Attentats de Charlie Hebdo : Quid des commanditaires ?

Il y a deux ans, les frères Kouachi assassinaient 12 citoyens et en blessaient 11 en s'attaquant à la liberté d'expression. Y périrent, entre autres, les excellents et irremplaçables Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski et Bernard Maris. Leurs meurtriers ne sont plus, mais qu'en est-il est commanditaires ?

De nombreux hommage ont été rendues aux victimes du tragique attentat contre Charlie Hebdo du 7 janvier 2015. Tant par les familles, que par des particuliers sensibles à la douleur des proches et s'élevant contre l'atteinte faite à un des piliers de la démocratie, à savoir la liberté d'expression.

 

Le gouvernement également a donné dans la commémoration, mais... en occultant certaines zones d'ombre derrière les légitimes moment de recueillement collectifs que doit incarner l'autorité publique.

Les frères Kouachi, en effet, se revendiquèrent très clairement d'Al-Qaïda au Yémen, où se déroule actuellement une guerre abominable oubliée de nos médias. Al-Qaïda au Yemen cette très officiellement revendiqua l’attentat. Or, quelles mesures ont été prises par notre gouvernement contre les commanditaires, Al-Qaïda au Yémen donc ?


AUCUNE ! Etonnante vérité qui ne cesse de surprendre, surtout pour un gouvernement qui a rédigé une énième loi anti-terroriste (surtout liberticide), proposé la déchéance de nationalité comme solution pour dissuader les apprentis terroristes, voulu et engagé de nombreuses opérations anti-terroristes – pas toujours réfléchies – déployé des milliers de soldats dans les rues de nos villes et qui s’est caractérisé par une agitation et une immense logorrhée verbale sur le sujet.

Rien donc. Même pas une condamnation orale.


Mais, à bien y réfléchir, cela doit être normal. Al-Qaïda au Yémen est en effet l'allié de "notre allié", l'Arabie Saoudite (financier du terrorisme et terre originelle de l’idéologie wahhabites qui inspire les terroristes islamistes de par le monde) dans cette guerre du Yémen, qui se caractérise comme étant l'une des pires de ce début de 21eme siècle : ainsi, selon l'UNICEF, 2,2 millions d'enfants y sont menacés de malnutrition et 500000 de malnutrition grave sans provoquer l'indignation de notre gouvernement. Sans compter les dizaines de milliers de morts, dont une majorité de civils.

Il faut dire que l’Arabie Saoudite est un de nos meilleurs clients en termes d’achats d’armement et que plus d’un de nos gouvernants, prompts à dénoncer ici la barbarie et le manquement aux droits de l’hommes pour aussitôt l’oublier là-bas, y ont quelques intérêts privés.

Or, dans les affaires de terrorisme, l'intransigeance quant aux crimes commis sur le territoire national doit être totale et la riposte implacable contre les commanditaires. C'est difficilement le cas quand la diplomatie française dérive sans cap clair. 

Il faudra en ce domaine aussi rendre des comptes et répondre à cette question simple : Pourquoi aucune mesure coercitive n’a été engagée contre le commanditaires d’un des pires attentats ayant frappé la France ?

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