responsable d'infections du tractus génital.

Cette maladie était très banal chez les gens aux multiples rapports sexuels (les marins, les militaires...). Chez l'homme, c'est assez visible. La maladie est donc assez vite traitée. Chez la femme, cela est un peu plus compliqué car les symptômes ne sont pas aussi visibles. Les infections peuvent donc être un peu persistantes. Même, elles peuvent entraîner des stérilités ou des infections plus générales.

Dans l'ensemble, ce sont des maladies banales. Même avant qu'il existe le moindre traitement, ce n'étaient pas des maladies qui avaient un impact trop grave sur la population. Ce est au contraire le cas de maladies comme la syphilis ou le papillomavirus. 

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