Dominique C
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Billet de blog 11 févr. 2016

La réforme, la réforme!!!

Une « réformette » (que je qualifie volontiers de « pet de moustique ») et vieille de plus de 25 ans, jamais appliquée, est venue ces derniers jours faire diversion dans le débat politique français.

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Franchement, on s'en tape, des accents circonflexes ou des traits d'union dans les mots composés. Toutes ces erreurs sont vénielles. Alors acceptons de voir disparaitre les uns, ou modifier les autres
Je me pique d'avoir une orthographe plus qu'honorable.
J'ai été nourrie au lait de l'école républicaine des années d'après-guerre. Etant entrée en primaire en 57 en sachant déjà pratiquement lire, ayant passé des heures à faire de l'analyse grammaticale, je sais que toutes les règles logiques (ou d'autres stupides) de la « droite graphie » du français se sont durablement imprimées en moi.

Et pourtant...

Pourtant, les années passant, un doute a crû dans mon esprit
Et si une bonne partie de cela devait cesser d'être « sacré » ?
En effet, qu'avons-nous à faire des raisons pour lesquelles on écrit « cheveux » plutôt que « cheveus » et surtout « choux » plutôt que « chous » ?
Pourquoi les « m » devant p et b ?

Nombre de consonnes doubles ne servent aucunement à distinguer un mot d'un autre proche en graphie. D'ailleurs des homonymes existent, et cela n'empêche pas vraiment de se comprendre.
J'ai entendu à la radio l'autre jour, qu'un « r » serait ajouté à chariot afin de l'harmoniser avec « charrette ». Il m'avait semblé que c'était le contraire qui était préconisé, mais je me suis sans doute trompée. Pourquoi pas « charue, chariot, charette... » ?
A mon humble avis, et d'après ce que j'ai pu en lire ici où là (notamment dans les publications du mouvement pédagogique Freinet dans les années 70/80, toutes ces règles d'othographe sont montées en puissance sous l'influence d'élites latinistes et héllènistes qui, passez-moi l'expression, ne se prenaient pas pour du pipi de chat, et se plurent à distinguer les « savants » de la simple bourgeoisie, ou même des femmes de la noblesse (Madame de Sévigné, on le sait, écrivait un mot tantôt de telle façon, tantôt d'une autre...).
La forme graphique d'un mot n'est pas assimilable au « style » ou à l'élégance d'un énoncé. Et pas non plus à sa clarté.
Ceux et celles qui se récrient sur l'Histoire éternelle de notre langue (qu'on assassinerait), ne sont pas forcément les plus capables de sacrifier au dieu « orthographe » , pas plus qu'ils ne sont conscients des véritables enjeux d'une réforme, pourtant nécessaire.
Car le problème n'est pas que certains écrivent parfois « ménate » au lieu de « mainate ». On comprend très bien de quel oiseau il s'agit, puisque rien d'autre en français ne ressemble à ce mot.
Par contre, quand je lis sur le cahier de liaison utilisé par des professionnels de soins et de santé au chevet d'un malade grabataire « vider le pistolet », j'ai l'impression que ça reste à faire, mais non, il se trouve que la personne relate ce qu'elle a fait (participe passé). Elle n'aurait pourtant pas confondu « pris la température » avec « prendre la température » !
La forme « ai » du futur, à la 1ere personne du singulier, est presque toujours remplacée par celle du conditionnel.
Quelqu'un qui n'aurait jamais l'idée de dire « Ton frère arriverait à 8 heures » pour annoncer la venue d'un proche, écrit pourtant « Je suis trop fatigué, je partirais demain matin... »


C'est souvent par cette orthographe grammaticale que nos contemporains pèchent ! Et c'est cette orthographe-là qui pose un problème de compréhension. Or, n'y seraient-ils pas plus performants si leurs esprits enfantins n'avait pas été encombrés de règles stupides telles que les pluriels en « x » (et leur exceptions) au point que bon nombre de gens écrivent « un choux » !!!
Le « s » de la 2 ème personne du singulier, qui ne correspond à rien d'actuel, mais à des formes très anciennes du vieux français, dérivées du latin, est presque systématiquement ajouté à l'impératif, alors... que justement il n'en faut pas !
Pour que les professeurs puissent se concentrer sur l'enseignement des accords grammaticaux, ils faudrait simplifier encore bien plus l'orthographe lexicale qu'elle ne l'a été. Supprimer pas mal de consonnes doubles (sauf quand cela est pertinent pour faire une différence), écrire les nasales « in, an, on » même devant un « p » ou un « b », virer les « ph » des éléphants et autres phalanstères (le nénufar c'est déjà fait, car sa graphie en « ph » , assez récente provenait d'une erreur d'un de ces ayatollas de la langue, dans une édition de je ne sais plus quelle année).
Je ne m'étendrai pas plus sur le sujet. Mais je vais m'amuser de temps en temps, à écrire dans une orthographe simplifiée telle qu'elle m'apparaitrait logique et pratique.
Un dernier mot ! La « langue » n'est pas assimilable à sa forme écrite. Pendant des siècles (ou même des millénaires), seule une part infime de la population savait écrire. Mais les langues existaient pourtant !

De nos jours, le français oral académique est bien souvent assassiné par des « élites » lorsqu'ils la parlent à la radio. Je ne parle pas de NRJ ou autres robinets à publicité, ni même de France-Inter que je boude de plus en plus, mais bien de la radio qui tient le flambeau de l'esprit et de la connaissance sous toutes ses formes, France-Culture.
On me dira que c'est une évolution normale, que les langues sont « vivantes » et qu'il est impossible de les figer.
Je suis bien obligée « d'accepter » que la double forme interrogative, qui nous faisait rire dans la bouche de Luis Rego dans les années 80 « de quoi est-ce qu'on accuse-t-on mon client ? » soit devenue courante, ainsi que d'autres barbarismes (« C'est quoi » au lieu de « Qu'est-ce que... » ).
Ces erreurs sont pléthore. J'ai les oreilles écorchées plusieurs fois par jour. Et ne parlons même pas des anglicismes qui s'ignorent : « juste », qui atténuait un énoncé (« c'est juste une petite égratignure ») est devenu un augmentatif se substituant à « absolument » (« C'est juste intolérable » au lieu de « c'est absolument intolérable »).
Mais je suis sans doute en voie de dinosaurisation !
Alors j'endure et j'accepte... les différences des autres, qui ne sont pas plus bêtes que moi ! (certain-e-s seulement).
Et je forme des voeux secrets que cette forme de tolérance fasse progresser une forme de fraternité, car au bout du compte, c'est cela le plus important.
 

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