Les travailleurs indonésiens : précieux à l’étranger, oubliés chez eux
Au Japon, on se bouscule pour recruter des travailleurs indonésiens : des entreprises japonaises traquent ces mêmes Indonésiens que l’on peine parfois à embaucher à Jakarta ou Surabaya. Dans le cadre du programme Specified Skilled Worker, des dizaines de milliers de travailleurs étrangers, dont beaucoup viennent d’Indonésie, sont appelés à combler les trous béants du marché du travail japonais.
Travailleurs indonésiens : la main-d’œuvre idéale du Japon
Pourquoi cette frénésie ? Le Japon vieillit à vue d’œil, manque de bras dans l’agriculture, la construction, le soin aux personnes âgées. Et là, miracle : les Indonésiens sont parfaits. Sérieux, disciplinés, assidus… tout ce que les entreprises japonaises adorent, et que, curieusement, certains patrons indonésiens peinent à trouver sous leur propre toit.
Bien sûr, tout n’est pas rose. Certains programmes, comme les fameux « internships », ressemblent parfois à des pièges à main‑d’œuvre bon marché. Langue incomprise, contrats obscurs, protections sociales limitées… on reste loin du rêve nippon. Mais qu’importe, le salaire reste souvent plus tentant que ce qu’on trouve en Indonésie, où chômage et sous‑emploi transforment l’espoir en farce.
Chez soi, la reconnaissance se fait attendre
Le paradoxe est cruel : le travailleur indonésien est recherché, encensé, payé correctement au Japon… mais à Jakarta, il peine à trouver un emploi stable. Les qualifications locales ne suffisent pas, les stages manquent, les opportunités stagnent. La logique voudrait que l’on se précipite pour retenir ces talents chez soi. La réalité ? On regarde ailleurs et on se plaint du chômage.
En France, ils passent sous les radars
Pendant ce temps, une diaspora indonésienne, discrète mais active, travaille dans l’hôtellerie, la restauration, le soin aux personnes âgées. Certains sont en règle, d’autres moins. Peu visibles, peu médiatisés, parfois sans papiers, ils contribuent pourtant à l’économie française.
Chaque repas servi, chaque chambre nettoyée, chaque patient aidé, c’est une participation silencieuse mais réelle au fonctionnement de la société. Cynique, non ? On célèbre leurs compétences à l’étranger, mais on ignore leurs talents et leur présence chez soi, et même dans un pays tiers, ils restent invisibles.
Source :
https://www.cnbcindonesia.com/news/20250930122336-4-671481/ramai-perusahaan-jepang-buru-pekerja-wni-ini-alasannya