La Troïka pousse la Grèce à la rupture

Editorial du quotidien « Le Journal des Rédacteurs », Athènes, 04.06.2015, 00:19

 

 

La proposition de cinq pages remise il y a peu (vers 23:30, dans la soirée de mercredi) à Alexis Tsipras par les « Institutions » a été expressément conçue pour être rejetée par le gouvernement hellénique, l’Assemblée nationale et la plus grande partie d’une société grecque très durement éprouvée.

Qu’est-ce que cela signifie ? Manifestement, cela renvoie à ce dont nous parlions (et à ce que nous redoutions dans le même temps) tous : les « Troïkas » de l’intérieur et de l’extérieur n’ont jamais souhaité modifier la politique « à une voie » de l’austérité. Leurs représentants désirent de façon dogmatique et par tous les moyens disponibles, légaux ou non, renverser le gouvernement SYRIZA - AN.ELL., nommer un personnel politique à leur botte en effectuant une manière de coup d’Etat qui leur permettra de diriger directement le pays, ce pays qu’ils ont eux-mêmes enfoncé dans le surendettement et qu’ils « sauvent » depuis cinq ans par un taux de chômage de 30%, un taux de pauvreté de 40%, une économie parallèle atteignant les 45% et une dette souveraine se montant aujourd’hui à 180% d’un PIB réduit de 25%.

Ils nous conduisent sciemment à la rupture, afin de faire un exemple, en utilisant l’arme de la ruine des finances publiques (les caisses de l’Etat sont vides) et en se fondant de façon constante et criminelle sur la fuite des capitaux des banques grecques, fuite qu’ils ont eux-mêmes provoquée.

Alexis Tsipras doit interrompre les négociations et s’adresser avec une sincérité absolue, en exposant l’ensemble de ses arguments, aux peuples d’Europe, afin de mettre en lumière le cynisme et la barbarie de nos soi-disant « partenaires » et de la dictature des marchés.

Dimitris Trimis
(trad. du grec par Dimitris Alexakis)

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