Macron récite sa partition et se tient "droit" dans ses bottes, fidèle qu'il serait à une mission qui n'a jamais clairement dit son nom. Il promet, vulgarise à l'excès, ratiocine, convoque des valeurs chrétiennes: tout y passe.
Il oublie juste que beaucoup ne sont pas convaincus et que nombreux sont descendus dans la rue pour faire entendre leur mécontentement. La crise du Covid-19 a mis en sourdine la disparité mais n'a pas éteint les conflits sociaux et tous les conflits larvés ou non. La suite promet d'être sportive face aux fermetures d'entreprises et à une montée explosive du chômage. Macron ne parait pas plus inquiet que ça; il devrait pourtant. Il se rassure en pensant certainement qu'il aura le patronat derrière lui (une partie sans doute) et la police si nécessaire, qu'il se fait donc un devoir de soutenir mordicus (au cas où)...Mais, sur le fond, Macron est-il lucide quant aux risques d'une contestation permanente qui s'est installée et qui va se décupler dès les prochaines semaines? à l'évidence, pas vraiment. Il continue de vouloir "raisonner" le peuple, là où il devrait somme toute apporter de vraies réponses à de vraies questions.
Bien sûr, pour tous les opposants , cette "posture" se révèle pain béni. Elle permet, sans scrupule, de tirer sur l'ambulance et de profiter au maximum de la situation. La tentation se pose alors de déclencher derechef la plus âpre des oppositions pour faire vivre l'expression de la démocratie au travers d'une remise en question perpétuelle de la pérennité de ce gouvernement. La réponse de Macron prendra la forme d'un remaniement. Ce sera maigre et il se contentera de regarder le doigt au lieu de la lune; cela risque de jeter encore davantage d'huile sur le feu. D'échauffements en embrasements, l'option d'un chaos inextricable déclaré ouvert aujourd'hui et tenu fermement jusqu'aux élections de 2022 n'annonce rien de bon.
Nous allons assister au démarrage imminent d'une campagne présidentielle. Le pays va ainsi dériver pendant deux ans au fil des empoignades avec les risques de fragilité liés à l'absence totale de boussole. Il serait évidemment plus sage et constructif que ce gouvernement fasse son mea culpa et revienne aux valeurs essentielles de la démocratie, surtout donc à un véritable dialogue qui n'est plus une option mais une obligation.
En est-il capable? Tout indique que non. Et c'est ce qui va le perdre.