À quand le confinement de la pauvreté ?

Cette "nouvelle" pauvreté subie de plein fouet touche beaucoup de monde. Un chiffre est évoqué, celui d’un million de Français, que la crise sanitaire aurait fait basculer dans la pauvreté fait débat.

A quand le confinement de la pauvreté ?

L’air est encore moins respirable chez les plus pauvres.

S’il y a bien une seule chose et non des moindres qui reste libre de tout mouvement faisant fi du couvre-feu et du confinement, c’est bien la pauvreté !

  "Je me retrouve avec zéro comme revenu" : ces Français qui ont basculé subitement dans la pauvreté à cause de l'épidémie de Covid-19, ne cessent de m’interpeller, Djamila BOURAS,  citoyenne engagée. L'épidémie de coronavirus a entraîné une "nouvelle" pauvreté. Elle touche beaucoup de monde et notamment des commerçants ou des artisans qui ont vu leurs revenus s'effondrer brutalement.

"Je ne mange qu'une fois par jour par manque de nourriture" : lui murmure à l'oreille, presque honteuse, une habitante d'un quartier populaire. Cette "nouvelle pauvre" lui raconte comment la pandémie l'a précipitée dans l'abîme de la précarité et la basculée dans les méandres de la pauvreté.

Cette "nouvelle" pauvreté subie de plein fouet touche beaucoup de monde. Un chiffre est évoqué, celui d’un million de Français que la crise sanitaire aurait fait basculer dans la pauvreté fait débat.

"Les habitant des quartiers populaires sont en colère contre le gouvernement qui les laisse de côté", explique Djamila Bouras qui compare "ces laissés pour compte" à des naufragés qui ne parviennent pas à regagner le rivage et qui sont sommés de choisir entre périr noyés ou mourir de faim et de fatigue. Elle estime que "pour les habitants de ces quartiers, il n’y a rien de fait ou presque". Un sentiment d’injustice gagne de plus en plus ces habitants qui se sentent humainement abandonnés et qui peuvent, à tout moment, basculer dans une très grosse colère sociale, qui s’est récemment traduite par une abstention record lors des dernières élections régionales et départementales au sein des quartiers populaires.

Près de 8 millions de citoyens ont recours aujourd’hui à des associations d’aide alimentaire.

Force est de constater que le vide sanitaire et le vide social ont laissé place à de la rancœur à l'égard des pouvoirs publics, malgré les mesures annoncées. Une petite goûte dans un océan de désolation parsemé d'un labyrinthe de privation, de détresse et de consternation.

  À quand une redistribution des richesses plus égalitaire et respectueuse de la dignité humaine ?

Ce sont encore et toujours les plus précaires qui sont sollicités pour faire davantage d'efforts et de sacrifices, jusqu’à l’asphyxie du portefeuille.

  Les gouvernements successifs ne s’intéressent qu'accessoirement à la question de la pauvreté en France. Le RSA fixé à 550,93 euros pour une personne seule, instauré depuis de nombreuses années, n’a guère évolué. Il reste l’unique mesure de « sauvetage » pour les pauvres, et son attribution, non loin d’être généralisée, reste soumise à conditions.

  Rien de prévu en matière de revenus pour les non-diplômés pas plus que pour les surdiplômés. Un minimum de 500€ est une hérésie au regard du coût de la vie qui connaît une inflation de plus de 0,5% en 2020 selon l’INSEE, et déjà de 0,2% en 2021. Les politiciens ont, définitivement, perdu la main cette fois-ci, pour autant ils sont élus démocratiquement par ce même peuple de pauvres et sans perspective d'avenir dont les espoirs s’amenuisent comme leur peau de chagrin après chaque élection, cédant la place à la déception.

Jusqu’où la France va-t-elle s’enliser en matière de pauvreté pour réagir ?

La lutte contre la pauvreté doit faire partie d’un engagement unanime et sans demi-mesures et ce n’est que par cette véritable lutte que nombre de fléaux tels que les trafics de drogue, la délinquance, etc. trouveront une issue favorable.

   À quand la pauvreté cause nationale et sous séquestre ! Telle est la grande question !

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