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Assise dans une petite salle de réception dans un éco-lodge du Sine Saloum, où clients et employés s'entassaient pour regarder le match sur un petit écran TV, je visionnai le match, prise entre l' anxiété et la joie d'un rendez-vous unique.
On m'avait prévenue, le Sénégal ne vaincra pas, trop de corruption au Maroc, l'arbitre sera déjà acheté. A voir le nombre de cartons jaunes distribués par l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala, aux joueurs sénégalais contre une impunité totale des Marocains, j'ai fini par le croire.
Le but refusé à l'équipe sénégalaise a fait hurler la salle, le pénalty a rendu les foules furieuses. Et là, on me l'a confirmé plus d'une fois, les marabouts sénégalais comme un seul homme sont sortis de leur case et maison et ont brandi les gris-gris pour arracher des griffes de l' iniquité leurs joueurs. Le pénalty accordé au Maroc fut réalisé avec une telle mollesse, une palenka totalement ratée par un Brahim Diaz tétanisé, on aurait cru qu'il avait été mordu par un dragon de Komodo, le regard fixe, hésitant, comme s'il avait perdu toute ses forces. Les gris-gris africains ont-ils eu raison de lui ?
Dans le stade marocain, les supporters sénégalais se battirent contre les stadiers. Et l'affaire de serviettes volées au gardien de but sénégalais, des images choquantes, espérer qu'avec la pluie et sans pouvoir s'essuyer les gants, le ballon lui glisserait des mains.
Les femmes dans la salle se mettent alors à pleurer, les hommes grondent. On entend fuser le mot "raciste" plus d'une fois, "les Marocains se prétendent nos frères quand ça les arrange."
Enfin, le but incontesté ! Après la quasi sortie de l'équipe sénégalaise sur les ordres de leur entraîneur Pape Thiaw considéré comme un geste digne pour dénoncer une pluie d'irrégularités, puis le retour de ladite équipe sur l'insistance de Sadio Mané dont le but conte l'Égypte hissa le Sénégal à la CAN 2025.
Les Lions du Teranga finiront par avoir le dessus sur les Lions de l'Atlas.
Que dire du chaos..... soupçons d'empoisonnement de plusieurs joueurs avant le match, une équipe arrivée seule à Rabat sans encadrement, un hôtel peu convenable, ils ont changé d'hôtel, un stade d'entraînement refusé. Après le match des restaurants sénégalais au Maroc ont été saccagés, cette peur au ventre des supporters des Lionsdu Terenga d'être battus par les vaincus en soif de vengeance , de se retrouver dans la rue et être frappés.
Un arrière-goût amer après la victoire, des réglements de comptes entre le Maroc et le Sénégal ont gâché la joie de la victoire. Un sentiment très fort du racisme arabe à l'encontre des Africains noirs a plané avant pendant et après le match. Cette prétendue fraternité qui n'est en réalité que frérocité.
Il faut revenir à la lecture de Cheikh Anta Diop "Nations nègres et culture" pour réaliser que les Arabes, mélange de blanc et de noir, rejettent une partie de leur héritage africain noyé dans un narratif historique mensonger et blanchi à grands coups de pinceau.
Tous Africains serait plus adéquat pour parler d'une vraie fraternité.