La Guyane n’est plus une colonie. C’est une république bananière !

Il y a trois saisons en Guyane. La saison sèche, celle des pluies et celle des mises en examen d’élus. Cette dernière ne dépend pas vraiment de la ZIC (zone intertropicale de convergence). Appelée par les marins : Pots de vin. Euh non, Pot au noir…

La maire de Cayenne, Mme Marie-Laure Phinéra Horth est soupçonnée de détournement de fonds publics. Elle a été placée en garde à vue. Elle nie avoir continué à recevoir un salaire de l'hôpital (en quasi faillite) alors qu'elle n'y travaillait plus.

Au passage, à propos des élections, les deux députés de Guyane font l’objet d’un recours. Davy Rimane, syndicaliste contre le jeune Lénaïck Adam (La République en Marche) dans la deuxième circonscription (Ouest). Dans la première circonscription (Cayenne et Est) c'est un médecin ( Christophe Mzanza Chabunda)qui a déposé un recours contre M. Serville (député sortant divers gauche).

Lénaïck Adam (publiquement félicité par le Premier ministre) a désormais une autre épine dans le pied : sa suppléante. Cette dernière, Mme Véronique Jacaria est la maire d’un bourg d’à peine 120 habitants (plus de nombreux clandestins voir fiche Wikipédia) et, à son tour, elle vient d’être épinglée par la justice. Le dossier est lourd. Le procureur de la République de Cayenne, M. Eric Vaillant a communiqué :

« Mme Véronique Jacaria, maire de Saint-Élie, M. Eric Jacaria, collaborateur de mairie [souvent présenté comme… directeur de cabinet] et M. Yves Primerose, directeur général des services et deux employés de la mairie ont été placés en garde à vue le 10 juillet 2017 dans le cadre d’une enquête menée par la section de recherches de la gendarmerie sous l’autorité du parquet depuis octobre 2016. Mme Jacaria, MM Jacaria et Primerose ont été déférés le 11 juillet 2017 devant le juge d’instruction saisi par le parquet des faits d’atteintes à l’égalité d’accès aux marchés publics (absence de marchés publics), détournements de fonds publics, faux et usages de faux en écritures privées (factures fictives) et publiques ou authentiques (délibérations irrégulières du conseil municipal et irrégularité des listes électorales) commis par personnes dépositaires de l’autorité publique ou chargées d’une mission de service public dans l’exercice de ses fonctions, atteintes à la sincérité d’un scrutin par manœuvres frauduleuses (électeurs faussement inscrits) et construction sans permis de construire, susceptibles d’avoir été commis à Saint-Élie et à Cayenne entre le 04/03/2014 et le 05/7/2017 ».

La barque est chargée !

Et en Guyane elle l’est de plus en plus. Les combines, les arrangements et les vrais délits s’accumulent.

Autre affaire cocasse, celle de l’ineffable Bertrand Moukin un des leaders du mouvement d’avril-mai (certes il n’est pas encore vraiment entré dans le monde politique, encore que...) On l’a surnommé M. Barrages. Tout un symbole. Cet homme, par ailleurs vent debout contre l’immigration clandestine, a finalement reconnu avoir participé à un vaste trafic de… faux visas ! L’affaire concerne également deux fonctionnaires de la préfecture, une dirigeante d’entreprise et un transporteur. Troublant : le préfet était-il au courant lors de négociations folkloriques avec les 500 frères et autres collectifs en avril dernier (à l’issue d’un mouvement social commencé en février) ?

Pendant ce temps là, l'ancien ministre RPR Léon Bertrand est toujours maire de Saint-Laurent et ne cesse de prendre position sur tout et rien (voir un peu plus bas sur ce blog ou Le scandale Léon Bertrand).

Cet article a repris certains éléments d'un précédent papier publié sur mon site ICI.

En fait, je donne ici quelques exemples (les plus parlants) de la situation de déshérence dans laquelle se trouvent les pouvoirs locaux guyanais. Malheureusement, la liste est beaucoup plus longue et il faudrait plusieurs pages pour lister et expliquer la pluie de soupçons et de mises en examens qui frappent les élus et les acteurs sociaux, économiques et politiques de tout bord partout en Guyane!

 

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