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Billet de blog 14 oct. 2014

Pendant ce temps-là, au Brésil...

Au printemps, juste avant le début de la Coupe du Monde,  la 2 a diffusé pendant le journal d'Elise Lucet, un reportage dans lequel l'envoyée au Brésil s'offusquait quelque peu que certains chauffeurs de taxi ne sachent pas parler pas anglais. Cet épisode montre bien à quel point la classe "moyenne-supérieure" (et plus généralement les "relais d'opinions") de notre pays (comme, n'en doutons pas, de la plupart des pays du monde) sont  aveugles au sujet du "T.I.N.A linguistique" et de son injustice sociale.   Dans cette classe aisée, on n'imagine pas combien il peut être problématique pour n'importe quel travailleur de base du monde, n'ayant pas forcément fait de longues études... d'acquérir en quelques mois (ou même années), les rudiments d'une langue telle que l'anglais.

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Au printemps, juste avant le début de la Coupe du Monde,  la 2 a diffusé pendant le journal d'Elise Lucet, un reportage dans lequel l'envoyée au Brésil s'offusquait quelque peu que certains chauffeurs de taxi ne sachent pas parler pas anglais.
Cet épisode montre bien à quel point la classe "moyenne-supérieure" (et plus généralement les "relais d'opinions") de notre pays (comme, n'en doutons pas, de la plupart des pays du monde) sont  aveugles au sujet du "T.I.N.A linguistique" et de son injustice sociale.   Dans cette classe aisée, on n'imagine pas combien il peut être problématique pour n'importe quel travailleur de base du monde, n'ayant pas forcément fait de longues études... d'acquérir en quelques mois (ou même années), les rudiments d'une langue telle que l'anglais.
Chez "ces gens-là", ces  braves journalistes coupés du monde réel, on n'imagine pas non plus que des "supporters" se déplaçant dans un pays pour soutenir une équipe nationale puissent faire l'effort d'apprendre 150 mots et 30 phrases utiles dans la langue du cru  pour se montrer efficaces et  polis lors de leur séjour.
Enfin... Passons.
Pour les Brésiliens, comme pour presque tous les Terriens ne vivant pas dans un pays soit anglophone (ou dont une des langues officielles est l'anglais), soit Nord-Européen (Pays-Bas et Scandinavie, dont les langues sont proches de l'anglais), il faut soit de longues études, soit une immersion de plusieurs années pour acquérir une pratique fonctionnelle  (*) de l'anglais.
Alors, certes, beaucoup de travailleurs de la planète en contact avec des touristes ou des étrangers apprennent suffisamment de "global english" ( 300 à 500 mots, et les structures de base) pour une communication rudimentaire. Mais, je peux le certifier, même au Japon il n'est pas évident de trouver un chauffeur de taxi comprenant l'anglais. Pas plus qu'un employé des chemins de fer capable de vous vendre  en anglais le billet de train dont vous avez besoin (expériences vécues personnellement en 2007 à Yokohama).
Partout, les "vrais gens" savent confusément que l'anglais est difficile et que ça ne fonctionne pas toujours bien pour eux. Mais comme toutes les radios, toutes les TV, et presque tous les journaux leur serinent le même refrain, et souvent leur font croire que "les autres" (sauf eux) savent l'anglais, ils ont honte, croient être dans l'erreur, et se taisent.
Cette compréhension intuitive, tacite, de l'impossibilité de BIEN parler anglais, est-ce une des raisons qui pousse un nombre non négligeable de Brésiliens à s'intéresser à l'espéranto?

En effet, dans ce pays la "langue internationale" de Zamenhof connaît une certaine popularité, et attire de nombreuses personnes...
Voici ci-dessous une vidéo tournée lors d'un cours intensif qui s'est tenu il y a quelques mois...

© Emilio Cid

* NB Je dis bien "fonctionnelle", et non pas "efficace" (encore moins littéraire...). Parce que pour l'efficacité réelle, et un approfondissement littéraire, il faut encore plus de temps.

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