Ainsi en va-t-il aujourd'hui dans la start-up nation. Dans l'audiovisuel comme ailleurs, faire preuve d'originalité et d'exigence, varier les approches et les niveaux d'appréhension ne suffit plus. Est suspect tout ce qui parait se dérober au sens premier, à la perception immédiate, tout ce qui ne se livre pas d'emblée. Tout en stigmatisant ce qui flatte bassement le populaire: La doxa macronienne, dans son enmêmetemps permanent, n'est pas à une contradiction prêt.
Premières visées, Arte et France Culture ne sont pas les mauvaises élèves de la République, censément honteuse de sa progéniture médiatique. Ses forces vives œuvrent même à promouvoir et réimaginer sans cesse un service public de qualité.
J'en veux pour preuve deux expériences menées actuellement dans des collèges de Seine-Saint-Denis, dans le cadre de résidences portées par le Conseil Départemental.
Deux productrices, Claire Doutriaux et Sonia Kronlund, l'une au collège Fabien de Saint-Denis, l'autre au collège Romain Rolland de Tremblay-en-France. Chacune a sa manière, elles ont accepté d'imaginer un projet au long cours avec les élèves s'inspirant de leurs émission, Karambolage sur Arte et Les pieds sur terre sur France Culture. Jusqu'en juin prochain, elles vont se rendre régulièrement sur place pour travailler avec les élèves et leurs professeurs. Au fil des mois, elles vont leur faire partager leur passion pour la télé ou la radio, mais aussi leur faire approcher au plus près comment on élabore un programme, comment on le fait vivre et se renouveler. Il y a quelque chose de naturel dans leur manière de se rendre disponibles et attentives aux réactions des collégiens. Elles le font avec le soutien de la direction de leur chaîne.
Il serait bien que ceux qui prétendent avoir un avis sur la question de la démocratisation culturelle via les médias prennent, eux aussi, le temps de se pencher sur la multiplicité de ce qui se fait, souvent hors des cadres institutionnels habituels (mais aussi au sein de l'institution, cf inter-classes sur France Inter).