"Elections, pièges à cons" ?

Il faut s'y résigner : il y a eu, il y a et il y aura longtemps encore de petits « malins », plus malins que tout le monde, des « purs et durs » qui se complaisent à critiquer les élections. Il faut admettre qu'ils n'ont pas entièrement tort. Sous leur forme actuelle, et à cause de notre constitution, les élections ont très peu d'efficacité pour changer l'ordre des choses.

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L'idée anarchiste, dans le sens essentiel de ne pas se soumettre à un pouvoir, de prendre soi-même les choses en main, est tout à fait estimable. Mais des phrases telles que « Si les élections permettaient de changer les choses elles seraient interdites » (que j'ai vue passer ce soir dans un twit) sont de l'ordre du paralogisme, et même du sophisme.
Ça peut faire sourire, s'il s'agit d'une blague, mais si trop de gens la prennent au pied de la lettre, alors c'est un renoncement dangereux qui peut nous conduire aux pires dangers.

Touits du 11-04-2016 © Bibi Touits du 11-04-2016 © Bibi

 
Bien que voter ne soit pas suffisant, c'est tout de même un moindre mal que de laisser remettre tout pouvoir aux puissants en espèrant les contrer par des actions diverses telles que grève de la consommation, luttes syndicales, gratiférias, communes libertaires ou autres incroyables comestibles (vous pouvez compléter la liste des actions petites ou grandes qui contestent le système et introduisent des « grains de sable » bénéfiques). Car pour s'opposer au pouvoir gigantesque des forces entropiques à l'œuvre dans notre monde « moderne » (ou devrait-on dire « post-moderne »?) il faut marcher sur deux jambes.

 Il faut à la fois le pouvoir que donnent les urnes ET celui plus dynamique que procure un large mouvement citoyen, une mise en réseau des initiatives, une construction d'horizontalités créatrices...

En ce moment se tiennent dans toute la France des « Nuits debout » ce qui, vu l'état de désintégration du système dit « démocratique » français, européen et même mondial est une fort bonne chose.
Les partis politiques se sont déconsidérés depuis longtemps. Beaucoup de causes à cela, dans lesquelles je ne veux pas entrer ici.

Mais le temps presse.
Un certain homme politique, que j'aimerais qualifier de « cristallisateur », ou « d'éclaireur » nous parle de « bifurcation » nécessaire.

 J'ai lu un communiste qui, sur Mediapart, le qualifie de « révolutionnaire ». Sous la plume (enfin le clavier) d'un membre du PCF, ce n'est pas rien, tout de même !

Souvenons-nous : en 1936 le Front populaire arrive au pouvoir par les élections.
Mais sans les mouvements de grève de mai et juin 1936, les salariés n'auraient rien gagné ou pas grand chose.

Maintenant, hélas, il ne s'agit plus de simplement rétablir un peu de cette justice sociale dont on nous dépossède peu à peu depuis plus de 30 ans.
C'est bien plus grave.


Par le pillage des ressources, le dérèglement climatique, la disparition de nombreuses espèces animales et végétales, victimes de l'avidité insatiable des prédateurs humains, c'est l'Humanité qui est en danger.
Ceci est la responsabilité des riches, bien entendu, mais de nombreux non-riches en sont complices par manque d'information, par non prise de conscience.

C'est pourquoi nous avons impérativement besoin de nous rassembler autour d'une personnalité forte telle que celle de Jean-Luc Mélenchon, non pour le suivre en l'admirant, non pour pratiquer le culte de la personnalité, lui remettre les clés de notre destin, mais pour se mettre (avec lui et ses compagnes et compagnons), à ce boulot gigantesque : éviter l'aggravation des dangers qui menacent, sans être entièrement certains d'y parvenir.

C'est sans doute cela la principale honnêteté de Jean-Luc Mélenchon. Il ne nous promet pas, demain, de raser gratis. Regardez ses nombreuses conférences. Il nous appelle à un sursaut qui ne sera possible que si nous parvenons à convaincre largement autour de nous de la nécessité d'un programme dont les mots d'ordre sont « L'Humain d'abord » et « la règle verte » (on ne prélève pas à la planète plus qu'elle ne peut renouveler).

Si, en un an, nous réussissons à entraîner assez de monde pour que JLM soit au deuxième tour de la présidentielle (c'est possible! Voyez la progression inattendue de Bernie Sanders aux USA...), et qu'il gagne, les choses seront loin d'être terminées.

 Il faudra encore relever les manches pour une Constituante, et pour des tas d'autres tâches, en vue de sauvegarder (autant que faire se peut), une biosphère vivable pour nos descendants.

Donc, soyons Insoumis.
Insoumis aux dominants (les ultra-riches ou ces hommes et femmes politiques faisant entre eux de petits arrangements), à la finance etc...
Insoumis aux manipulateurs médiatiques qui cherchent à nous faire prendre les vessies pour des lanternes.
Insoumis surtout à la fatalité d'un destin global catastrophique, provoqué par l'hubris d'une espèce (nous) se croyant toute-puissante, invincible.

 

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