Et si on se donnait rendez-vous dans 6 ans, dans 2 ans, dans 1 an ..... ?

Quid de l’élan et de l’espérance suscités par les visites successives des représentants de tous les partis politiques avant chaque élection dans les quartiers populaires ou autres quartiers de la ville. Serait-ce un éternel recommencement ?

Et si on se donnait rendez-vous dans 6 ans, dans 2 ans, dans 1 an ..... ?

Quid de l’élan et de l’espérance suscités par les visites successives des représentants de tous les partis politiques avant chaque élection dans les quartiers populaires ou autres quartiers de la ville. Serait-ce un éternel recommencement ?

Quid de la responsabilité de chacun des acteurs (État, administrations, politiciens, etc.) dans l’enracinement et la pérennisation de ce phénomène d’exclusion sociale de tout un pan de la société.

Les politiques se suivent et se ressemblent et le constat est le même. La violence dans les quartiers populaire ne cesse de s’enraciner et de s’exacerber. Or toute cette violence a des racines communes : la pauvreté, l’insatisfaction des aspirations, le manque d’espoir et de confiance en soi et en son propre environnement, le désarroi, l’indifférence, la désillusion et la ségrégation socio-spatiale. Cette violence s’exprime au sein de la vie familiale, dans la rue, envers les symboles de l’État, le groupe d’appartenance, ou les équipements collectifs.

Bien sûr que les acteurs de ces violences dans nos quartiers populaires sont les premiers responsables mais qu’en est-il de la responsabilité des pouvoirs publics et à leur tête les politiques. Les promesses à la pelle au moment de chaque élection ne favorisent-elles pas le désespoir. Le désespoir n’est-il pas mobilisateur. Et la mobilisation n’engendre-t-elle pas les débordements pour aboutir in fine à des formes de violence.

Les promesses non tenues, ne sont-elles pas une forme de violence à l’égard de ces quartiers populaires déjà embourbés dans un sentiment d’abandon.

C’est un sentiment d’amertume mais surtout de lassitude qui s’est installé durablement au sein de nos quartiers populaires. « Du déjà vu », « tous des mytho », « les politiques ne viennent nous voir que lorsque les élections approchent, le reste du temps, on ne les voit pas ! ». Colère, désillusion, sont les sentiments qui dominent au sein de la population. Les habitants se sentent utilisés, voire, manipulés. Ils ont désormais conscience de n’être que la variable d’ajustement qui peut faire pencher la balance électorale d’un côté ou de l’autre de l’échiquier politique mais que leurs doléances, une fois l’échéance passée, tombent aux oubliettes. Ces habitants des quartiers populaires qui ont le sentiment d’être indésirables dans la société se sentent paradoxalement courtisables dans les urnes.

Comme dans beaucoup de quartiers populaires, à Toulouse, certains habitants savent déjà qu'ils ne mettront pas de bulletin dans l'urne pour les élections municipales et ne dérogeront pas à la règle quoiqu’il advienne. D'autres sont tentés par le vote blanc. Une pratique qui a tendance à se généraliser car il ne suffit pas de placarder de grandes affiches incitant les citoyens à voter. Les habitants des quartiers populaires se rendent peu aux urnes, même une fois inscrits sur les listes. Le taux d’abstention des habitants de ces quartiers est toujours supérieur au taux d’abstention au niveau national. Comment peut-on expliquer ce phénomène ?.

Indéniablement, il faut que les politiques réalisent que les mentalités au sein de nos quartiers populaires ont bel et bien changées. Certes les élections ressemblent à une foire à l’emporte-pièce et l’avenir électoral appartient à ceux qui promettent le plus de choses irréalisables mais la population s’émancipe. Dorénavant, la politique de la ville rime avec participation des habitants à la rénovation urbaine. Les habitants ne demandent rien si ce n’est l’égalité. Ils ne veulent rien si ce n’est des politiques avec des mandats en CDD dont le renouvellement devient périlleux.

À quand l’impunité 0 pour les promesses non tenue. À quand le devoir d’inventaire à terme de chaque législature. Quand les habitants de ces quartiers seront-ils traités comme des citoyens à part entière avec tous les égards qui leur sont dus et non comme une tirelire à voix.

Pompiers pyromanes ? Les politiques se plaignent de l’abstention et de défiance, parfois même de la répugnance des citoyens à l’égard de la politique alors que ce sont eux-mêmes qui favorisent le terreau de cette abstention.

Il serait temps d’apprendre collectivement à réparer le système, au lieu de fixer des symptômes.

Et si on se donnait rendez-vous dans 6 ans, dans 2 ans, dans 1 an... sur les marches de la place des grands Hommes politiques pour voir si on a eu raison !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.