L’IHU Méditerranée Infection a élucidé le mystère de la mort du Caravage

À Marseille, un mystère vient d’être résolu par les équipes de l’IHU Méditerranée Infection. En effet, les équipes viennent de découvrir ce qui a causé la mort du célèbre peintre Caravage en 1610 : la bactérie du staphylocoque doré.

Le Caravage, succès foudroyant et fin de vie mystérieuse

Média non disponible

Michelangelo Merisi da Caravaggio, surnommé « Le Caravage » est un peintre italien, né en 1571 à Milan, et décédé 38 ans plus tard, en 1610 en Toscane, d’une cause découverte par les équipes de l’IHU Méditerranée Infection Marseille.

Son œuvre

Le Caravage est célèbre pour ses œuvres naturalistes, réalistes, parfois brutales. On lui attribue un emploi maîtrisé du clair-obscur. Après sa mort, son génie fut un peu oublié, avant de reconquérir la critique au début du XXe siècle. Aujourd’hui, dépeint à travers des romans, des livres, des expositions à succès (en ce moment au musée Jacquemart André, à Paris, jusqu’à début 2019), tout le monde connaît l’artiste et reconnaît son talent.

La fin de la vie du Caravage, un mystère non résolu jusqu’aux études de Didier Raoult

Personne ne connaissait la réelle raison de la mort du Caravage.

À partir de 1600, Caravage connaît des années de tensions : on dit que le succès lui fait tourner la tête, qu’il est poursuivi par un « ennemi » pour diffamation, qu’il est agressif avec ses étudiants…

Les soirées de Caravage consistent majoritairement à retrouver ses amis dans des tavernes, ce qui peut laisser lieu à des bagarres récurrentes. Lors d’un de ces affrontements, Caravage tue Ranuccio Tomassoni avec une épée, et est lui-même blessé.

Démarre alors sa fuite de Rome, afin d’éviter la décapitation.

Il meurt en 1610, alors qu’il était en chemin pour revenir vers Rome, afin de se voir accorder une grâce de la part du Pape. Personne n’a, pendant des années, connu les raisons de son décès. Jusqu’aux travaux menés par Didier Raoult au sein de l’IHU Marseille.

 

Les équipes de l’IHU Méditerranée ont percé le mystère à jour

Média non disponible

De nombreuses recherches ont été effectuées autour de la mort du peintre  Son corps fut finalement retrouvé dans un cimetière près du lieu de sa mort. Les équipes de l’IHU Méditerranée Infection se sont alors associées avec un microbiologiste et des anthropologues italiens.

Ensemble, ils ont pu obtenir plusieurs dents du squelette du Caravage. De ces dents, ils ont extrait la pulpe dentaire (la partie interne de la dent, que l’on peut également appeler nerf). Lorsqu’on est vivant, la pulpe dentaire est remplie de nombreux vaisseaux sanguins. Lorsqu’on meurt, ces vaisseaux sanguins dessèchent. Donc, si le patient décédé est mort à cause d’une septicémie ou d’une maladie infectieuse, les traces de bactéries présentes dans le sang peuvent être détectées jusqu’à des millénaires après la mort.

Plusieurs méthodes pour effectuer les recherches

Les équipes de Marseille ont sécurisé leurs recherches en suivant trois méthodes différentes afin d’identifier le « tueur ». Tout d’abord, deux méthodes pour détecter l’ADN, ainsi qu’une troisième méthode plus innovante, développée au sein même de l’IHU Méditerranée Infection : la paléométaprotéomique, permettant la détection de protéines spécifiques à une bactérie dans un échantillon.

Les trois méthodes ont amené les équipes de l'IHU Méditerranée Infection au même résultat : la bactérie responsable de la mort du Caravage était un staphylocoque doré. Le peintre italien est donc mort d’une septicémie, certainement à cause d’une blessure contractée durant une rixe.

Le directeur de l’IHU, Didier Raoult, s’exprime

Média non disponible

Le directeur de l’IHU Méditerranée Infection, a déclaré suite à cette découverte qu’un sein de l’établissement marseillais, les équipes ont « un fil conducteur : avec de nouveaux outils, regarder là où personne ne regarde pour toujours avoir un temps d’avance ». Il ajoute qu’on « ne peut rien découvrir quand on est enfermé dans un champ disciplinaire » et recommande de sans arrêt « se confronter à l’inconnu, à l’inattendu ». Il rappelle qu’« un microbiologiste doit savoir parler à des historiens, à des sociologues, à des physiciens, à des chimistes ». Et conclut en affirmant que l’importante découverte de la cause de la mort du Caravage « atteste de l’efficacité de cette méthode ».

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.