Les "ploucs" contre l'éolien industriel

Contre la dissémination de l'éolien industriel dans le parc naturel du Haut Languedoc les populations locales - dans toute leur diversité - se mobilisent pour montrer leur détermination.

Vendredi 22 avril  s’est tenue une conférence-manifestation citoyenne contre l’éolien industriel à Mazamet, une ville du Tarn, limitrophe du Parc Naturel Régional du Haut Languedoc. Cette réunion était organisée par TNE (Toutes Nos Energies)  une fédération qui regroupe 25 associations locales qui se battent contre l’installation des parc éoliens industriels sur les communes du parc. 

Entre 450 et 500 personnes y participaient, reflétant toute la diversité des habitants de ces communes du Tarn et de l’Hérault qui composent le parc naturel. De nombreuses délégations des départements de la nouvelle région occitane s’étaient jointes à cette rencontre. Ariège, Aveyron, Aude, Pyrénées Orientales sont aussi menacés par le développement incontrôlé de cette industrie dont les conséquences environnementales (paysage et biodiversité), sanitaires  (bruit et infrasons), foncières (pour les exploitants et les habitants) sont largement passées sous  silence.

Des agriculteurs (un exploitant qui se bat depuis 10 ans, un apiculteur, un exploitant forestier), des artisans  (un brasseur installé au milieu du parc), des associations de découverte de la nature (le président du club alpin local), des néo-ruraux installés par choix dans cette région superbe, des maires ou anciens maires de ces communes, des ingénieurs, ornithologues et universitaires – aux opinions politiques éclatées, aux parcours divers, se retrouvent dans le même refus d’être oubliés, méprisés, considérés comme des ploucs.

L’éolien industriel se pare des plumes du politiquement correct, de l’écologie d’avenir mais se révèle – à l’expérience, une mystification et un mensonge, dont les « ploucs » assumeront les conséquences et les nuisances  

Une dérèglementation à outrance est orchestrés par les lobbys des développeurs éoliens, qui ne visent qu’à enlever tous les pouvoirs de contrôle aux autorités locales, municipales en particulier. Aucune zone n’y échappe, et tous les périmètres protégés ne le sont plus ; ni la loi montagne, ni la loi littorale, ni bien sûr les chartes des parcs naturels régionaux ne sont des garanties de protection des territoires qu’ils étaient censés organiser autour d’une qualité de la vie pour les habitants et pour la faune et la flore.

Les nuisances sont l’objet d’une « omerta » partagée par les politiques, les médias qui aboutit à une indifférence totales des urbains séduits par le discours écolo, développement durable, énergie renouvelable sans s’interroger un moment sur la nature et les conditions de cette croissance verte qu’ils imaginent propre.

L’argent coule à flot… des rapaces, des prédateurs disent tous ceux qui ont eu affaire à eux, qui ont des moyens financiers hors de portée des municipalités rurales toujours aux prises avec des difficultés pour boucler leur budget. Que pèsent les 40 ou 50 euros de location annuelle d’un hectare agricole face aux 10 ou 15 000 euros que le développeur est prêt à garantir au maire pour pouvoir installer un transformateur sur 200 m2 ?

La promesse d’énergies locales, autonomes, qui favoriseraient l’émergence de collectifs concernés par tous les aspect d’une politique de l’énergie soutenable est largement oubliée : l'éolien industriel au cœur des parcs naturels régionaux est une activité industrielle dont l'objectif est le profit - artificiellement soutenu par EDF - qui n'est qu'à la portée de groupes internationaux à mille lieues des intérêts des populations locales. 

Face à ces groupes et leurs relais politiques les luttes se multiplient sous toutes les formes possibles. Des recours en justice qui retardent les processus d'autorisation, des manifestations  et des démarches auprès des élus ou des autorités administratives, l'achat collectif de parcelles de terrain jusqu'à la constitution de ZAD comme dans l'Aude. 

Suite à la conférence réussie du 22 avril un manifeste a été adopté résumant les arguments contre la dissémination de l'éolien industriel dans notre région. Une délégation était reçue par la DREAL à Toulouse et la vice-présidente à l'énergie de la nouvelle région. 

À suivre donc !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.