Une «accumulation primitive» logée au coeur du capitalisme tardif

Et si les processus de prédation capitaliste désignés par Marx sous le concept d'accumulation primitive ne s'étaient pas arrêtés? S'ils étaient en fin de compte inhérents à l'accumulation capitaliste elle-même? Compte rendu d'un livre de Saskia Sassen.

https://journals.openedition.org/chrhc/10239

En écho aux travaux de David Harvey, David Graeber, Antonio Negri et Michael Hardt, Saskia Sassen fournit des clés pour comprendre la "complexité et la brutalité dans l'économie globale" dans son livre intitulé Expulsions, traduit aux éditions Gallimard. Actualisation bienvenue d'un concept de l'économie marxiste.

La thèse développée dans ce livre pourrait être résumée par la citation suivante : « Le capitalisme d’aujourd’hui est une forme d’accumulation primitive, mise en œuvre grâce à des opérations complexes et à une innovation très spécialisée, de la logique de la sous-traitance aux algorithmes de la finance » (p. 25).

Nous voici donc ramenés à ce que Marx appelait « l’âge préhistorique du monde bourgeois ». Cette exploration de l’envers sombre de l’économie globale s’insère dans un contexte intellectuel plus large, au sein duquel plusieurs ouvrages tentent de saisir les dynamiques prédatrices du capitalisme du cycle long inauguré dans les années 1980.

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