Varicelle et vaccination : nous avons le droit d'être intelligents

Un nouveau bulletin d'information scientifique de l'IHU Méditerranée Infection a été publié mi-juin. Le professeur Didier Raoult, directeur de l'IHU de Marseille, y est interviewé par Yanis Roussel sur le sujet de la varicelle et de la vaccination.

Varicelle et Vaccination : nous avons le droit d'être intelligents © IHU Méditerranée-Infection

Chaque année, en France, on compte 700 000 cas de varicelle. On en parle majoritairement comme d'une maladie bénigne. Pourtant, cette maladie peut avoir de lourdes conséquences sur le malade et son entourage. Et les vaccins, pourtant efficaces, ne sont pas assez pratiqués.

Un virus pas si bénin 

Vaccins & varicelle Vaccins & varicelle

Didier Raoult rappelle que la varicelle est une des maladies les plus contagieuses qui soit. La maladie peut déterminer deux types de formes. Tout d'abord, la première fois que l'on est en contact avec la virus : il s'agit de la varicelle. Par la suite, on peut subir, pour diverses raisons, une ré-émergence de ce virus : le zona. Ce dernier peut s'avérer très grave. Il peut laisser des douleurs définitives, et même causer la mort. 

Varicelle et vaccination

En France, il n'existe pas de politique vaccinale, rappelle Yanis Roussel. Il existe cependant un vaccin. Le professeur Didier Raoult le qualifie d'extrêmement efficace. Celui-ci est préconisé aux Etats-Unis depuis 1995. Le vaccin a fait reculé dans le pays le virus de manière spectaculaire. Les cas actuels aux Etats-Unis sont plutôt des cas provenant de la frontière mexicaine.

L'ECDC (Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) estime que chaque année, la vaccination épargne 3,5 millions de cas de varicelle, 9000 hospitalisations et 150 morts. Il a été montré récemment les vaccins contre la varicelle évitent aussi environ 50% des zonas. Le vaccin est très efficace. Il est recommandé depuis très longtemps et a fait la preuve de son efficacité.

La varicelle est une maladie qui est relativement négligée. Par exemple, il y a 100 fois plus de cas de varicelle que de cas de rougeole. Pourtant, la politique au sujet du vaccin est incomparable. 

Avoir la varicelle jeune

De nombreux parents se réjouissent lorsque les enfants attrapent la varicelle, pensant qu'il veut mieux l'avoir jeune et en être débarrassé. Didier Raoult explique que ce n'est pas si simple, car une varicelle est l'infection qui peut entraîner par la suite des zonas. Un zona est bien plus grave, peut être très douloureux et laisser de lourdes conséquences. Si la varicelle peut être évitée par une vaccination, cela permet également d'éviter le zona. Il faudrait réussir à faire diminuer le nombre de cas de varicelle. Le fait d'atteindre le même niveau que le nombre de patients atteint de la rougeole serait déjà une bonne nouvelle aux yeux du directeur de l'IHU Méditerranée Infection.

Le public majoritairement concerné par cette vaccination sont donc les enfants, à partir de 1 an. Voire même plus tôt, car les vies sociales des enfants peuvent aujourd'hui commencer encore plus jeune. 

Les vaccins contre d'autres maladies de l'enfance

D'autres maladies pourraient elles être évitées chez les enfants grâce à des vaccins ? Didier Raoult liste

  • La grippe. Le vaccin contre cette maladie est recommandé chez les tout petits aux Etats Unis et en Angleterre. Cette maladie est très contagieuse chez les enfants et peut être dangereuse. 
  • La gastro-entérite à rotavirus. Cette maladie peut également être dangereuse chez les jeunes enfants.
  • L'hépatite A. Cette maladie se développe dernièrement, pas seulement chez les jeunes enfants mais de manière générale. Cette maladie se répand actuellement de manière importante et cause des décès. 

Il faut donc ouvrir la discussion afin de mettre la jour la stratégie vaccinale. Il faut réfléchir à la différence entre la politique pratiquée en France et la politique vaccinale des autres pays. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.