Djamila Boupacha et Gisèle Halimi

Gisèle Halimi disparait, laissant l'humanité bien seule. Elle, la visionnaire, la femme engagée, convaincue et convaincante à la diction parfaite s'est battue durant de nombreuses années pour assurer aux hommes (la cause algérienne durant la colonisation française et la guerre) et aux femmes de meilleures années.

Je republie ici un article que j 'avais écrit en 2011, toujours d'actualité au moment de la disparition le 28 juillet 2020 de Gisèle Halimi.

Ne l'oublions pas, remémorons souvent ses combats, sa personnalité, ses réussites et son héritage.

Djamila Boupacha, publié le 16 mars 2011 

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Le nom parle à beaucoup de gens, y compris à moi de manière très approximative, sauf qu'il vaut mieux connaître vraiment l'histoire de cette jeune femme et surtout comment elle a été portée, défendue, soutenue par les femmes françaises, Maître Gisèle Halimi, son avocate et Simone de Beauvoir en tête. Un comité "Pour Djamila Boupacha" a été mis en place par les deux femmes avec à leurs côtés tout ce qui compte d'intellectuels, d'artistes, d'écrivains et de politiques.

Ceux qui ont des convictions, des tripes, des mots et des actes, des intellectuels comme on n'en fait plus je crois.

Je n'en ai pas dormi de la nuit, j'étais comme survoltée, inspirée par tant de courage de Djamila et de Gisèle, de fidélité à ses idéaux, d'opiniâtreté de la défense malgré un nombre incalculable d'embûches, de pièges, d'entraves à la défense, de malversations, de manigances comme par exemple lorsqu'elle doit plaider à Alger le 17 juin 1960, elle aura un visa du 7 au 15 juin !

C'est que Gisèle Halimi se démène en Algérie et en France, elle contacte, elle écrit à toute personne d'influence y compris au Général de Gaulle , à Malraux qui avait dit : on ne torture plus en Algérie . 

Et pourtant Djamila Boupacha reste la tête haute , résiste avec ses parents , résiste seule depuis ses différentes prisons d'Algérie puis de France, fait des grèves de la faim, se terre dans un mutisme face à des interrogatoires qui tentent de la faire changer de position sur les tortures qu'elle a subies... 

En voilà une jeune femme intelligente, forte et simple à la fois, que l'on aimerait bien rencontrer.

C'est un livre à lire, vraiment , on y apprend beaucoup de choses, de toutes parts loin de tous partis pris.

Et puis il y a ce magnifique portrait de Pablo Picasso daté du 8 décembre 1961.

J'ai relevé quelques mots de Djamila depuis ses prisons :

"Les Français on peut les aimer beaucoup si on est libres"

"On veut être comme vous,comme les autres, être normaux, on veut être libres"

et d'autres mots de Gisèle Halimi lorsqu'elle rencontre les parents de D.Boupacha :

"Nous parlâmes peu. Cet accueil chaleureux avait accru notre honte".

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