Histoire résumée (et critique) de la concurrence anglais/espéranto

(Ici, la version PDF de ce billet.) Si en 1887, la publication du 1er manuel d'espéranto ne correspondait qu'à un simple "projet" (généreux et humaniste), on peut dire que 125 ans plus tard, cette langue, malgré tous les obstacles dressés sur son chemin, est devenue incontestablement vivante.

(Ici, la version PDF de ce billet.)

Si en 1887, la publication du 1er manuel d'espéranto ne correspondait qu'à un simple "projet" (généreux et humaniste), on peut dire que 125 ans plus tard, cette langue, malgré tous les obstacles dressés sur son chemin, est devenue incontestablement vivante. Reste à comprendre comment, et pourquoi elle est encore si ignorée, décriée, ostracisée, et quelles sont ses perspectives. C'est ce que je me propose d'examiner ici.

De 1887 à la 1ère guerre mondiale: Les origines

Au XIX ème siècle, seules les classes sociales favorisées bénéficiaient d'un enseignement scolaire long, et apprenaient des langues étrangères.

Bien sûr, des mouvements de population, des guerres et conquêtes, ainsi que les échanges commerciaux conduisaient une partie des classes sociales laborieuses à devenir bilingues ou polyglottes, mais cela restait très marginal, et en tous cas la méfiance, voire l'hostilité envers l'Autre, (celui qui vient d'ailleurs et parle autrement) restaient la règle. C'est précisément cette incompréhension mutuelle qui conduisit Zamenhof à créer ce qu'il nomma "langue internationale" (Internacia Lingvo).
Le premier manuel fut en donc publié en 1887.

L'idée n'était pas nouvelle. D'autres tentatives avaient vu le jour au cours des siècles. La plus récente, le volapük avait suscité quelque intérêt, avant que ses partisans (conscients de sa difficulté d'apprentissage et de sa rigidité), ne se tournent vers l'espéranto, qui leur apparut immédiatement comme une révolution.
De nombreux intellectuels de l'époque apprirent la langue. En 1905, le premier congrès d'espéranto de Boulogne sur Mer fut un incontestable succès. Et, malgré des tensions internes, le mouvement espérantiste, très populaire, continua à connaître une croissance certaine.
Par exemple, pendant la 1 ère guerre mondiale, la Croix Rouge édita de petits guides bilingues (espéranto/ langues des divers belligérants) afin d'aider à apporter les premiers secours aux blessés.


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 De 1918 à 1961: Les langues, enjeu de pouvoir, à qui profite le "crime"?


Cependant, pour qu'elle se développe vraiment, il manquait à la langue deux impulsions.
Une reconnaissance politique. Et son introduction (même en option: 5 à 10% seraient une assise intéressante) dans l'enseignement d'un nombre "suffisant" de pays. Jusqu'à ce jour, elle n'a obtenu ni l'une ni l'autre!

Une occasion manquée dans les années 20:
Le Japonais Inazo Nitobé, un des secrétaires adjoints de la toute jeune Société Des Nations, par ailleurs membre de l'Académie Impériale japonaise et également agrégé d'anglais), avait assisté à un congrès d'espéranto. Très favorablement impressionné, il proposa en 1922 à la SDN qu'elle y devienne une des langues de travail...


Le pouvoir de nuisance comme soutien de la volonté de puissance:

Si cette proposition fut repoussée lors du vote, ce fut à cause du délégué français : à cette époque, un empire colonial tel que la France pouvait espérer que la diffusion de sa langue progresse, et voyait d'un mauvais oeil ce qui représentait une forme de concurrence potentielle. Il faudrait vérifier ce que fut exactement le vote. Il me semble que seuls deux ou trois pays votèrent contre... une majorité de pays se détermina donc pour l'introduction de l'espéranto. Mais la France mit carrément son veto, ne laissant ainsi aucune chance au projet.


Parler les langues étrangères: une compétence des classes sociales "supérieures"

Dans l'entre-deux guerres, les élèves des milieux populaires ne recevaient pas un enseignement de langues étrangères à l'école primaire, et ne faisaient, pour la plupart, pas d'études secondaires. Quant à ceux des milieux bourgeois, on ne leur enseignait évidemment pas l'espéranto, mais le latin, l'anglais, l'allemand.... En tous cas, il ne s'agissait pas d'un enseignement "de masse". Ce fut donc comme autodidactes, ou par des cours bénévoles que devinrent espérantistes des hommes et des femmes de tous milieux sociaux. Sans que pour autant l'espérantisme devienne majoritaire dans les couches populaires. Il semble malaisé de dresser "au pied levé" un portrait sociologique précis de l'espérantisme à cette période.(*). Mais en tous cas, l'idée espérantiste jouissait d'un grand prestige parmi les classes populaires. Les moyens d'apprentissage étaient naturellemment rudimentaires: les supports audio-visuels n'existaient pas encore!


Des "vainqueurs" qui raflent la mise
Arrive ensuite la seconde guerre mondiale... puis la Libération. Partout, les Alliés, essentiellement anglophones, poussent leur avantage. On doit aussi avoir présent à l'esprit que naitra assez rapidement la "guerre froide". On a oublié trop souvent que si un embryon d'Europe est alors élaboré, c'est aussi et surtout pour contrer l'influence possible du bloc communiste!
Dès les années 50 la diffusion de l'anglais est (dans certains cercles anglo-américains) explicitement affirmée comme un moyen de maintenir ou d'accroître l'influence idéologique des vainqueurs. Mais cela reste très discret, confidentiel, car aux peuples, aux foules sentimentales, on fait valoir d'autres raisons, de "bonnes intentions", comme par exemple, la promotion de la paix, l'enrichissement culturel ou la participation au développement économique impulsé Outre-Atlantique... Tout cela n'est évidemment pas faux... mais n'est que la partie émergée de l'iceberg! Car il convenait surtout d'obtenir l'adhésion des masses au mode de vie et de pensée des libérateurs.
Ce plan arrive à son aboutissement lors de la Conférence anglo-américaine de 1961 à Londres (Voir ici l'article "L'anglais pour transformer l'univers mental des étudiants"). Rien de moins innocent et altruiste. Mais cet épisode est très largement méconnu de la plupart des gens (et ce, d'autant moins qu'à ce jour, le document reste secret, Robert Phillipson n'ayant obtenu l'autorisation d'en publier que des extraits!)
C'est alors, au début des "30 glorieuses", que les systèmes scolaires de certains pays européens (en tous cas en France) vont prolonger la scolarité obligatoire... et introduire en masse "les" langues étrangères dans l'enseignement secondaire, qui devient progressivement accessible à une majorité d'élèves. Parmi ces langues, l'anglais se taille la part du lion, évidemment! Il en va à peu près de même dans de nombreux autres pays du monde.


Une prédiction auto-réalisatrice

Presque cinquante ans après, alors que la majorité de la population développée du globe a reçu cet enseignement, l'idée que l'anglais soit "incontournable" pour communiquer avec n'importe quel étranger, n'est remise en cause ni critiquée par quasiment personne. C'est devenu une "vérité" absolue. Et hélas, même ceux qui en ont conscience (je pense notamment à Bernard Cassen ou à certains de ses amis) ne se donnent pas les moyens d'une vraie résistance.
Pourtant, en 1954, à Montevideo, l'UNESCO avait adopté une première recommandation favorable à l'espéranto.
"La Conférence Générale,
Note les résultats obtenus par l’espéranto sur le terrain des échanges intellectuels internationaux et pour le rapprochement des peuples ;
Constate que ces résultats répondent aux buts et aux idéaux de l’U.N.E.S.C.O. ;
Charge le Directeur Général de s’intéresser davantage aux expériences que présente l’utilisation de l’espéranto dans l’éducation, la science et la culture, et de collaborer dans ce sens avec l’Association Universelle d’Espéranto, en toutes les affaires qui intéressent les deux organisations ;
Note que plusieurs Etats-membres ont déclaré être prêts à introduire ou à développer l’instruction de l’espéranto dans leurs écoles élémentaires ou supérieures, et invite ces Etats-membres à informer le Directeur Général des résultats obtenus dans ce domaine."

Mais, comme on le voit, la formulation en était tellement vague et atténuée qu'elle permettait aux états de ne rien faire du tout... et c'est d'ailleurs bien ce qui se passa.
L'UNESCO récidiva en 1985, à Sofia, avec une déclaration tout aussi consensuelle... et sans danger aucun pour les pays qui désiraient utiliser leur langue comme instrument de défense de leurs intérêts... et de propagation de leur influence.

De 1961 à 1995: Une "traversée du désert"


Plus le temps passait, et plus s'imposait aux Terriens de bonne volonté une résignation du style: "L'espéranto c'était une grande idée, mais malheureusement ça n'a pas marché" (idée encore présente dans l'esprit de beaucoup de ceux qui en ont entendu parler, mais qui jamais ne s'interrogent sur les causes de ce qu'ils croient être un échec).
Alors qu'avant la guerre de 39-45, l'homme du peuple tenait à ses enfants le discours: "On devrait enseigner cette langue à tout le monde"... peu à peu l'opinion publique enterra l'espéranto. De nos jours, même ceux qui, après 5 à 7 ans d'étude d'anglais ne connaissent que 500 mots de cette langue et sont tout juste capables de faire une centaine de phrases, répètent le fameux "Tout le monde parle anglais".
Ce psittascisme peut s'expliquer : un grand nombre de ceux qui s'y livrent n'ont jamais vraiment été en situation de vérifier ce qu'ils affirment. Non seulement la plupart d'entre eux n'ont pas eu l'occasion d'être confrontés in vivo à des situations dans lesquelles ils auraient vraiment eu besoin de communiquer avec des étrangers (les classes laborieuses ne voyagent pas beaucoup au-delà des frontières), mais de plus, les médias, élaborés par la classe dominante, véhiculent et entretiennent cette image de l'anglais "facile" et "largement répandu".
Ce qui est vrai, c'est que parmi tous ceux qui ont été soumis à cet enseignement, il s'en trouve forcément de plus en plus qui y réussissent à peu près, du moins pour des besoins élémentaires de communication. Donc la "large" diffusion de l'anglais est une réalité incontestable, mais par contre on peut se demander:
    * -si cette diffusion correspond toujours à un besoin avéré (on a vu qu'elle s'est faite arbitrairement, par un enseignement imposé "d'en haut" à des gens qui n'en avaient pas forcément besoin)
    * - et même si ce besoin, quand il existe vraiment, est convenablement satisfait. (Et si cette diffusion est aussi large qu'on le prétend)

De la décennie 1990 à 2008: Le "cadavre" bouge encore, et même il se redresse!!!


Or, au cours des dernières décennies (en particulier les plus récentes), le monde a connu deux évolutions majeures: la "globalisation" des échanges, et la diffusion grandissante de l'internet. Ainsi qu'un événement politique: la création, puis l'élargissement de l'Union Européenne.
Ces transformations mettent justement en évidence les limites et les défauts de l'ordre linguistique actuel, en même temps qu'elles créent un terrain propice à la reviviscence de l'espéranto.
Sur l'internet, l'information se met à passer par de nouveaux canaux, et court-circuite les anciens médias
Au milieu des années 90, l'internet devient accessible à des citoyens de plus en plus nombreux. Au début, la langue dominante (presque toujours l'anglais) y est encore un obstacle pour certains, mais progressivement les autres langues s'y imposent, et donc la proportion d'anglais y diminue.
Dès le début du développement de l'internet, les espérantistes des Etats-Unis, d'Allemagne, des pays scandinaves... (puis des autres pays), sont nombreux à se saisir de l'outil. Ils créent des pages sur la langue internationale (dans leur propre langue) et dans celle-ci. Ces gens, qui ont une culture transnationale de la communication, et une culture des échanges épistolaires ont immédiatement vu l'intérêt que présentait le "Réseau des réseaux", à la fois pour satisfaire leurs désirs d'échange avec leurs amis du monde entier, pour les accélerer, et pour informer les autres internautes sur leur langue, ses qualités, ses richesses...
Par un travail constant de ces activistes, grâce au bouche-à-oreille, l'espéranto, libéré du "filtre" des médias, sort de l'ombre. Avec la naissance et le perfectionnement des moteurs de recherche, la santé de cette langue-pont devient incontestable. Les millions d'occurences qui "sortent" lors de telles recherches montrent de toute évidence que l'espéranto est bien une langue vivante.
Les moyens d'apprentissage gratuit et autonome se multiplient aussi: cours téléchargeables, cours en ligne, dictionnaires etc... l'espéranto fait tâche d'huile. A tel point qu'à l'heure actuelle certains sites d'apprentissage sont même parfois saturés... ou manquent de correcteurs!


Altermondialisme: de simples citoyens se mettent à échanger entre eux:

Devant les menaces de la globalisation avec son cortège d'injustices, de délocalisations, de déréglementations, de violences faites aux paysans chassés de leurs terres etc... sont nées des associations de solidarité internationale, ou d'autres qui se donnent pour but de coordonner les luttes au-delà des frontières. En même temps, commencent à se tenir des "forums sociaux" mondiaux ou régionaux. Dans ce contexte, les militants altermondialistes ou de diverses ONG commencent à se rendre compte du problème linguistique. A plusieurs reprises, lors de ces sommets ou forums, des cafouillages ou manques de traductions ont ralenti ou compliqué les échanges (Sommet de la Terre Johanesbourg 2002, FSE de Malmö 2008 **).
Au Brésil, en Inde, au Japon, quelques militants "alter" se mettent à utiliser l'espéranto, ou montent des stands d'information sur la "langue équitable" pendant ces forums. En 2007, des miltants d'ATTAC, qui avaient depuis peu découvert et appris l'espéranto déposent, en vue du congrès, une motion sur l'espéranto... Mais bien entendu, il rencontrent des résistances (qui seraient compréhensibles chez des ultra-libéraux, mais le sont beaucoup moins chez les adversaires de l'ordre inéquitable du monde)! Ils obtiennent tout de même un consensus, non sur l'espéranto, mais sur la nécessité de conserver la diversité linguistique dans les échanges internes d'ATTAC, ainsi que la promesse d'une mise en oeuvre de moyens pour examiner et discuter la question de l'espéranto. C'est toutefois un premier pas historique dans cette association ! ***
Dans l'Union Européenne: des dépenses importantes de traduction et une énorme pression de quelques-un conduisent à violer le principe d'égalité entre les langues officielles
Avec 12 états fondateurs, la situation linguistique était déja compliquée, mais restait supportable. Avec l'élargissement à 27 états-membres (et leurs 23 langues officielles), le principe du plurilinguisme est de plus en plus difficilement respecté.
A l'heure actuelle, on voit de plus en plus que les "élites" qui nous gouvernent tiennent un double langage et font souvent le "grand écart" entre les principes affirmés et... la pratique réelle. Il y a une angliscisation rampante de plus en plus visible, mais (alors que cela devient de plus en plus patent), les anciens "naïfs", ceux qui croyaient à l'égalité de tous devant la langue, et ceux qui se sentent à juste titre lésés, commencent à se rebiffer...
De plus en plus, il y a chez les citoyens européens une prise de conscience que l'anglais joue très souvent un rôle de filtre, parce que cette langue n'est maniée à un niveau acceptable (même si... souvent assez médiocre) que dans les classes moyennes ou favorisées, mais surtout dans les classes dirigeantes et l'oligarchie, et que son usage ne va pas dans le sens de la démocratie...
Plusieurs députés européens s'intéressent à l'espéranto : une au moins d'entre eux sait le parler (la Polonaise Malgorzata Handzlik). Quelques autres en ont des notions, et l'ancien vice-Président du Parlement M Bronislaw Geremek en soutenait fortement l'idée. Hélas, il est mort récemment, mais ne doutons pas que d'autres prendront, comme lui, conscience du fait que l'espéranto est le meilleur allié de la diversité linguistique en Europe.
- En 2005 fut publié le rapport Grin sur "L'enseignement des langues comme politique publique". Ce Suisse, professeur d'économie des langues n'est pas un ignare, un rêveur, ou un dangereux gauchiste.
Il sait parler au moins les trois langues officielles de son pays (allemand, italien, français), ainsi que l'anglais bien sûr..
    * Il met en évidence les énormes transferts de capitaux de toute l'Europe vers le Royaume-Uni, transferts dûs uniquement à l'enseignement de l'anglais,
    * il critique l'avantage réthorique, l'inluence politique que cette situation procure à ce même pays,
    * et affirme que la meilleure solution pour préserver le multilinguisme et l'équité, la moins coûteuse... consiste (à moyen ou long terme) à introduire l'espéranto dans l'enseignement, mais, dit-il, il convient auparavant de faire un gros travail d'information, car les préjugés sur cette langue sont nombreux...
- Aux élections Européennes de 2004, des espérantistes français présentaient une liste "Europe Démocratie Espéranto", obtenant 0,15% des voix, et ils ont récidivé en 2009, non sans avoir suscité des listes semblables dans d'autres pays d'Europe... On peut bien penser qu'ils ne constituent pas un "vrai" parti politique, n'empêche... qu'ils posent une question tout à fait pertinente.
Voir ici un résumé du rapport Grin

le rapport Grin dans son intégralité
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Quand on songe à toutes ces progressions, échecs, reculs et succès de l'espéranto, on doit toujours garder à l'esprit que cela s'est fait au sein d'une communauté de gens qui, pour la plupart, ont juste consacré quelques semaines ou mois de leur temps pour un apprentissage volontaire, sur leur temps de loisir. En général, cela représente entre 200 et 800 heures... contre plus de 2000 h nécessaires pour apprendre une langue dite "naturelle"! Bien que l'investissement en temps et l'effort consenti soient minimes par rapport aux avantages qu'on en retire, on peut tout de même se dire que l'idée interne sous-tendant la langue, cette volonté d'équité, cet idéal humaniste de son créateur sont bien les principaux moteurs de sa réussite actuelle.
Ce qui rassure un peu sur le genre humain!........
..........Et relativise grandement l'affirmation mensongère "d'échec".

Car enfin, si l'espéranto est arrivé à son développement actuel avec aussi peu de soutiens officiels, qu'en serait-il s'il avait été enseigné depuis 50 ans à l'école, comme le fut si autoritairement l'anglais??? Car en fait c'est bien là le coeur de la question!!!

Je dédicace cet article au professeur Albert Jacquard, à Claude Piron, à Martin Winckler, à Edgar Morin, à Robert Phillipson... à Gérard Onesta, à Cavana, à quelques hommes et femmes politiques, quelques journalistes courageux... ainsi qu'à tous ceux qui, sortant des sentiers battus, oeuvrent (dans la mesure de leurs moyens) pour soutenir et défendre l'espéranto contre le conformisme et la résignation...

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 Notes

* Je me promets donc de rédiger un billet sur ce sujet ultérieurement


** Malmö: On trouvait encore en 2008 sur la Toile, grâce à Google la version html d'un fichier disparu contenant ceci! "Nous avons regretté une logistique défaillante, générant beaucoup d’agacement (absence de traduction,(...). A noter que la question de l'interprétariat doit être traitée avec plus de sérieux par l'ensemble du processus; c'est une question logistique et politique. De ce point de vue il faut réaffirmer l'importance de Babels comme outils politique du processus et donc régler le problème ( de finance et de reconnaissance) issu de Malmö."
(Babels est la structure de traduction des forums sociaux, reposant essentiellement sur le bénévolat)

*** Parmi ceux qui semblent totalement imperméables aux perspectives que l'espéranto ouvrirait pour les luttes sociales, Daniel Mermet, copain de Bernard Cassen.

diplo - mondepolyglotte 01

 diplo - mondepolyglotte 02

(ci-dessus, images partielles du dossier)

En janvier 2005, alors que le "Diplo" venait juste de sortir un dossier intitulé "un monde polyglotte pour échapper à la tyrannie de l'anglais", excellents articles qui n'avaient que le défaut de faire l'impasse totale sur l'espéranto ... je téléphonai au répondeur de "Là-bas si j'y suis". Mais mon message ne fut pas retenu pour diffusion, bien que le maître de l'émission signalât tout de même à l'antenne avec une certaine ironie (ou une ironie certaine?) que les espérantistes avaient très vite réagi, avant même la sortie en kiosque (je suis abonnée). Rien à faire, sans doute encore un qui s'imagine que l'espéranto n'est pas une "vraie langue", ou bien qu'elle mènerait les autres langues à leur perte... C'est d'autant plus étonnant qu'il est issu d'un milieu populaire, et que sur bien d'autres sujets de société il est au contraire très progressiste. Mais personne n'est parfait, n'est-ce pas? Sur de telles réactions, on peut se référer à l'article de Claude Piron  "un cas étonnant de masochisme social"  notamment la partie intitulée "Les réactions psychologiques à l'espéranto"

Le PDF de ce billet

Une frise en PDF (adresse 1)

La même frise en pdf si le lien ci-dessus ne fonctionne pas

Une image (immense!!!) de la frise en jpg

 

POST-SCRIPTUM de février 2012: Lors d'un de ses meetings, Jean-Luc Mélenchon, à propos du MES (Mécanisme Européen de Stabilité) a qualifié l'anglais de "la langue de l'occupant". C'est à ma connaissance le premier homme politique de premier plan qui ose exprimer cela. A suivre, donc...

 

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