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Billet de blog 1 juillet 2020

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GÉRARD COLLOMB OU L'INDIGESTE CUISINE D'UN CHEF LYONNAIS

Plus qu'une défaite, le résultat des élections municipales et métropolitaines lyonnaises illustre les mauvaises recettes d'un chef tombé dans sa casserole.

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Mais comment donc Gérard Collomb est-il tombé si bas? La réponse peut paraître évidente: l'âge, les mauvaises alliances, le goût obsessionnel du pouvoir, les ambitions de prétendants trop méprisés...La liste serait longue d'obstacles cumulés à la poursuite de son règne sur la Capitale des Gaules.

Il y a cependant une raison fondamentale, passée sans doute inaperçue pour cause d'engouement électoraliste mais qui en dit long sur la dérive éthique d'un élu porté démocratiquement à la tête d'une cité. Là, en somme, où le chef devait "régaler" le lyonnais il a oublié son devoir de résultat pour élaborer sa propre tambouille au détriment de l'avis du consommateur. L'addition se révèle rude proportionnelle qu'elle est en termes de suppression d'étoiles et de clôture administrative.

Car le chef Collomb annonçait en 2014, période de sa réélection à la mairie, une carte socialiste. Personne n'était dupe car Collomb n'a jamais été de gauche. On croyait néanmoins qu'il se tiendrait à un menu inspiré de sociale-démocratie boursoufflée à la sauce bien pensante. Las, ne voilà-t-il pas que vers 2016, le toqué décide sans ambages de passer ses engagements précédents à la moulinette. Il s'affiche tout d'un coup adepte de préparations macronnistes qu'il juge plus épicées et mieux adaptées à son régime carnivore (longuement expérimenté à la table de la Mère Brazier son restaurant préféré). Comme un seul homme tout son aréopage culinaire le suit, Kimmelfeld et Képénékian en tête, et ainsi l'enseigne change de cap. L'ancienne Lugdunum devient alors le berceau de la cuisine macronnienne. D'un chef à l'autre, Collomb a vu son mentor préparer à l'étouffée sa reconversion présidentielle alors qu'il occupe encore un poste de ministre. Il se dit que la recette est bonne et qu'il ne sert à rien d'attendre plus avant pour se concocter une reconnaissance nationale à suivre.

Précipité dans ce bouillon carriériste, Gérard n'oublie qu'une chose: sa clientèle citadine n'apprécie que du bout des lèvres son revirement gustatif. Obnubilé par ce qu'il croit-être de l'avant-gardisme conceptuel, il n'en a cure et décide de tout et tout seul. Il touche au Saint Graal et se moque des tracasseries qu'il juge "clochemerlesques". Il est transcendé Gérard et se sent l'élu non plus du peuple mais de Dieu. Et tant pis si nombreux ne goûte que fort moyennement de se retrouver à devoir servir la soupe au Chef Macron,  Gérard se dit qu'ils comprendront plus tard. Cela pose une question fondamentale: peut-on s'annoncer d'une couleur politique en début de mandat et changer en cours de route?...Non, bien sûr car l'électeur lambda a le droit (et le devoir) de se sentir floué. Faire cela démontre tout simplement qu'on abuse de la confiance du citoyen mais également qu'on se croit propriétaire d'une ville et d'une agglomération toute entière; c'est un ignoble calcul qui d'un point de vue déontologique équivaut ni plus ni moins à de l'irrecevable.

Surtout qu'à l'occasion d'un bref passage au gouvernement, Collomb s'englue dans un poste de second de cuisine, en veut au Chef, et rend son tablier. Il revient dans son bouchon lyonnais où il a laissé, pendant son absence, les fourneaux à son fidèle Képénékian qui lui-même ne veut plus lâché le manche. Ça sent le réchauffé et ça s'accroche au fond des vieilles gamelles. C'est alors le coup de feu, moment où le chef, parti en escapade, s'emporte de risquer perdre sa place. La cuisine devient foutoir et les potions à avaler infectes. Les subordonnés se voient dorénavant dans un autre costume plus étoilé mais se taisent un temps par peur qu'on leur reproche leur ingratitude. Néanmoins, la cocote minute monte en température et tout d'un coup, tout explose. Ça sent salement le roussi mais Gérard, lui, se bouche le nez et continue son infâme mixture électoraliste finissant par s'allier avec la droite tout en propulsant un jeune commis nommé Cucherat chez qui il est le seul à déceler les capacités d'un futur chef.

Ça fait beaucoup on l'avouera et il était temps que la cuisson s'arrête. Sinon, dieu seul sait où ce sacré Gérard aurait terminé sa popote. Car à force de cuisiner en solitaire, il y a fort à parier qu'il aurait finit sourd. Le voilà juste cramé au dernier degré et toutes ses groupies avec lui.

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