Guyane: dimanche l'occasion de dire non à MM. Rimane, Mélenchon et surtout Bertrand

Dimanche prochain se déroulera le second tour de la législative partielle de la deuxième circonscription de la Guyane. Et si c’était l’occasion d’écrire un nouveau chapitre en oubliant les tartuffes d’une droite magouilleuse et d’une gauche démagogue ?

En français le mot versatilité a souvent un sens peu flatteur (indécis, changeant…) et toujours très péjoratif en politique. Pourtant dans d’autres langues latines dont le portugais il est plutôt synonyme de souplesse voire de polyvalence ou d’agilité. Ce second sens est à mon avis une qualité en politique. Il faut toujours douter. Tout ça pour dire que je n’ai guère d’idées politiques bien arrêtées. Mais j’ai quelques principes dont l’un m’incite à penser qu’il faut à tout prix que la Guyane ne soit plus la risée des observateurs plus ou moins bien renseignés d’ailleurs, et pour cela ses citoyens doivent massivement rejeter les magouilles, les passe-droits et autres bertrandisismes affligeants dont M. Davy Rimane est un représentant (à l'insu de son plein gré ?) particulièrement populiste. Le Canard Enchaîné a qualifié M. Léon Bertrand de Balkany des tropiques. Bien vu ! Cette photo où l’on voit poser le candidat Rimane aux côtés de Léon Bertrand et de… Jean-Luc Mélenchon aura eu un effet dévastateur pour tous les progressistes qui avaient encore quelques illusions sur la gauche de la gauche !

Je ne connais pas M. Adam. Je sais seulement de lui qu’il fait partie de cette nouvelle génération des Guyanais de « l’intérieur », entendez par-là, des habitants des fleuves (ici du Maroni), souvent méprisés, en tout cas rarement considérés et généralement laissés pour compte. Ce sont les Buschinengues et les Amérindiens. Les premiers ont une longue tradition de lutte, les Noirs Marrons n’ont pas attendu l’affranchissement pour se révolter contre l’esclavage ! Les deux (Bushis et Amérindiens) ont derrière eux une culture extrêmement riche et devant eux la lourde responsabilité de (peut-être) sortir la Guyane du marigot dans lequel elle patauge depuis tant d’années. Et ceci avec (et non contre) les autres Guyanais d’où qu’ils viennent et où qu’ils aillent.

Les habitants de l’intérieur (par opposition donc à ceux du Littoral en général et de Cayenne en particulier) ont au moins compris une chose : conserver ses traditions n’empêche pas d’entrer dans la modernité en utilisant ce qui se fait encore de mieux pour l’émancipation : l’éducation, le savoir, la tolérance. Lénaïck Adam, 25 ans, diplômé de Sciences Po Paris, mais aussi fin connaisseur du grand voisin (le Brésil), dont il parle couramment la langue pour y avoir séjourné une année entière, est peut-être un de ceux sur lesquels il faudra miser dans les années à venir.

Aussi, dimanche (11 mars) je crois qu’il faut le réélire lors du second tour de l’élection partielle de la deuxième circonscription de Guyane, même si nous soulignons son manque d’assiduité et d’énergie lors de ses premiers mois de la législature (son élection a été invalidée le 8 décembre 2017 par le Conseil constitutionnel, en raison de l’absence d’assesseurs dans deux bureaux de vote).

Que les Guyanais le « boostent » un peu (beaucoup) c’est aussi leur rôle de citoyens !

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